Le "je m'en foutisme" des élections départementales

Publié le par JoSeseSeko

Le "je m'en foutisme" des élections départementales

Alors que les élections départementales sont prévues à la fin du mois, il y a une atmosphère d'oubli, de mise à l'écart de cette échéance, par la classe politique et les médias dominants. Ce qui est bien irresponsable.

Ça ne fait guère de bruit, mais pourtant ça approche, les élections! Le 22 et 29 mars prochains, les électeurs français seront appelés à voter leurs conseillers départementaux. La plupart des observateurs estiment que ces élections sont perdues d'avance pour le Parti socialiste (PS) au pouvoir (considéré comme de gauche, alors qu'il est plutôt proche du centre-gauche depuis quelques temps), que l'ensemble de la gauche considérée pour certains comme "authentique" ("passéiste" du côté du gouvernement) pourrait être balayé, que l'Union pour un mouvement populaire (UMP) devrait logiquement l'emporter, et que le Front national (FN) devrait avoir quelques départements dans sa poche.

Un dogme verrouillé

Ça, c'est le dogme, largement répandu par la grande presse écrite, puis dans l'audiovisuel. Il faut dire que les 3 partis politiques que j'ai cité explicitement (PS; UMP; FN), sont ceux qui ont la plus grande exposition médiatique. D'après le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), cette triade bénéficie de 76 à 93% du temps de parole sur les chaînes d'information, sur la période allant du 9 au 20 février. Et ce n'est pas nouveau, la tendance était déjà semblable lors des élections européennes de 2014, consacrant le FN, qui monte au niveau médiatique d'abord pour monter électoralement. Ce qui me fait rappeler à quel point médias et partis politiques peuvent avoir des liaisons dangereuses.

Mais il y a mieux. Le même CSA indique combien les temps de parole, dans les chaînes d'information (BFM TV; I-Télé; LCI) ou dans les chaînes généralistes (TF1; France 2; France 3; France 4; France 5; M6; Canal+; etc.), est très court durant cette période. Entre 15 et 25 minutes sur les chaînes d'info, moins de 8 minutes sur les chaînes généralistes! Vous voyez à quel point on verrouille ce sujet, alors que les citoyens sont concernés au premier chef.

Scénario écrit d'avance?

Du coup, le scénario décrit au début de cet article semble irrémédiable, inchangeable. Et pourtant, il y a des modifications. Du côté de la gauche radicale par exemple, le Front de gauche organise des alliances avec les écologistes, de manière à pouvoir concurrencer plus fortement le PS, qui se croit toujours avoir le monopole de la gauche française à lui seul, depuis le coup fourré du renard François Mitterrand et l'Union de la gauche dans les années 1970. Et ce qui s'est passé autour de la loi Macron et du 49-3 utilisé par le Premier ministre Manuel Valls, renforce cette idée d'autonomie, d'intransigeance, pour cette part de la classe politique française.

Puis, la grande inconnue du scénario, c'est l'abstention. A priori, elle serait record, notamment du côté des ouvriers, des employés, bref, de groupes sociaux prolétarisés avec le temps. Ce qui pourrait renforcer l'idée de suffrage censitaire déguisé, comme je le pense (hélas), depuis quelques temps. Mais certains ont l'idée que les attaques "terroristes" de janvier dernier pourraient souffler un sursaut démocratique. C'est un peu naïf de le croire, mais après tout, rien n'est impossible dans ce monde.

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