Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les dirigeants africains sont les boulets du continent

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/ ZACHARIAS ABUBEKER

Photo: AFP/ ZACHARIAS ABUBEKER

L'Afrique est un continent en croissance. Mais cette croissance est à peine visible pour l'ensemble de la population car les pouvoirs en place montrent davantage de complaisance pour une élite africaine et pour les puissances non-africaines, préservant ainsi leurs intérêts.

Est-ce que l'Afrique est encore le "parent pauvre" du monde? Économiquement parlant, cette thèse est de moins en moins crédible puisque le continent, notamment sa partie subsaharienne, affiche une croissance enviée par nombre de pays développés, en particulier ceux de l'Union européenne. Néanmoins, si l'élévation de la richesse africaine est quantifiée, elle ne découle pas sur une amélioration du niveau de vie car dans ce cas, un virus tel Ebola n'aurait pas tué autant de personnes (surtout des pauvres) l'année dernière en Afrique de l'ouest.

Une classe politique obsédée par le pouvoir

L'une des premières causes de ce manque de répartition se situe au niveau de la classe politique. Les dirigeants africains sont des hommes (et femmes) littéralement obsédés par le pouvoir et dès qu'ils l'ont, ils s'y accrochent de manière dérisoire, comme un skieur à son tire-fesse (Joseph Kabila en République Démocratique du Congo; Robert Mugabe au Zimbabwe; José Eduardo Dos Santos en Angola; Denis Sassou-Nguesso au Congo; Paul Biya au Cameroun; Paul Kagame au Rwanda; etc.).

Dans ce genre de situation, où la carrière politique prime sur le travail réalisé, il n'est guère étonnant que la corruption s'étale, que les missions de service public (éducation, fiscalité, santé, armée, justice, transports, etc.) s'étiolent et que le sentiment que les leviers de commande sont aux mains d'un petit nombre (pas uniquement composé d'africains) qui "fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne" soit de plus en plus prépondérant au sein d'une partie de la population, qui a saisi le système en place. Et si elle s'y oppose, rappelant la question sociale et la nécessité d'améliorer le sort de la classe défavorisée, elle se fait flinguer. Ce qui renforce une méfiance envers les politiciens, comme c'est le cas en Afrique du Sud par exemple. Mais à vouloir trop rester au pouvoir, le vent pourrait se retourner. L'exemple du Burkina Faso l'a démontré, puisque Blaise Compaoré voulait encore se représenter, en violant du coup la Constitution burkinabé, et la population lui a indiqué la sortie.

Une clientèle étrangère choyée

Du coup, la place est grande pour les investisseurs étrangers, qui peuvent tirer un monopole sur les activités économiques, vu que l'État est peu présent et que la classe politique est à leur solde. Cette place s'explique souvent par le passé colonial (des firmes françaises, anglaises, belges qui dominent des secteurs économiques dans les anciennes colonies), ou par la logique néo-coloniale (implantation états-unienne, chinoise, russe ou indienne), de telle manière à ce que la portion congrue, dévolue à l'État ou aux investisseurs locaux soit faible, mais malgré tout bien avantageuse pour la classe dominante africaine.

Des exemples? On peut citer les contrats de concession pour les secteurs énergétiques (pétrole, gaz), qui sont les plus avantageux pour les firmes en Afrique. Surtout pour le pétrole car la majorité des recettes va directement dans les caisses des compagnies pétrolières telles Total, Eni, Shell ou BP. Dans un contexte de baisse du prix du baril, c'est l'État, la population locale qui est la grande perdante car les compagnies pétrolières peuvent amortir ce choc. De même que les accointances entre hommes d'affaires et pouvoirs en place sont fréquentes. Par exemple, l'homme d'affaires israélien Dan Gertler, dirigeant du groupe Fleurette, en bonne entente avec Kabila, pourra bénéficier de l'exploitation pleine et entière de gisements de pétrole au niveau du lac Albert, frontalier avec l'Ouganda.

La fin justifie les moyens

Enfin, ces dirigeants africains, ou ces pantins, peuvent utiliser n'importe quel vice de procédure, quitte à violer la Constitution qu'ils ont eux-même établie, pour rester au sommet. Dans l'ex-Zaïre, Kabila fils, qui ressemble davantage à Joseph-Désiré Mobutu qu'à son père adoptif, Laurent-Désiré Kabila, a fait passer une loi "électorale", prétextant la mise en place d'un recensement qui devrait durer jusqu'en 2017, soit au-delà de la fin de son dernier mandat présidentiel, qui doit se terminer en 2016. Ce qui a rendu les étudiants fous furieux à Kinshasa et dont le président n'a pas hésité à demander aux flics de leur tirer dessus.

Autre cas, c'est invoquer la menace terroriste pour prolonger sa présence au pouvoir. Tel est le cas de Goodluck Jonathan, président du Nigeria. Face à la présence du groupe terroriste Boko Haram dans le nord-est de la première puissance économique du continent, il a obtenu (mais nie l'avoir demandé) un report des élections présidentielles et législatives, prévues le 14 février dernier. Mieux, d'après le journal Jeune Afrique (voir lien ci-dessous), M.Jonathan ferait appel aux États-Unis pour mettre hors d'état de nuire Boko Haram, alors que l'armée nigériane est composée d'un million d'hommes! Du foutage de gueule!

Commenter cet article