Stratégie territoriale à géométrie variable

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran

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La hausse des contaminations dans certaines régions pousse le gouvernement à devoir infléchir sa stratégie de lutte contre le Coronavirus à une échelle plus locale et à renforcer certaines mesures, sans pour autant desserrer l'étau dans d'autres parties de la France où la situation est meilleure.

Au niveau mondial, qu'en est-il du Coronavirus? Selon les données recensées par l'université John Hopkins, plus de 113 millions de personnes ont été contaminées par la Covid-19 et de ses multiples variants (anglais, brésilien, sud-africain, etc.) dans le monde, dont plus de 2,5 millions d'entre elles en sont mortes. Soit un taux de létalité d'environ 2,2%. Mais ce qu'il y a d'intéressant, c'est que la dynamique de nouvelles contaminations, depuis le début de l'année 2021, tend à la baisse au niveau mondial, selon les données de l'université John Hopkins, alors que tout le long de l'année 2020, la tendance globale était à une croissance assez rectiligne du nombre de nouveaux cas au niveau mondial.

Un décalage en France?

Cette tendance mondiale peut masquer des disparités au sein des pays. Pour prendre l'exemple de la France, les données recensées notamment par Santé publique France le nombre de nouveaux cas de Coronavirus est reparti à la hausse ces derniers jours, alors qu'au début du mois de février, une légère baisse avait été observée. Celle-ci est continue en ce qui concerne les hospitalisations et les décès, bien que dans ce dernier cas, il n'ait guère été mentionné de la part des mass media ou du gouvernement (cf lien n°1).

Après, est-ce que décalage va s'estomper, et poser la crainte d'une remontée des décès liés au Coronavirus durant le mois de mars dans l'Hexagone? C'est une question qui mérite d'être posée et ce n'est pas sans conséquence en matière de politiques menées contre la pandémie et les critiques potentiellement faites ou à faire.

Restrictions guère efficaces

Pour prolonger mon précédent propos, il n'y a qu'à se souvenir de la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex, le 25 février dernier. Il a été notamment annoncé une "surveillance renforcée" d'une vingtaine de départements, dont tous ceux de la région Île-de-France, une bonne partie de ceux de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et de la région Hauts-de-France, avec la possibilité d'une mise en place d'un confinement local à partir du 6 mars si la situation se détériore (cf lien n°2). Une hypothèse qui a poussé la ville de Paris à réfléchir sur un confinement de la capitale (cf lien n°3), à l'instar des confinements décidés pour les villes de Nice et de Dunkerque, en place depuis le 27 février.

De quoi interroger et critiquer le couvre-feu, instauré à 18h au niveau national depuis le 16 janvier, sachant qu'il est en place depuis fin octobre, d'abord à 20h. Ce resserrement des horaires de déplacement met les nerfs à vif et vu les dernières données évoquées ci-haut, il n'y a pas de quoi estimer cette mesure comme efficace face au Coronavirus. Cependant, vu que dans certains départements, la situation n'a pas empiré, il pourrait être question d'alléger les restrictions, voire même de les enlever. Mais ce n'est pas à l'ordre du jour de la part du gouvernement. Ce qui souligne le côté géométrie variable des politiques en place, mais aussi le fait que la méritocratie est une illusion en France.

Après, est-ce qu'une série de confinements locaux pourrait être suffisamment efficace? Ce serait coûteux économiquement - et le pouvoir n'est plus dans la logique du "quoi qu'il en coûte" - mais plus honnête intellectuellement de la part du gouvernement. Et ce, au moment où la circulation des vaccins reste encore lente en France, comparativement à ses voisins et que ces dits vaccins suscitent de l'hésitation au sein de la population.

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