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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Macron le répressif acculé

Publié par JoSeseSeko sur 25 Mars 2023, 18:18pm

Catégories : #Économie, #Politique, #Europe, #France, #Gouvernement, #Macron, #Borne, #Retraites, #Syndicalisme, #Lutte des classes, #Grève, #Manifestation, #Police

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

La manifestation du 23 mars montre combien Emmanuel Macron tend à unir les Français contre sa réforme des retraites, et contre sa politique de manière générale. Et même la répression policière tous azimuts tend à accentuer une colère profonde, contrecarrant les plans de l'Élysée. En tout cas, bien des pays observent avec attention ce qui se passe en France.

"Mieux vaut prévenir que guérir" dit le proverbe. Mais Emmanuel Macron l'a manifestement oublié en affichant un triomphalisme sidérant durant son interview du 22 mars chez TF1 et France 2, alors que le court refus de la motion de censure, lundi 20 mars, appelait à la modération. Mieux, il a donné un nouveau souffle à la mobilisation du lendemain, avec 3,5 millions de manifestants dans toute la France selon les syndicats (1,080 million selon le ministère de l'Intérieur), qui ont le vent en poupe depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.

Police milice

Et ce n'est pas faute d'avoir usé (et abusé) de la répression policière, en espérant que celle-ci ferait suffisamment de blessés, et par conséquent suffisamment peur pour que la résignation l'emporte. Que nenni! Non seulement, les manifestants affichent une grande détermination, y compris le soir, notamment ceux du cortège de tête avec comme composante les blocs noirs (black blocs en anglais, évitons l'anglicisme!), mais les images des violences policières tournent de partout, avec des charges, coups de matraques, envois de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement tous azimuts, et les policiers blessant tout ce qui se bouge, dont des journalistes. Ce qui n'est pas sans conséquences puisque la visite du roi de Grande-Bretagne Charles III a été reportée alors qu'elle était initialement prévue du 26 au 29 mars (cf lien n°1). Mais vu comment la police française accueille les représentants d'Albion, comme l'attestèrent les supporters de Liverpool en mai 2022, il fallait s'y attendre un peu et nos voisins d'outre-Manche se montrent bien lucides sur notre police.

Ce n'est pas nouveau que la police milice française se montre si violente envers des manifestants. On l'a déjà vu au moment des Gilets jaunes. Mais là encore, c'est la validation de violences policières qui se défoulaient sur les Français(es) ayant des racines extra-européennes et vivant dans les banlieues depuis des décennies, dans l'indifférence jusqu'alors générale. Mais maintenant, c'est de plus en plus visible et contesté et les autorités policières - ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, préfet de police de Paris Laurent Nuñez - ont beau parler des blessés chez les forces de police, la défiance envers la police s'accroit avec des témoignages édifiants sur les méthodes policières comme celle de la Brigade de répression de l'action violente (BRAV) révélés ces derniers jours, devant contraindre la préfecture de police de Paris à saisir l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Même si on se doute que l'IGPN classera l'histoire et qu'il n'est pas question de dissoudre la BRAV (cf liens n°2, n°3 + cf vidéo).

Macron doit s'inspirer de McCourt

Il n'empêche que le pouvoir a beau donner des coups à travers son bras armé (police), il n'est pas serein. L'utilisation du 49.3 par la Première ministre Élisabeth Borne, la 11e depuis le début de la législature, a donné lieu à une colère qui s'exprime nuit après nuit, quitte à provoquer des incendies comme celui de la porte de l'hôtel de ville de Bordeaux, le 23 mars. Si cette image choque les bonnes âmes, elle devra faire réfléchir le pouvoir s'il ne veut pas vivre ce genre de chose sous ses propres fenêtres. Et ce, d'autant plus que Macron, dans son interview du 22 mars a comparé les manifestations actuelles contre la réforme des retraites à l'intrusion des militants de Donald Trump au Capitole, le 6 janvier 2021. Le président de la République, supporter de l'Olympique de Marseille (OM), aurait dû se souvenir que cette comparaison fut faite par l'affairiste états-unien Frank McCourt, propriétaire du club phocéen depuis 2016, accentuant une opposition profonde avec les supporters de l'OM, finalement stoppée par le renvoi de Jacques-Henri Eyraud à la présidence du club et son remplacement par Pablo Longoria.

Cette comparaison que je réalise doit faire comprendre au locataire de l'Élysée que s'il veut la paix sociale, en pouvant compter sur les syndicats pour l'obtenir plus facilement, il se doit de reculer et d'abandonner son projet de dépeçage des retraites. Mais est-ce que l'orgueil présidentiel acceptera ce choix qui tend à devenir une évidence, sauf s'il veut volontairement des morts parmi les manifestants? Telle est la question.

Tâche d'huile

Au fil des semaines de mobilisation, de grèves plus ou moins reconduites, et de la répression allant crescendo, la France suscite l'attention du reste du monde. D'un côté, de la part des dirigeants mondiaux et des mass media possédés par des capitalistes, c'est une bonne occasion de se moquer des dirigeants français comme la presse britannique le fait après le report de la visite de Charles III en France. De l'autre, certains citoyens organisent des rassemblements de soutien auprès des grévistes et manifestants français devant l'ambassade de France comme ce fut le cas ces derniers jours du côté de Berlin (Allemagne), d'Athènes (Grèce), de Madrid (Espagne) ou même de Buenos Aires (Argentine).

Alors, en cas de recul de Macron, il y a de quoi faire tâche d'huile auprès d'autres pays car la France, à travers la Révolution française de 1789 et son tournant républicain de 1792, suscite une certaine admiration chez celles et ceux qui se reconnaissent dans le slogan "Liberté, égalité, fraternité". Et ce, en dépit de problématiques matérielles - inégalités, racisme institutionnel, etc. -, qui ont fait perdre à la France son éclat auprès du reste du monde. Toujours est-il que la réussite de l'opposition à la réforme des retraites en France ouvrirait un champ des possibles, avec un horizon internationaliste à portée de tous. Mais pour l'instant, l’expectative est de rigueur en-dehors de l'Hexagone.

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