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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


De Zerbi, le nouveau chef du chantier olympien

Publié par JoSeseSeko sur 16 Août 2024, 16:52pm

Catégories : #Sport, #Football, #Ligue 1, #OM, #De Zerbi, #Transferts, #Longoria, #Benatia, #Économie, #LFP, #Labrune

Photo: Flickr/Football Pictures

Photo: Flickr/Football Pictures

La reprise de la Ligue 1 marque les débuts officiels de l'entraîneur italien sur le banc de l'Olympique de Marseille, avec l'ambition de produire du jeu et de contrôler le ballon, afin d'être efficace devant le but et in fine, gagner. Une mission bien délicate tant il doit marquer l'établissement de la stabilité au sein du club marseillais dans un championnat en délicatesse financière.

Tiendra-t-il plus d'un an? Voilà une question qui peut être dans les têtes au sujet de Roberto De Zerbi, nouvel entraîneur de l'Olympique de Marseille (OM), à l'approche de l'ouverture de la saison 2024-2025 de Ligue 1 ce weekend avec un déplacement à Brest. Si les matchs de préparation et les récentes déclarations de l'entraîneur italien laissent envisager de bonnes choses, il faudra tout de même concrétiser sur le terrain, et même s'il ne donne pas d'objectifs précis, préférant attendre la fin du marché des transferts - 31 août -, il faudra quand même que l'OM retrouve le podium, voire même une capacité à lutter contre le Paris Saint-Germain (PSG) sur la majeure partie de la saison, après une huitième place honteuse la saison dernière, marquée par une instabilité sur le banc olympien. Banc qu'aurait pu rejoindre De Zerbi dès 2022, lors du départ surprise de Jorge Sampaoli, mais finalement, ce fut Igor Tudor qui hérita du poste, marquant finalement les esprits.

Valse de transferts

Mais qui dit saison ratée, surtout sous la présidence de Pablo Longoria, dit valse de transferts encore plus importante et minutieuse à mener. Avec un double objectif pour Longoria et son conseiller sportif Mehdi Benatia: premièrement, recruter des joueurs correspondant aux attentes de l'entraîneur au niveau de la technique, de la lecture du jeu, de la vitesse, de la précision dans le jeu au pied (notamment côté gardiens); et deuxièmement, réduire la masse salariale en faisant partir des joueurs à haut salaire ou à proximité de la fin de leur contrat.

Dans le premier cas, les arrivées d'Ismaël Koné, de Lilian Brassier (prêt), de Mason Greenwood, de Pierre-Émile Højbjerg (prêt), de Derek Cornelius, de Valentín Carboni (prêt), de Jeffrey de Lange, de Gerónimo Rulli, ou d'Elye Wahi s'inscrivent dans l'idée d'avoir le contrôle du jeu chez De Zerbi, notamment si les milieux Højbjerg et Koné s'adaptent bien au contexte marseillais, tout comme Wahi qui aura la lourde responsabilité de remplacer Pierre-Emerick Aubameyang en tant qu'attaquant de pointe, sachant que ce dernier, après un début de saison raté, a fini par claquer des buts sur la deuxième moitié de saison, au point d'avoir inscrit 30 buts toutes compétitions confondues l'an dernier. De même que Greenwood devra convaincre sur et en-dehors du terrain car son arrivée à l'OM suscite des doutes éthiques (euphémisme!) en raison d'une accusation de violences conjugales envers l'attaquant anglais, dont les poursuites judiciaires furent ensuite levées.

Dans le second cas, il y a les départs d'Aubameyang, de Vitinha, de Pape Gueye, d'Iliman Ndiaye, d'Ismaïla Sarr, de Jonathan Clauss ou encore de Pau Lopez, qui ont de quoi alléger les finances du club, même si dans le cas de Pape Gueye, c'est un départ à l'issue de sa fin de contrat. Et des joueurs en fin de contrat fin juin 2025, il y en a comme Jordan Veretout ou Chancel Mbemba. Et ces deux joueurs se retrouvent dans le "loft", c'est-à-dire une mise à l'écart car ne correspondant pas aux plans de la direction du club et de l'entraîneur, en les incitant grandement à trouver un autre club. Mais ils semblent déterminés à aller au bout de leur contrat, de ne pas le prolonger, quitte à ce que cela tourne à une tension qui pouvait être largement évitable, comme c'est le cas ces derniers temps entre la direction du club et Mbemba, au point que le défenseur congolais a été mis à pied par le club. Et franchement, tout le monde y perd dans l'histoire.

