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Des pistes pour une VIe République

Publié le par JoSeseSeko

Des pistes pour une VIe République

Depuis plusieurs semaines, un mouvement sur les réseaux sociaux appelle à l'organisation d'une 6eme République en France. Ce mouvement pour la VIe République est né suite au départ de Jean-Luc Mélenchon de la coprésidence du Parti de gauche (une des principales composantes, avec le Parti communiste, du Front de gauche -FG-), qu'il a fondé fin 2008. Toujours est-il que plus de 35.000 personnes ont signé la pétition et l'objectif affiché est d'atteindre 100.000 signataires.

Une volonté ancienne

Certains esprits mal intentionnés pourraient dire que l'ancien candidat du FG à la présidentielle de 2012 uniquement par opportunisme, avec pour horizon l'élection de 2017. C'est méconnaître le parcours de cet homme. Cette idée de 6e République est dans sa pensée depuis près de 20 ans, quand il faisait partie de l'aile gauche du Parti socialiste (PS). Le projet de VIe République était déjà défendu en 2012. Mais il n'était pas le seul. Arnaud Montebourg, l'ex-ministre de l'Économie, défend également cette idée. Sans doute les deux politiciens s'inspirent de François Mitterrand, du moins, le Mitterrand des années 1960 quand ce dernier brocardait la Ve République qui nous régit, avec la possibilité de Coup d'État permanent par le pouvoir présidentiel, ce dit coup d'État renforcé paradoxalement par l'élection du président de la République au suffrage universel. Néanmoins, François Mitterrand s'en est bien accommodé une fois au pouvoir, de 1981 à 1995.

Il est clair que si une VIe République verrait le jour, elle devrait réduire le pouvoir exécutif (Président/Premier ministre) et renforcer le pouvoir législatif (Assemblée nationale) de telle manière à ce qu'il y aurait équilibre des pouvoirs.

Questions du Sénat, de la proportionnelle

Parmi les idées que l'on pourrait suggérer dans la mise en place de cette hypothétique Constitution de la VIe République, ce serait la mise en place d'un Parlement unicaméral. Ce qui signifie que l'une des deux chambres actuelles du Parlement (Assemblée nationale, Sénat) disparaîtra. Et vu l'impopularité grandissante du Sénat, ce ne serait pas une grande catastrophe de faire disparaître la chambre haute, bien moins démocratique (suffrage universel indirect), ce serait un gain de temps, de précision du travail pour les lois votées à l'Assemblée nationale, et un retour vers les racines de la République française.

L'autre question juridique est liée au mode de scrutin. Actuellement, la plupart des élections, notamment les législatives, sont des élections au scrutin majoritaire. Le gouvernement sous majorité PS a prévu pour les législatives de 2017 un scrutin à la proportionnelle pour 10% des sièges de députés. Juste une portion congrue. Et si ça pense pouvoir convaincre les électeurs de voter, c'est les considérer comme des cons. S'il faut mettre une bonne dose de proportionnelle, tout en étant capable de faire dégager une majorité gouvernementale, avec un ou plusieurs partis politiques, il ne serait pas idiot de s'inspirer du Japon. En effet, l'empire du Soleil Levant a fait une réforme électorale de la Chambre des représentants (équivalent de l'Assemblée nationale) dans les années 90, avec 60% des députés japonais élus dans un scrutin majoritaire, et les 40% restants élus à la proportionnelle. Ce qui permet d'avoir une représentation plus proche de la réalité des votes des électeurs, car plus diversifiée, mais aussi une majorité qui peut être solide.

Cependant, est-ce que cela réconciliera les électeurs, notamment les prolétaires, avec le suffrage universel? Rien n'en est sûr car au fond, cela dépendra des partis politiques à diversifier les origines sociales de leurs candidats. Et vu la tendance à la professionnalisation de la vie politique, la désaffection et l'impression d'un suffrage censitaire déguisé pourraient l'emporter (hélas).

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