L'austérité, tant exigée par certains, notamment l'Allemagne, 1ère économie de l'Union européenne (UE), pousse à mettre la pression sur d'autres, comme la France et l'Italie, lundi 8 décembre.
S'il y a une formule économique qui est utilisée en boucle ces dernières années sur le continent européen, c'est la baisse des dépenses publiques. Un principe pour les partisans, tellement ils sont effrayés par les niveaux de dépenses des États membres de l'UE, et notamment de la France. L'Allemagne le rappelle volontiers à ses partenaires, quitte à se montrer arrogante et à recevoir des répliques verbales, comme celle de Jean-Luc Mélenchon, eurodéputé du Front de gauche.
Pression sur la France et l'Italie
Lors du sommet de l'eurogroupe, regroupant les ministres des Finances de la zone euro, le ministre allemand Wolfgang Schaüble, a tenu à saluer les efforts de ses homologues français et italien en matière de réformes, de réduction des dépenses publiques, tentant ainsi d'éteindre la polémique lancée par la Chancelière Angela Merkel, irritée par le manque de résultats de la France et de l'Italie sur les comptes publics, appelant à de plus amples coupes budgétaires. Ce qui a mené à la réaction, en allemand du reste, de l'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon.
Cette irritabilité palpable du côté de Berlin peut s'expliquer par le fait que Paris et Rome ont du mal à connaitre la croissance, voire pis pour les transalpins, sous la menace d'une forte récession. Mais cela a également des répercussions sur l'Allemagne, qui voit son économie rentrer dans le rang de manière très inquiétante.
L'illusion du plan Juncker
Cette polémique a le mérite de montrer que la logique de l'austérité reste prioritaire dans l'UE, malgré l'annonce du plan Juncker ces derniers jours. Mais ce plan, dans sa conception, cherche au minimum à utiliser de l'argent public et jette la pièce en l'air pour espérer un effet de levier énorme, permettant au secteur privé de contribuer à remettre l'activité européenne sur pied.
Le problème, c'est qu'à vouloir couper les dépenses publiques tous azimuts, les entreprises se retrouveraient privées de la commande publique. Mais surtout, en croyant que couper des dépenses publiques suffirait à réduire le déficit public, donc la dette publique, les tenants de cette ligne (économistes orthodoxes) ne font que renforcer cette dernière. Et quand ils font des erreurs de ce genre, aux conséquences fâcheuses pour des économies nationales, ils ont du mal à le reconnaître.
Compression salariale
Puis, à force de vouloir freiner la demande publique, et de jouer ainsi sur la demande globale, les tenants de l'austérité provoquent des problèmes de stock pour les entreprises, qui se retrouvent ainsi obligées soit de diminuer la production, de diminuer les emplois en leur sein, de diminuer les prix ou de diminuer les salaires. Dans des pays comme la Grèce ou l'Espagne, dont le Mainstream économique raconte qu'ils sortent maintenant de la crise (alors que ces pays sont loin d'avoir retrouvé leur niveau de 2007), la répartition salariale se fait de plus en plus au bas de l'échelle.
Du côté de Madrid, désormais plus d'un tiers des salariés vivent au niveau, voire en-dessous du salaire minimum qui est de 645 euros par mois de l'autre côté des Pyrénées (voir lien à la fin de l'article). Signe des temps d'austérité, cette part a cru ces dernières années, et ce sont surtout les plus jeunes qui sont les plus concernés dans cette histoire. Ce qui peut d'ailleurs expliquer la dynamique favorable au parti de gauche radicale Podemos, issu du Mouvement des Indignés de mai 2011.
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