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Une victoire à la Pyrrhus pour l'ANC?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Rodger Bosch/ AFP

Photo: Rodger Bosch/ AFP

Les résultats des élections générales du 7 mai en Afrique du Sud sont tombés. Le Congrès national africain (ANC, gauche) demeure vainqueur, avec 62,2% des voix, permettant au président Jacob Zuma de pouvoir rester 5 ans de plus à la tête de la nation arc-en-ciel. Loin derrière, suivent l'Alliance démocratique (DA, droite libérale), d'Helen Zille, qui comptabilise 22,2% des voix, et un nouveau parti, les combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale), de Julius Malema, ancien président de la ligue des jeunes de l'ANC, complète le podium, avec 6,4% des voix. Malema entre ainsi au Parlement, après ses multiples provocations racistes envers les blancs, notamment les Afrikaners, provoquant en 2012 son éviction de l'ANC, et un style de vie de "petit marquis", qui ferait passer Aquilino Morelle pour un ange, soit dit en passant.

Ces résultats semblent flatteurs pour l'ANC, d'autant plus qu'il a joué sur l'héritage de Nelson Mandela, leader de l'ANC et premier président noir d'Afrique du Sud en 1994, mort en décembre 2013. Mais à y regarder de plus près, il y a quand même une sanction envers le parti centenaire, en raison des affaires internes qui ont pollué la vie politique ces dernières années. Par exemple, le président Zuma qui se permet de faire construire une nouvelle propriété privée dans sa province du KwaZulu-Natal, partiellement financée sur des fonds publics, pour son confort personnel et celui de ses 4 épouses. Le score de l'ANC baisse par rapport aux élections de 2009 (65,9%), celui de DA croît assez vite puisqu'en 2009, le principal parti d'opposition n'avait récolté que 16,7% en 2009, l'émergence d'EFF au détriment du Congrès du peuple (COPE), également issu d'une scission de l'ANC, puisque le COPE a comptabilisé 0,7% des voix, contre 7,4% il y a 5 ans de cela.

Mais le plus important, c'est que l'abstention grimpe petit à petit, mais monte en puissance. En 2009, elle était de 22,3%. En 2014, c'est 26,6%! C'est signe d'une sanction, d'une désaffection de la part d'électeurs, notamment les mineurs, les jeunes ou les habitants des townships, touchés par le chômage et la précarité, déçus par la gestion de l'ANC depuis 20 ans. Finalement, comme tout autre démocratie ces derniers temps, la classe prolétaire sud-africaine aspire à moins voter car le sens de l'intérêt général se perd de la part des élus, et notamment ceux de l'ANC, désormais entrain d'acter sa mue social-démocrate, voire sociale-libérale, et de plus en plus au service d'une bourgeoisie noire, alliée à la bourgeoisie blanche qui s'est maintenue après le régime d'apartheid.

Pour les anglophones, voici la version anglaise de cet article. Vous n'avez qu'à cliquer ici.

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