L'espoir d'envoyer la proposition de loi sécurité globale à la poubelle

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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La mobilisation contre la proposition de loi sécurité globale s'est renforcée avec plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues, notamment à Paris, en dépit du contexte sanitaire poussant le pouvoir à faire un nouveau confinement et à en profiter pour virer dans l'autoritarisme en s'en prenant aux libertés et en exprimant un racisme institutionnel avec sa police.

100.000? 200.000? 500.000? Le nombre de manifestants battant le pavé en France, samedi 28 novembre, est encore sujet à débat entre ce qu'indique le ministère de l'Intérieur et les organisateurs. Ces derniers estiment 500.000, dont 150.000 à 200.000 rien qu'à Paris, avec une place de la République pleine à craquer et un parcours rempli entre place de la République et place de la Bastille (cf liens n°1, n°2). Signe d'une opposition accrue à la proposition de loi sécurité globale, en dépit du contexte sanitaire actuel et du vote fait par les députés pour cette proposition de loi mardi 24 novembre, peu avant l'allocution d'Emmanuel Macron, histoire que ça soit masqué.

Filmer une police milice raciste

Parmi les éléments renforçant cette opposition à cette proposition de loi, qu'on peut décrire, à raison, comme une menace intérieure envers la liberté de la presse, ce sont des histoires de violences policières filmées, montrant ainsi la nécessité de prendre en images une police milice en action. Le défouloir policier contre des exilé(e)s sur la place de la République, lundi 23 novembre, veille du vote de la proposition de loi, a marqué les esprits tant les images de tentes enlevées, en sortant au préalable les personnes qui s'y sont campées puis de coups lancés envers des exilé(e)s ou des journalistes montrent combien la France, si donneuse de leçons, ne les a pas apprises de toute façon. De même que le passage à tabac de Michel Zeler, un producteur de musique et français afro-descendant, par quatre à cinq policiers dans le studio d'enregistrement, a encore plus écœuré car il montre combien cet "État dans l'État" qu'est la police illustre le racisme institutionnel made in France car si les images du studio d'enregistrement n'étaient pas présentes, Michel Zeler aurait été condamné pour "outrage et rébellion" à agent de police, tandis que ses tortionnaires sont actuellement poursuivis pour "faux en écriture", "violences à caractère raciste".

De quoi pousser Macron à l'indignation devant les images de ce passage à tabac du producteur, à l'instar du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin devant les images du défouloir des flics lundi dernier, place de la République. Mais l'un comme l'autre se donnent bonne conscience et Internet fournir de la mémoire vu que Darmanin est au secours d'une police milice raciste qu'il tient à rendre la plus impunie possible - bras d'honneur à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, soit dit en passant - et que Macron refusait de parler de violences policières car "inacceptables" dans un État de droit lors du mouvement des Gilets jaunes.

Ne rien céder

Après cette étonnante et, en vérité, rassurante mobilisation, dans un contexte sanitaire qui a poussé le pouvoir à un confinement saison 2, la question est de savoir quel objectif faut-il atteindre. Aller à l'abrogation de l'article 24, concernant la liberté de la presse? Obtenir la suppression totale de la proposition de loi? Demander des amendements rectifiant et clarifiant la portée de ce texte législatif? Recevoir les démissions de Darmanin, du préfet de police de Paris Didier Lallement? Etc.

C'est là que, parmi les organisateurs, à savoir des associations, des collectifs de citoyens ou de journalistes, des syndicats de journalistes, des partis politiques, il faut observer si une dynamique unitaire est solidement constituée ou fait office de colosse aux pieds d'argile. Car en-dehors de la liberté de la presse, les libertés individuelles et collectives sont menacées avec une surveillance de masse via la massification des drones ou la généralisation des caméras individuelles, leur centralisation en matière d'enregistrement de données, mettant en danger le droit à la vie privée ou le droit de se regrouper collectivement et librement. De même qu'en autorisant les fonctionnaires de police ou de gendarmerie à porter hors service leur arme dans un établissement recevant du public, cette proposition de loi accentue un rapport de domination favorable à celui (ou celle) qui porte l'uniforme.

En clair, les jours qui vont suivre vont indiquer la capacité des parties opposées à cette proposition de loi à ne rien céder et à envoyer dans les cordes un pouvoir qui s'est fourvoyé dans une piste autoritariste, s'en prenant aux journalistes ou photographes (pensées à Rémy Buisine et Ameer Al Halbi), donnant ainsi une piteuse image de la France dans le monde (cf lien n°3).

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