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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


L'unité syndicale au prix de la radicalité?

Publié par JoSeseSeko sur 31 Mars 2023, 15:57pm

Catégories : #Économie, #Europe, #France, #Syndicalisme, #CGT, #CFDT, #Retraites, #Lutte des classes

Photo: AFP

Photo: AFP

Alors que l'opposition à la réforme des retraites reste importante dans la rue ou les piquets de grève, les directions des syndicats tiennent à calmer le jeu, en appelant à une "médiation", une "pause" auprès du gouvernement. Ce dernier consent à les inviter, sans néanmoins lâcher du lest sur le sujet, dans un contexte de changement à la tête de la CGT, avec Sophie Binet comme nouvelle secrétaire générale du syndicat.

Du retrait gouvernemental à la retraite syndicale, il n'y a qu'un pas. Au-delà de ce jeu de mots discutable, il y a la question de savoir qui du gouvernement ou des syndicats capitulera par rapport à la réforme des retraites, dont la manifestation du 28 mars a mobilisé 2 millions de personnes selon les syndicats. Ce qui est moins que le 23 mars, mais bien au-dessus des manifs précédant l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution de la Ve République, signe que celui-ci, plus le rejet de la motion de censure le 20 mars, ont mis le feu aux poudres.

Trop tard

Et si on ajoute la démarche répressive qui est la matrice gouvernementale face à l'opposition, tous les voyants appelant à un "dialogue social" sont tout simplement au rouge. Et les syndicats, unis pour la première fois depuis 2010, n'ont eu de cesse d'appeler à une rencontre avec Emmanuel Macron ou Élisabeth Borne avant l'utilisation du 49.3, mais que ces derniers n'y ont aucunement tenu compte. Après tout, "mieux vaut prévenir que guérir".

Néanmoins, si l'intersyndicale se rendra le 5 avril à Matignon pour voir Borne (cf lien n°1), quelle sera la ligne défendue? Une "médiation", une "pause" sur la réforme des retraites, comme l'affirme Laurent Berger, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Ou bien un retrait pur et simple, comme le défend Sophie Binet, nouvelle secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), ce vendredi 31 mars (cf lien n°2)? En tout cas, le pouvoir ne compte par lâcher du lest sur le sujet, notamment sur le recul de l'âge légal, passant de 62 à 64 ans. De quoi se dire que c'est un jeu de dupes et qu'il est désormais trop tard pour dialoguer et que le pouvoir, en raison de sa politique de classe, au service des capitalistes, a causé la situation présente.

Une CGT plus vindicative?

Comme je l'ai écrit ci-haut, c'est Sophie Binet qui succède à Philippe Martinez à la tête de la CGT. Et ce, à l'issue du 53e congrès du syndicat à Clermont-Ferrand, ce 31 mars. Une élection à la surprise générale, selon les observateurs, tant Binet, jusqu'à présent meneuse de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens au sein de la confédération syndicale, n'était pas favorite pour prendre la tête du syndicat. Mais le congrès a marqué une division importante car la direction sortante, autour de Martinez et de Marie Buisson, que Martinez voulait voir lui succéder, a vu son rapport d'activité rejeté par les congressistes. Signe que la recherche d'une certaine radicalité s'est exprimé durant ce congrès, où l'idée de ne pas être à la remorque de la CFDT a été claironnée, notamment par la cégétiste Murielle Morand. Certains esprits taquins souligneront qu'élire à la tête d'un syndicat ouvrier une cadre, c'est assez contradictoire, surtout pour affirmer une radicalité dans les luttes sociales présentes et à venir et revenir aux fondamentaux du syndicat. De là à ce que la CGT redevienne anarcho-syndicaliste, comme avant 14-18, avec une application stricte de la charte d'Amiens de 1906, ce serait pour le moins incroyable.

Mais une CGT plus vindicative, plus offensive, ne manquerait pas de provoquer une rupture avec la CFDT, qui est (ou paraît) bien plus conciliante face au pouvoir, en dépit d'un regain d'estime envers ce syndicat observé depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, ne serait-ce qu'avec de nouvelles adhésions enregistrées ces dernières semaines. Pour l'instant, l'unité syndicale reste la norme. Mais sur la stratégie de l'approfondissement de la lutte, à travers la grève générale, le blocage stratégique, les deux grands syndicats ne sont pas sur la même longueur d'onde. Du moins, les directions confédérales.

Est-ce que les bases syndiquées sont plus tournées vers une unité offensive, prônant pleinement la grève générale? Cela reste à prouver. L'unité syndicale ne doit pas être molle face à un pouvoir qui lui crache continuellement dessus.

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