Enfin, De Zerbi a la réputation de permettre à des joueurs formés au club de pouvoir démontrer leurs talents dans l'effectif de l'équipe première. Ce que certains supporters - dont moi-même - scruteront de près, d'autant plus que les jeunes générations de minots du centre de formation ont des résultats dans les équipes de jeunes et ce serait l'occasion de voir plus régulièrement des minots comme Enzo Sternal, Gaël Lafont, Kylian Abdallah, Raimane Daou, dans un effectif qui garde une partie de joueurs revanchards par rapport à la saison dernière. Un peu comme quand Marcelo Bielsa était sur le banc phocéen, il y a 10 ans.

Une Ligue 1 affaiblie

Au-delà du cas marseillais, la question est de savoir si la Ligue 1 tend à se renforcer cette saison ou bien à s'affaiblir. Et la deuxième option est à privilégier. Et ce n'est pas en raison du fait que le PSG a vu partir son joueur vedette Kylian Mbappé en direction du Real Madrid au bout de son contrat. La raison véritable de l'affaiblissement prévisible de la L1 est son modèle économique, grandement dépendant des droits télévisuels. Or, il a fallu attendre la fin du mois de juillet pour qu'il y ait un accord de trouvé sur les droits TV du championnat pour la période 2024-2029, avec un ticket DAZN-Bein Sports, pour 500 millions d'euros. Mais si on déduit différentes taxes ou aides, il resterait 189,7 millions d'euros à partager pour les 18 clubs de L1 contre 495 millions d'euros un an auparavant (cf liens n°1, n°2). C'est dire le manque à gagner pour des clubs, majoritairement dépendants des droits TV, représentant plus de 50% des revenus pour la quasi-totalité d'entre eux. On est loin du milliard d'euros que faisait miroiter Vincent Labrune, président de la Ligue de football professionnel (LFP), aux acteurs du foot français.

Et c'est là qu'il faut parler de la responsabilité de la LFP et de son président. Il faut croire qu'aucune leçon n'a été tirée du fiasco Mediapro en 2020, car le ticket DAZN-Bein Sports, pour espérer être à l'équilibre, doit compter sur deux millions d'abonnés suivant une formule d'abonnements de 29,99€/mois pour suivre les matchs du championnat. Soit un tarif plus cher que du temps éphémère de Mediapro. C'est une incitation au piratage qui est formulée de cette manière et les clubs pleurnicheront alors qu'ils ont laissé faire la LFP et son président agir en ce sens. Et justement, parlons de Labrune. Il n'est pas un inconnu pour les supporters olympiens, tant il a failli couler le club durant sa présidence (2011-2016). Et savoir qu'en septembre 2020, la majorité des présidents de clubs, connaissant pourtant le pedigree problématique du personnage, l'ont mis à la tête de la LFP aux détriments de Michel Denisot, cela démontre que les présidents de clubs se sont mis la corde au cou. Pour preuves, d'abord le train de vie de Labrune qui a multiplié par quatre sa rémunération; ensuite, et plus grave encore, l'accord conclu entre la LFP et le fond d'investissement luxembourgeois CVC en 2022, où ce dernier contribuait à financer les clubs, notamment à court terme, en obtenant en échange 13% des revenus de la LFP à vie. Autrement dit, une amputation permanente pour les clubs de 13% de leurs revenus. Pas étonnant que certains présidents de clubs parlent de "casse du siècle" (cf lien n°3). Et la cerise sur le gâteau foiré, c'est que les droits TV à l'étranger n'ont pas été renouvelés au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Italie, en Espagne, etc (cf lien n°4).

C'est dire si le football français risque de traverser des heures sombres dans les prochaines années et il l'aura cherché.

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