L'heure de la Kanaky indépendante n'a pas (encore) sonné

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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Les résultats du référendum donnent une victoire du "non" à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, avec une mobilisation encore plus importante que lors du référendum de 2018. Cependant, l'écart se resserre, signe que la participation a davantage profité aux défenseurs du "oui" à l'indépendance et donne des perspectives pour un troisième et dernier référendum dans deux ans.

Si jamais Macron perdait l'Élysée en 2022, il pourra se dire qu'il n'aura pas été le président ayant vu l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie (nom colonial de la Kanaky). Ce dimanche 4 octobre, les électeurs calédoniens appelés à se prononcer sur le statut de l'archipel situé à environ 17.000 kilomètres de Paris ont porté le "non" à l'indépendance avec 53,3% des voix, contre 46,7% pour les tenants du "oui" selon les premiers résultats annoncés, que le ministère de l'Intérieur officialisera lundi 5 octobre. Le tout avec une participation à plus de 85% (85,64% précisément), bien au-dessus de celle observée lors du premier référendum sur le sujet, en novembre 2018 (80,63%) (cf lien n°1).

Statu quo jusqu'en 2022

Avec une telle participation, le résultat ne souffre guère de contestation, tant les votes pour le "non" et pour le "oui" ont progressé. Cependant, si on affine la réflexion, il est évident que le vote pour l'indépendance de la Kanaky a davantage progressé en deux ans, vu qu'il n'y avait que 43,6% des voix pour le "oui" il y a deux ans. De quoi se dire que les indépendantistes ont davantage mobilisé de monde et qu'ils ont progressé dans les bastions loyalistes. À Nouméa, la ville la plus peuplée de l'archipel, le "non" représentait 80,5% des voix en 2018. Aujourd'hui, c'est 76,7%, le tout avec une participation en hausse.

Cependant, comme en 2018, ce référendum marque la fracture qui est issue de la colonisation entre les descendant(e)s de colons - appelé(e)s Caldoches - et les descendants de colonisé(e)s, les Kanaks. Les premiers voulant rester dans le giron de la France et les seconds désirant l'indépendance. Et comme en 2018, malgré la progression des voix pour le "oui", une fracture géographique, spatiale, reste à l'œuvre. Les grandes villes votent majoritairement pour le maintien dans l'administration française; les villages ou petites communes voulant l'indépendance. Le Nord indépendantiste vs le Sud loyaliste. Et ce statu quo est parti pour rester structurant, au fond.

Et si les loyalistes estiment que ça suffit de faire un référendum car des tensions se sont déployées, à leurs yeux (cf lien n°2), les indépendantistes comptent utiliser jusqu'au bout l'accord de Nouméa qui autorise un troisième référendum pour 2022 si le Congrès de Nouvelle-Calédonie donne son accord. Et ces dernier ont, malgré la défaite, une dynamique qui leur est favorable et ne sont pas près de lâcher leur objectif qu'est l'indépendance de l'archipel et de broyer le racisme institutionnel qu'ils subissent, quand des Caldoches invoquent le racisme anti-blancs dont ils seraient victimes, pour s'accrocher à leur domination par la peur.

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