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Thierry Lepaon sur la sellette au sein de la CGT

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Nicolas Tucat

Photo: AFP/Nicolas Tucat

La Confédération générale du travail va organiser une réunion lundi 15 décembre, qui pourrait tourner au départ pour Thierry Lepaon, actuel secrétaire général du syndicat.

Une atmosphère digne du règlement de comptes à O.K Corral se fait sentir au sein de la CGT. Une réunion des dirigeants du plus ancien syndicat hexagonal, fondé en 1895, se tiendra lundi 15 décembre à Montreuil, au siège de la centrale syndicale, pour statuer sur le mandat de Thierry Lepaon en tant que secrétaire général.

Des comptes qui ne passent pas

La cause principale de cette réunion de crise est la diffusion, par la presse (Canard enchaîné, etc.) que le logement de fonction de Thierry Lepaon, actuel secrétaire général de la CGT, a subi des travaux de rénovation de plus de 100.000 euros, entièrement payés par le syndicat. Ce qui a du mal à passer au sein d'une base syndicale déconcertée; certains syndiqués se demandant si ça vaut la peine de renouveler sa cotisation annuelle pour rendre la vie plus agréable au numéro un de la centrale syndicale, tel un privilégié. Mais ce n'est pas tout, il aurait reçu des indemnités de départ (31.000 euros) de la part de la fédération CGT Basse-Normandie au moment de prendre la tête de la confédération en 2013, d'après l'hebdomadaire Marianne. En outre, le trésorier de la CGT, Eric Lafont, a démissionné de son poste le mardi 9 décembre, désigné tel le bouc-émissaire idéal pour Thierry Lepaon.

Appel à la démission

La crise interne pourrait passer si certaines fédérations ne bougeaient pas. Or, le secrétaire général est sur la sellette avec cette histoire, et des voix se font entendre pour appeler à sa démission. La première fédération de la CGT qu'est celle des Services publics (85.000 adhérents), par la voix de sa commission exécutive, plaide pour "la démission de Thierry [Lepaon] de son mandat de secrétaire général dans les plus brefs délais." Plus précisément, avant le 13 janvier, date de réunion du Comité confédéral national. Passé ce délai, elle menace de poser "un mandat de révocation du secrétaire général." Ce serait triste d'aller vers cette radicalité.

La deuxième fédération la plus puissante, à savoir la Fédération de la Santé (70.000 syndiqués), emboîte le pas, élargissant la démission à l'ensemble du bureau confédéral du syndicat. D'après le journal Atlantico (voir lien à la fin de l'article), il s'agirait de luttes intestines entre anciens dirigeants de la CGT virés depuis le départ de Bernard Thibault, prédécesseur de Thierry Lepaon comme secrétaire général, et qui comptent bien saisir leur revanche.

Une bureaucratisation effrayante

N'empêche, cette crise montre à quel point les syndicats, en ce début de XXIe siècle, sont devenus des machines bureaucratiques, avec une direction en proie à des luttes intestines, qui pourrait démotiver la base syndiquée. En outre, quand un syndicat tel la CGT, rassemble plus de 600.000 membres, donne une telle image de sa gestion, ça doit bien faire rire le patronat, ravi du spectacle offert, et renforce le manque de crédibilité, d'attirance que peut avoir une "coalition ouvrière", chargée de défendre les intérêts des salariés. Déjà que la syndicalisation en France est faible, elle ne risque pas d'être grandie dans cette affaire.

Encore qu'il n'y a pas que la CGT comme syndicat. D'autres, tels la Confédération nationale du travail (anarcho-syndicalisme), SUD, Force ouvrière (réformisme), la Confédération française démocratique du travail (social-démocratie) ou encore la Confédération française des travailleurs chrétiens (syndicalisme chrétien). Néanmoins, pour beaucoup, la bureaucratisation les concerne également, avec pour conséquence une certaine distanciation entre la direction et les syndiqués. Et dire qu'on célèbre (en catimini) le 150e anniversaire de la loi Ollivier, autorisant le droit de grève.

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