Le Coronavirus en mode trouble-fête de la présidentielle étasunienne

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/today mynews

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Les interrogations sur l'état de santé de Donald Trump après l'annonce de son cas positif au Coronavirus laissent à penser que tout est bon pour que l'actuel locataire de la Maison-Blanche puisse se faire réélire en novembre prochain, quitte à masquer son inconséquence en matière de politique sanitaire et le retour de bâton économique qui s'en est suivi.

Il reste moins d'un mois avant l'élection présidentielle aux États-Unis, et il n'est pas certain que le pays en sorte véritablement vainqueur. Il faut dire que le premier débat, mardi 29 septembre, entre le républicain Donald Trump, président en exercice et voulant se faire réélire, et son adversaire démocrate Joe Biden, ancien vice-président durant les deux mandats de Barack Obama, tournait au pugilat, tant les insultes entre les deux principaux candidats à la présidence - bipartisme oblige dans cette a-démocratie étasunienne - ont fusé (cf lien n°1), faisant passer le débat de l'entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle française de 2017 pour de la rigolade, à côté.

Recherche d'empathie

Mais surtout, vendredi 2 octobre, l'annonce que le président-candidat et plusieurs de ses proches auraient contracté la  Covid-19 n'ont guère pu laisser les esprits indifférents. D'un côté, une certaine réjouissance pour nombre d'opposant(e)s à Trump, tant ce dernier affichait une position pleine de déni et d'inconséquence sur la pandémie, dont les États-Unis sont le premier pays le plus touché, avec 7.555.437 cas recensés et 211.917 morts, selon les données officielles collectées par l'Université John Hokpins. Estimé guéri, l'ancien magnat de l'immobilier assure vouloir étendre gratuitement le traitement qu'il a suivi durant son hospitalisation au reste de la population et que la société de produits pharmaceutiques Regeneron Pharmaceuticals, dont le PDG est un proche de Trump, qui y possède des actions par ailleurs - SOS conflit d'intérêts, j'écoute?! - y trouve de quoi être aisément financée par l'État fédéral, vu qu'au moins 500 millions de dollars de deniers publics ont servi pour la conception du traitement contre le Coronavirus (cf lien n°2).

Mais d'un autre côté, certains considèrent que Trump ment pour recevoir de l'empathie auprès des électeurs et se justifier de refuser d'éventuels débats face à Biden. D'ailleurs, le débat du 15 octobre, prévu pour être un débat "à distance" pourrait bien ne pas avoir lieu car Trump a annoncé refuser ce débat-là, tel qu'il est disposé (cf liens n°3, n°4). En tout cas, tout est bon pour Trump d'éviter d'avoir des comptes à rendre, comme par exemple auprès du fisc outre-Atlantique après les révélations du New York Times sur les avis d'imposition du milliardaire payant seulement 750 dollars d'impôts sur le revenu en 2016, tout comme en 2017, ou ne payant pas d'impôt sur le revenu les années précédentes (cf lien n°5). Bref, en bon capitaliste bourgeois, Trump optimise sa fiscalité et les prolétaires paieront davantage que lui, illustrant ainsi l'évolution du capitalisme en matière de fiscalité depuis les années 1980.

Une présidence anxiogène

Il n'en reste pas moins qu'à quelques semaines de l'élection, Trump n'est pas forcément en position favorable selon les intentions de vote répertoriées ces dernières semaines. Mais il faut se souvenir que ce sont les grands électeurs (élus) de chaque état fédéré qui permettent l'élection du président et Trump, comme George W. Bush en 2000, n'eut besoin de que ça en 2016, tandis qu'Hillary Clinton avait le vote populaire sur l'ensemble de la république fédérale, montrant ainsi que ce vote-là compte pour du beurre, in fine, dans cette a-démocratie étasunienne. Au bout de presque quatre ans, on peut noter une politique extérieure qui se veut un renouvellement de l'impérialisme yankee, avec une orientation pro-israélienne forcenée, un bras d'honneur envers l'accord de Paris sur le climat ou l'accord de Vienne au sujet du nucléaire iranien, de même qu'une question coréenne qui reste en mode surplace malgré la rencontre entre les deux présidents du Nord et du Sud de la Corée en 2018; et d'autre part, une politique intérieure reflétant une présidence anxiogène avec le racisme institutionnel déployé par la police, comme lors du trépas de George Floyd en mai dernier, ou par des groupuscules d'extrême-droite en 2017, car l'extrême-gauche est dans le collimateur du locataire de la Maison-Blanche. En atteste sa réaction au sujet des manifestations à Portland, dans l'Oregon, et où antifas et fafs se cognent mutuellement, permettant à la propagande de parler d'anarchie dans cette ville dont l'histoire est bien complexe (cf lien n°6).

Du coup, les structures économiques et sociales, devant traduire le protectionnisme affiché par Trump lors de son élection, dans la bonne tradition yankee, pourraient sauver les meubles pour l'administration Trump. Mais le Coronavirus y a laissé des traces, vu que le taux de chômage était de 7,9% en septembre 2020, selon le Bureau of Labor Statistics, équivalent outre-Atlantique de notre Institut national de la statistique et des études économiques, alors qu'il était de 3,5% un an auparavant. Cependant, il faut noter que ce taux de chômage baisse rapidement, vu qu'il était de 13,3% en mai dernier, au moment où le confinement était annulé dans les états fédérés, non sans heurts d'ailleurs.

Une chose est sûre, si le Coronavirus n'avait pas pointé le bout de son nez, Trump verrait plus facilement le chemin vers la victoire.

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