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Des élections déjà jouées en Israël?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Olivier Fitoussi

Photo: Olivier Fitoussi

Les élections du 17 mars prochain en Israël semblent être une nouvelle victoire pour la droite conservatrice du Premier ministre Benyamin Netanyahou, dans un climat de tension palpable du côté de Jérusalem.

Il semble être sûr de son fait, comme le Premier ministre japonais Shinzo Abe en 2014. Ça ne semble pas lui échapper. Benyamin Netanyahou, leader du Likoud, parti de droite conservatrice, Premier ministre depuis 2009, est donné favori pour rester à ce poste, après des élections législatives anticipées. En outre, ses alliés de l'extrême-droite pourraient aussi se renforcer à la Knesset (équivalent de notre Assemblée nationale), avec un Avigdor Liberman qui pourrait bien rester à son poste de ministre des Affaires étrangères.

Opposition dispersée mais dangereuse

Face à Netanyahou, qu'y a-t-il? Une opposition morcelée. D'un côté, la centriste Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères du gouvernement d'Ehud Olmert qui fait alliance avec les travaillistes (centre-gauche), formant un bloc qui devrait être potentiellement fort pour concurrencer électoralement Netanyahou et ses alliés de l'extrême-droite colonialiste, sioniste. De l'autre, le Parti communiste israélien a trouvé un accord d'alliance avec les partis représentant (un tant soit peu) les israéliens arabes. Une première qui permettrait à cette coalition hétéroclite (communistes et nationalistes arabes ensemble) d'être a priori la troisième force politique du pays.

On oublie un peu cela mais la population israélienne n'est pas uniquement juive. 20% des israéliens sont arabes (souvent de confession musulmane), une minorité qui compte tout de même car l'un des grands projets du pouvoir actuel serait, selon l'opposition, d'élever le judaïsme comme religion d'État alors que jusqu'à maintenant, la pratique juridique israélienne se base sur la sécularisation, c'est-à-dire une certaine séparation entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux. Ce n'est pas cependant une laïcité comme on l'entend en France.

Appels du pied

La stratégie appliquée par le Premier ministre israélien consiste à faire des appels du pied aux juifs établis ailleurs dans le monde, notamment en France, suite aux événements tragiques de janvier dernier. Un jeu sur la peur de l'antisémitisme est mis en place. L'immigration affiche d'ailleurs des demandes record, ces derniers temps. Mais quelle en est la conséquence? C'est le renforcement de la colonisation en Cisjordanie, au mépris de la Palestine et de la communauté internationale.

Impunité totale

Si Netanyahou reste au pouvoir, ce sera un nouveau bras d'honneur fait au monde. Déjà, en janvier, il s'est fait remarquer en refusant tout envoi de soldats israéliens devant la Cour pénale internationale (CPI), au sujet de l'opération "bordure protectrice" contre Gaza en juillet 2014. Son ministre des Affaires étrangères, Liberman, en a profité pour demander aux alliés de Jérusalem (États-Unis; Rwanda; etc.), à ne pas financer la CPI. À croire qu'ils ont des choses à se reprocher et qu'ils ne veulent pas être jugés par autrui!

Bref, "le David enfant est devenu Goliath", comme le chantait le groupe de rap français IAM en 1993. Ça n'a pas pris une ride, hélas!

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