Pablo Longoria, nouvelle tête dirigeante pour l'OM

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Boris deMars

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Jusqu'à présent directeur du football au sein du club marseillais, le dirigeant espagnol prend la président du club, remplaçant un Jacques-Henri Eyraud devenu persona non grata à Marseille, et indiquant combien Frank McCourt entend encore rester le maître du club et d'apaiser des tensions devenues palpables ces dernières semaines.

On a du mal à y croire, mais c'est bien vrai. Jacques-Henri Eyraud n'est plus président de l'Olympique de Marseille (OM), à partir de ce vendredi 26 février 2021. La détestation mutuelle entre lui et les supporters de l'OM, profonde depuis plus de trois ans, a connu un point de non-retour avec la manifestation devant la Commanderie le 30 janvier dernier. Sans oublier que par la suite, Eyraud s'entêta à vouloir réprimer les groupes de supporters de l'OM et de sournoisement les diviser avec la proposition d'un "agoraOM", dont la comparaison avec le plan Leproux appliqué au Paris Saint-Germain en 2010 inspirait les pires craintes en matière de supporterisme à Marseille.

Sampaoli sur le banc

Dans un communiqué du club (cf lien), le successeur de Eyraud à la présidence de l'OM est indiqué en la personne de Pablo Longoria. À 34 ans, celui qui était directeur du foot (terme novlangue pour directeur sportif) au sein du club depuis le mois d'août, obtient une promotion fulgurante. Néanmoins, Frank McCourt, l'actionnaire majoritaire du club phocéen depuis 2016, ne l'a pas choisi par hasard vu qu'en dépit du peu de temps de présence au sein du club, Longoria a la cote auprès des supporters, par son activisme sur le marché des transferts - arrivée d'Arkadiusz Milik - et son soutien auprès des groupes de supporters ces dernières semaines, mais aussi auprès de McCourt vu qu'il a réussi à transférer certains joueurs pesant sur la masse salariale, comme Kevin Strootman ou Kóstas Mítroglou, et de dégraisser l'effectif en ce sens, pour limiter le déficit abyssal creusé depuis le début de l'ère McCourt, estimé entre 460 et 480 millions d'euros depuis la saison 2016-2017.

Dans ce même communiqué, l'OM annonce l'arrivée de l'Argentin Jorge Sampaoli au poste d'entraîneur. Ce dernier, s'inspirant de compatriote Marcelo Bielsa en matière de foot offensif, dont la trace à Marseille reste prenante, aura à cœur de sauver les meubles pour la fin de saison du club phocéen, tant l'OM est loin de son objectif principal qui est une qualification en Ligue des champions, et qu'il faudra préparer au mieux la saison 2021-2022. Ce qui signifie que Nasser Larguet, entraîneur du club depuis le départ d'André Villas-Boas, le 2 février dernier, aura bientôt fini de faire l'intérim et reprendra son rôle de directeur du centre de formation, où la tâche reste délicate, même si durant cette période d'intérim, il a permis à certains jeunes - Luis Henrique, Ahmadou Bamba Dieng par exemple - de pouvoir s'exprimer en équipe première, vu qu'il n'y a plus grand chose à perdre.

Vigilance à maintenir

Si le communiqué donne aux supporters une bonne raison de se réjouir et de traduire aussi combien la politique de désabonnement des comptes de l'OM sur les réseaux sociaux a une certaine efficacité, la vigilance doit rester de rigueur. D'abord, parce que Eyraud demeure dans le conseil de surveillance de l'OM, et par conséquent restera un poids dans la gouvernance du club. Ensuite, McCourt prévoit de rencontrer prochainement les groupes de supporters, ainsi que les élus marseillais, pour clarifier - ou enfumer, c'est selon - les choses sur son engagement auprès de l'OM.

Par ce geste, McCourt a acheté la paix sociale. Mais, au risque de me répéter encore et encore, si les supporters se montrent logiques jusqu'au bout avec le slogan "l'OM, c'est nous", ils devront s'organiser en mode socios pour gérer directement le club, le pérenniser, le stabiliser, et non plus le laisser entre les mains d'affairistes. Que ce soit un McCourt qui a osé comparer la manifestation de la Commanderie à l'intrusion des suprémacistes pro-Trump au Capitole le 6 janvier dernier. Un comble quand on sait que les groupes de supporters olympiens sont aux antipodes des partisans de Trump. Ou que ce soit le fantasme aliénant et dangereux d'un fonds en provenance d'Arabie Saoudite, capable de transformer l'OM en PSG bis, donc en perte d'identité malgré le palmarès.

À voir si les supporters vont avoir de l'appétit!

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