Scénario de deuxième vague à l'horizon ou pas?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/François Escriva

Photo: Flickr/François Escriva

La remontée d'infections quotidiennes au Coronavirus de ces dernières semaines interroge, à l'approche de la rentrée de septembre. Et ce, d'autant plus que les décisions rendant obligatoire le port du masque dans plusieurs grandes villes passent mal dans une opinion publique ayant en mémoire les contradictions gouvernementales sur la question des masques durant le printemps.

Cela faisait un moment que je n'avais plus écrit un article sur le Coronavirus, à proprement parler. Et vu les données recensées par l'université John Hopkins, qui fait ce travail minutieux depuis plusieurs mois maintenant, il y a de quoi justifier le fait d'en parler encore, même si dans l'hémisphère Nord, on est en été. Déjà, plus de 24 millions de personnes ont été infectées par le virus à travers le monde (24.203.260 plus exactement), dont plus de 800.000 d'entre elles (826.418) en sont mortes. Soit un taux de létalité d'environ 3,4%. De quoi ne pas chercher à verser dans l'inquiétude extrême, ni dans le manque de vigilance. Surtout que le rythme de nouvelles contaminations est largement au-dessus de 200.000 personnes par jour depuis début juillet, alors que fin mai, le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19 était à peine au-dessus de 100.000 personnes. Signe que la pandémie n'a pas pris de vacances.

Rentrée tendue

Une rentrée masquée? C'est ce qui se profile de plus en plus en France. Ces dernières semaines, une hausse continue du nombre de personnes contaminées par le Coronavirus dans l'Hexagone a dû pousser plusieurs communes à prendre des mesures rendant obligatoire le port du masque, sous peine d'amende de 135 euros. À Paris, si au début du mois, il était question de certaines artères de la capitale où le masque était obligatoire, à partir du 28 août, le port obligatoire du masque devient généralisé dans toute la ville, à l'instar de ce qui a été décidé dans des villes comme Toulouse ou Marseille, où la recrudescence des cas de Covid-19 recensés incite les mairies à prendre des mesures plus contraignantes. Et le gouvernement emboîte le pas, à l'approche de la rentrée de septembre, envisageant un reconfinement localisé sur certains départements ou certaines villes où le virus circulerait de manière "très active" (cf lien n°1). Et ce, d'autant plus que les pouvoirs publics, pris de court par la pandémie, ont navigué à vue au printemps dernier, tenant des propos contradictoires sur l'utilité des masques pour pallier la pénurie de masques organisée par le gouvernement quelques mois auparavant. Sans oublier combien le Coronavirus illustre le dépeçage de l'hôpital public opéré sur plusieurs années, voire décennies.

Ce qui pousse bien des esprits à vouloir refuser cette injonction du port du masque, vu que le stock national a été renouvelé depuis le printemps, considérant que c'est une atteinte à leur liberté et que pour l'instant, il n'y a une montée en flèche du nombre d'entrées nettes dans les hôpitaux, du nombre de personnes dans les services de réanimation et du nombre de décès. D'un point de vue statique, il ne devrait pas y avoir de quoi s'inquiéter outre mesure. D'un point de vue dynamique, la tendance est à une remontée des entrées dans les hôpitaux, doublée d'une baisse des sorties d'hôpitaux (sauf en cas de décès), puis une hausse du nombre de personnes en réanimation. Le diable se niche dans les détails et la vigilance doit être de rigueur.

Vaccin, où es-tu?

En parallèle, la question de la mise en place d'un vaccin se pose. Le 11 août dernier, la Russie fait savoir qu'elle a trouvé un vaccin contre le Coronavirus dont l'immunité serait effective durant deux ans maximum, et cette annonce fait suite à des essais cliniques avec un nombre de personnes restreint (76) sur deux mois. De quoi susciter un fort scepticisme chez nombre de chercheurs occidentaux quant à la méthode et aux résultats annoncés par Moscou (cf lien n°2). Mais ce scepticisme peut être lié à une certaine russophobie inscrite dans l'histoire, notamment depuis la guerre froide, quand la Russie était l'Union des républiques socialistes soviétiques, puis avec un Vladimir Poutine au pouvoir depuis l'an 2000; car rien ne dit que si le même vaccin était réalisé par les États-Unis, le même niveau de scepticisme serait observé à l'égard de Washington. Toujours est-il que, fort de son annonce, le pouvoir russe a lancé une campagne élargie de tests du vaccin contre le Coronavirus (40.000 personnes), histoire de ne pas laisser la moindre place au doute. Puis, après tout, même avec moins de moyens, les russes (anciennement les soviétiques) ont déjà montré qu'ils pouvaient obtenir des avancées scientifiques, technologiques probantes.

En attendant, la protection de soi et d'autrui, notamment avec le port du masque, reste conseillée.

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