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La grève dans l'histoire

Publié le par JoSeseSeko

La grève dans l'histoire

Quelque part, au moment des élections européennes du 25 mai dernier, la majorité des électeurs ayant voulu s'abstenir a voulu honorer le droit de grève, en faisant la grève du vote.

En effet, ce 25 mai 2014 correspondait au 150ème anniversaire de la loi Ollivier, du nom du député du 2d Empire qui en fut le rapporteur. Cette loi permit l'autorisation aux ouvriers de se coaliser, et légalisa le droit de grève. C'est une tactique de l'empereur Napoléon III, qui assistait en 1864, à une poussée des républicains dans le Corps législatif, même s'ils restent minoritaires face aux bonapartistes, pour calmer ces républicains, et surtout, calmer les prolétaires dans un contexte de chômage de masse, lui-même dépendant du contexte géo-politique de l'époque (Guerre de Sécession aux États-Unis, intervention française au Mexique). D'autant plus que les mouvements socialistes commencèrent à préparer une réunion internationale, qui eut effectivement lieu en septembre 1864, connue sous le nom de l'Association internationale des travailleurs ou 1ère Internationale.

En fait, la loi Ollivier de 1864 abroge une loi issue de la Révolution française que fut la loi Le Chapelier. Le député de la Constituante, Isaac Le Chapelier, a préparé une loi en septembre 1791, visant à interdire toutes les corporations qui existaient à cette époque-là en France, toute coalition ouvrière devint interdite (donc pas de syndicat toléré) et suppression du droit de grève. D'ailleurs, une des conséquences de cette loi, qui suit le principe de libre entreprise défendu par les physiocrates sur la 2de moitié du XVIIIe siècle (Quesnay, Turgot, du Pont de Nemours, etc.), premiers économistes libéraux dans l'histoire de la pensée économique, c'est la disparition des Universités et facultés de médecine, telles la Sorbonne par exemple. Avec le temps, la loi Le Chapelier fut renforcée par Napoléon Bonaparte en 1803 avec le livret ouvrier, obligeant tout prolétaire d'avoir un papier sur lui sous peine d'emprisonnement, tout comme un renforcement des peines de prison pour celles et ceux qui organiseraient une coalition ouvrière. Tout cela au bénéfice des industriels, des possédants, ayant ainsi affaire à une main-d'oeuvre à bas coût, et plus exploitable car pas protégée par la loi.

Mais 150 ans après, que signifie le droit de grève? Souvent, il est jugé de manière péjorative en France, notamment quand il s'agit de grève des transports. D'autant plus que le droit de grève a connu des restrictions ces dernières années, avec l'instauration du service minimum dans la fonction publique par exemple. Je parle, sur ce paragraphe, de la fonction publique car elle est considérée comme le secteur d'activité où il y a le plus de grèves, en phase avec le fait que les salariés du secteur public sont plus syndiqués que les salariés du privé. Du coup, la question du syndicalisme se pose. Les syndicats gardent une certaine cote aux yeux des français pour défendre les droits des travailleurs mais paradoxalement, les français ne sont guère syndiqués. D'ailleurs, la France demeure le pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) où le taux de syndicalisation (nombre de syndiqués/nombre d'actifs) est le plus faible.

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