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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


"Grève, blocage, manif sauvage" après le 7 mars?

Publié par JoSeseSeko sur 6 Mars 2023, 16:20pm

Catégories : #Économie, #Politique, #Europe, #France, #Gouvernement, #Macron, #Borne, #Dussopt, #Retraites, #NUPES, #PS, #PC, #FI, #EELV, #Syndicalisme, #Lutte des classes, #Grève

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

À la veille de la journée de grève et de manifestation du 7 mars, tout le monde est dans l'expectative, tant les attentes sont énormes pour soit un renforcement de la lutte contre le dépeçage des retraites ou soit la résignation face à la répression gouvernementale.

"Debout les damnés de la terre/Debout les forçats de la faim". Les deux premiers vers de l'Internationale, hymne du monde ouvrier écrit après la fin de la Commune de Paris en 1871, correspondent bien à l'atmosphère de vive tension à l'approche de la journée du 7 mars, tant l'opposition à la réforme des retraites proposée par le gouvernement en ce début d'année 2023 est large, défilant massivement comme rarement vu depuis les grèves de novembre-décembre 1995.

Un gouvernement sur le fil

Ces dernières semaines montrent combien le gouvernement, en dépit d'une fausse assurance, est sur des charbons ardents. Au-delà de l'ampleur des grèves et manifestations depuis la présentation de cette réforme des retraites et de la procédure accélérée, via l'article 47.1 de la Constitution, la tentative d'adoption passe de plus en plus mal à mesure que le camp macroniste tente d'expliquer les sens de la réforme, qui s'affiche de plus en plus comme un dépeçage des retraites, aggravant la situation des futurs retraités, au nom d'un éventuel déficit qui n'est qu'un des scénarios explicités par le Conseil d'orientation des retraites, mobilisé par tous les camps.

Néanmoins, la stratégie de l'obstruction de la part de la coalition Nupes, et tout particulièrement la France insoumise, à l'Assemblée nationale, avec seulement deux articles sur 20 votés - l'article 2 sur l'index seniors étant rejeté d'ailleurs! -, a permis à la majorité (relative) de ne pas trop s'enfoncer dans son argumentaire. Et les alliés des insoumis - Parti socialiste, Europe écologie les Verts, Parti communiste - n'ont pas trop aimé cette stratégie jusqu'au-boutiste tant elle semble contreproductive, vu le laps de temps très court de débat, empêchant de débattre sur, au moins, l'article 7 qui mentionne le recul de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Mais la critique est surtout venue des syndicats, qui ont vu cela comme "honteux" d'en arriver là.

Syndicats réhabilités

Et c'est peut-être là le principal effet de la réforme des retraites et des discussions autour du sujet, désormais entre les mains du Sénat en première lecture, c'est que les syndicats ont le vent en poupe. Comme je l'ai déjà écrit ici, c'est la première fois depuis 2010 qu'il y a une unité syndicale et que celle-ci est partie pour s'inscrire dans la durée face à la guerre d'usure du pouvoir. Qui aurait pu penser, il y a quelques mois encore, que la Confédération française démocratique du travail (CFDT), et d'autres syndicats dits "réformistes" - Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC); Union nationale des syndicats autonomes (UNSA); Confédération française de l'encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) -, se retrouverait en cortège commun aux côtés de la Confédération générale du travail (CGT) et d'autres syndicats dits "contestataires" - Force ouvrière (FO), Solidaires -? Pas grand-monde. Surtout que lors de la précédente tentative de réforme des retraites, en 2019-2020, la CFDT de Laurent Berger cherchait à négocier avec le gouvernement tandis que la CGT de Philippe Martinez battait le pavé en opposition.

Et comme les syndicats sont en première ligne, ils sont les premiers à cueillir les fruits de leur opposition au dépeçage des retraites, en enregistrant depuis le début de l'année un rythme d'adhésion exceptionnel (cf lien n°1). De quoi budgétiser à la hausse des caisses de grève qui ne manqueront pas d'être mobilisées car faire grève coûte pour les travailleurs, syndiqués ou non. Ce qui permet de rappeler que la CFDT a, selon certains médias, un budget de caisses de grève de 141 millions d'euros (cf lien n°2). On peut parler d'une réhabilitation des syndicats auprès des exploités car ces dernières décennies, la désyndicalisation a été massive en France, en raison du bourrage de crâne antisyndical dans la grande presse, mais aussi de la part des directions des syndicats affichant une distance, voire du mépris à l'égard de certains mouvements sociaux comme les Gilets jaunes.

Blocage général?

Toujours est-il que les syndicats parlent d'une même voix depuis mi-février pour "mettre la France à l'arrêt" le 7 mars. Pourquoi cette date-là? Parce que les vacances d'hiver sont terminées pour tout le monde depuis le 5 mars. Ensuite, comme évoqué ci-haut avec les caisses de grève, il faut qu'elles soient suffisamment garnies pour tenir la distance, dans un contexte où l'inflation liée à la crise Covid puis la guerre russo-ukrainienne pénalise les moyens de subsistance des prolétaires. Un appel à cet arrêt de l'économie entendu de partout, comme dans les outre-mer avec la Réunion, où la mobilisation est forte pour le 7 mars (cf lien n°3).

De quoi donner des sueurs froides au gouvernement, qui se sent acculé et est particulièrement attentif sur des secteurs "stratégiques" - électricité, raffineries, ports, transport ferroviaire, transport routier - (cf lien n°4), où les tensions sont vives et où les syndicats, y compris "réformistes", sont déterminés à pousser la lutte d'un cran, comme la fédération UNSA ferroviaire qui appelle à la grève reconductible dans les transports après le 7 mars, et tout particulièrement deux weekends de blocage de Paris (cf lien n°5).

Néanmoins, pourrait-on assister à une grève générale, si souvent incantée mais très rarement observée? La question reste posée car si du côté de la CGT, de Solidaires, voire de FO, c'est clairement défendu, encouragé (cf lien n°6), la direction de la CFDT ne semble pas totalement à l'aise avec cette idée, tout comme la CFE-CGC et la CFTC. Mais dans ce dernier cas, si la CFDT commence à reculer, ce qui est l'espoir du gouvernement, elle se condamnerait elle-même car les nouveaux syndiqués en seront dégoûtés. Or, pour la première fois depuis plusieurs années, les syndicats ont une occasion en or pour se massifier et d'être ceux qui font plier le pouvoir. Qu'ils ne la loupent pas!

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