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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Une fuite en avant israélienne (et occidentale)

Publié par JoSeseSeko sur 19 Octobre 2024, 15:27pm

Catégories : #Politique, #Moyen-Orient, #Israël, #Palestine, #Netanyahou, #Hamas

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Si la mort de Yahya Sinouar, leader du Hamas, offre un avantage certain à Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahou fait de ce cas un martyr de la cause palestinienne montrant combien il n'est plus question de seulement "éradiquer le Hamas" ou de sauver des otages, mais de relancer une politique coloniale dans les territoires alentours, entraînant vers une défaite politique à terme.

Quand les descendants de persécutés deviennent persécuteurs à leur tour. Cette phrase souligne la trajectoire prise par la société israélienne ces derniers temps sur la bande de Gaza, la Cisjordanie, avec en plus une extension de la guerre dans le sud du Liban. Et ce n'est pas la mort du leader du Hamas Yahya Sinouar, jeudi 17 octobre, et une utilisation de sa dépouille comme monnaie d'échange (cf lien n°1), qui changera la politique menée par Benjamin Netanyahu et son gouvernement depuis le 7 octobre 2023. À savoir user de l'attaque du Hamas ce jour-là comme prétexte pour pilonner la bande de Gaza, prendre la population palestinienne pour cible, étant donné que la majorité des plus de 41.000 morts officiellement recensés sont des civils, notamment des femmes et des enfants, et préparer le terrain pour coloniser un territoire détruit par l'armée israélienne.

Eretz Israël ou l'espace vital juif

Cette politique gouvernementale, de plus en plus visible et même ouvertement défendue par des ministres, en l'occurrence Bazel Smotrich (Finances) et Itamar Ben-Gvir (Sécurité nationale) (cf lien n°2), se veut être dans la ligne de la Bible désignant la "Terre d'Israël" (Eretz Israel en hébreu), c'est-à-dire Israël+Palestine+Égypte+Liban+Syrie, voire jusqu'à l'Irak, selon certaines interprétations. . Vu leur poids politique, Netanyahu suit ses alliés pour mener et étendre la guerre en mode jusqu'au-boutiste; d'autant plus, comme je l'ai déjà rappelé précédemment, qu'il a un intérêt personnel dans cette fuite en avant car dès que la guerre sera finie, il risque de ne plus rester au pouvoir. Et dans ce cas, il aura une multitude de procédures judiciaires au cul - digne d'un Nicolas Sarkozy -.

Quitte à être vu comme provocateur (version honnête des détracteurs), ou bien antisémite (version malhonnête des détracteurs), je dirais que la politique d'Eretz Israel est une version hébraïque de la politique d'espace vital des nazis allemands des années 1930. Une politique complémentaire avec l'antisémitisme des partisans d'Adolf Hitler. D'où le fait d'écrire que les israéliens, en grande partie descendants des juifs victimes de la Shoah durant la Seconde guerre mondiale, reproduisent des méthodes que les nazis firent subir à leurs aïeux, en visant d'autres sémites, en l'occurrence les arabes de Palestine. Ce qui ne peut que renforcer les accusations de génocide à l'encontre du pouvoir israélien et à considérer que si Israël n'est pas vaincu militairement, il le sera politiquement et économiquement, tant sa fuite en avant le marginalise, ainsi que les pays occidentaux enfermés dans leur soutien "inconditionnel" consécutif à leur responsabilité pleine et entière durant la Shoah. D'où la réserve à critiquer, voire sanctionner les dirigeants israéliens, à quelques exceptions près (cf lien n°3); ou bien une certaine naïveté à penser que la mort de Sinouar ouvrira la voie vers un cessez-le-feu (cf lien n°4).

Une lutte intensifiée?

Les expressions utilisées par le pouvoir israélien, et surtout ses soutiens dans le monde occidental, pour se féliciter de la mort de celui qui ordonna l'attaque du 7 octobre 2023 ont de quoi laisser penser qu'ils vont faire - à leur corps défendant - de Sinouar un martyr de la cause palestinienne, ainsi que de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah mort le 27 septembre dernier, un martyr auprès du peuple libanais. Car ils vont estimer que leur chef tué, ces mouvements vont forcément se déliter dans la foulée. Or, le Hezbollah montre sa réactivité, envoyant des drones contre Israël, ciblant même la résidence de Netanyahu (cf lien n°5). Autrement dit, ces mouvements armés pourraient prendre la forme d'une hydre de Lerne dont on pourrait couper une tête mais une autre repousse aussitôt. Et il n'y a pas que le Hamas ou le Hezbollah dans l'affaire. Il y a le Djihad islamique ou encore la branche armée du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ce dernier se démarquant des autres par une orientation communiste, laïque, tout en défendant l'idée d'un État binational "de la mer au Jourdain".

Et si d'aventure des sanctions économiques ou une récession s'observent en Israël, cela donnerait une atmosphère comparable à celles des dernières années du régime d'apartheid en Afrique du Sud car en plus des difficultés économiques - boycott international -, de l'activisme du Congrès national africain (ANC) et de sa branche armée au niveau intérieur; le pouvoir sud-africain de l'époque était en guerre dans l'actuelle Namibie puis en Angola, au nom de la lutte contre le communisme dans le contexte de la guerre froide. Et l'ANC intensifia la lutte armée, car d'autres mouvements en firent autant comme le Congrès panafricain d'Azanie ou l'Organisation du peuple azanien par exemple, tout en négociant la libération de Nelson Mandela, devenu un martyr vivant de la lutte anti-apartheid, aux côtés du martyr (mort) Steve Biko, qui ne faisait pas partie de l'ANC. Un tel scénario tend à être plausible en Israël/Palestine, avec un Hamas qui sortirait renforcé politiquement, malgré la mort de son chef. À moins que le Fatah, qui est théoriquement le parti dominant de l'Autorité palestinienne, sorte de sa léthargie politique et envisage même un retour dans la lutte armée pour convaincre le peuple palestinien de son utilité ou bien obtenir la libération de Marwan Barghouti, fortement comparé à Mandela d'ailleurs, pour tracer une issue politique dans une guerre qui dure depuis 1948.

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