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Constante macabre d'une négrophobie made in USA

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/LAURA BUCKMAN

Photo: AFP/LAURA BUCKMAN

Les meurtres de citoyens états-uniens noirs par des policiers blancs puis la riposte envers ces forces de l'ordre montrent à quel point le racisme institutionnel est puissant outre-Atlantique et la faiblesse de Barack Obama sur ce point. Un enjeu qui compte pour la prochaine élection présidentielle, qui pourrait faire de la place pour certains "Tiers partis".

Le slogan "police partout, justice nulle part" doit résonner dans les esprits des Afro-descendants de nationalité états-unienne ces derniers jours. Début juillet, à Bâton Rouge (Louisiane), un afro-descendant se fait tuer à bout portant par un policier blanc, aidé par un collègue, clouant la victime au sol, au niveau d'un petit commerce. Quelques jours plus tard, à Falcon Heights (Minnesota), un autre afro-américain se fait descendre par un policier blanc, dans sa voiture et sous les yeux de sa femme et de son enfant de quatre ans.

Une impunité qui pousse à la vengeance

Face à ces crimes commis de sang froid, des manifestations de mouvements afro-américains, qui se sont constitués depuis l'été 2014, avec la sordide histoire du meurtre de Micheal Brown à Ferguson (Missouri), se sont multipliées à travers le pays, réclamant une justice véridique en l'honneur des disparus. Un vœu pieux car plusieurs affaires mêlant des policiers blancs tuant des citoyens noirs (avec preuves en image) ont abouti à des relaxes. Ce qui motive des idées de vengeance. Comme à Dallas (Texas), où suite à une manifestation, Micah Johnson, un ancien réserviste ayant servi en Afghanistan, tua cinq policiers blancs jeudi 7 juillet, en raison des exactions commises par une police blanche à l'égard de citoyens noirs.

Peu après cette fusillade, le président Barack Obama, en fin de mandat et attendant qui va le succéder à la Maison-Blanche, déclara que justice "sera rendue" auprès des familles des policiers tués. Et pour celles des victimes de la violence policière? M. Obama n'en pipa mot, laissant interpréter l'impunité qu'offre le racisme institutionnel pour les blancs travaillant dans des fonctions régaliennes (police, justice, armée). Il ne reste plus qu'aux "non-blancs" de pouvoir raser les murs, s'ils en veulent pas se prendre une balle - minimum! - à bout portant. Enfin, lors de l'hommage rendu aux policiers, George W. Bush, prédécesseur d'Obama à la présidence, fit quelques mouvements, apparemment de bonne humeur, qui ont irrité certains de ses proches. Signe qu'à "chaque chose, malheur est bon" (cf lien).

Bataille du port d'armes

L'un des arguments utilisés par les policiers blancs incriminés pour se constituer en cas de légitime défense, c'est que leurs victimes seraient armées. Or, plusieurs témoignages indiquent que ces victimes - notamment des jeunes, voire des enfants! - ne portaient pas d'armes, ou dans le pire des cas, un pistolet à eau!

ces histoires, tout comme la tragédie d'Orlando, où 50 personnes furent assassinées dans une boite de nuit gay par un individu se réclamant de l'État islamique, rappellent la problématique du port d'armes aux États-Unis. Près de 300 millions d'armes sont en circulation dans le pays, pour pour une population de 310 millions d'habitants. Le président Obama est tenté de légiférer sur le sujet mais d'une part, le Congrès est acquis à l'opposition, et d'autre part, le lobby des armes refuse toute législation, invoquant le deuxième amendement de la Constitution de 1787, autorisant le port d'armes à l'ensemble des citoyens états-uniens. Il faut dire qu'en 1787, les "pères fondateurs" étaient des esclavagistes notoires.

Indignation sélective

L'annonce de ces nouveaux homicides envers des noirs suscite une grande indignation du côté des afro-descendants vivant dans d'autres pays occidentaux, notamment en France. D'ailleurs le mouvement Black lives matter organise un débat, ce 14 juillet, place de la République, sur la question des violences policières aux États-Unis et en France avec le collectif Urgence notre police assassine. Peut-être que ça intéressera certains d'entre vous, chers lecteurs.

Néanmoins, l'indignation profonde et sincère pour les victimes afro-descendantes outre-Atlantique, semble démontrer une sélection de la part des afro-descendants français. Certains d'entre eux, qui ne minorent pas les violences policières, sont agacés de l'attention portée sur les États-Unis alors que des exactions se font régulièrement en Afrique sans que ça ne crée une vague d'émotion importante. Par exemple, des membres de la diaspora congolaise (ou congo-zaïroise) tentent d'alerter l'opinion sur divers massacres dans l'Est de l'actuelle République Démocratique du Congo. Force est de constater que ça ne passionne guère les foules! D'où un certain ressentiment qui peut s'exprimer sur les réseaux sociaux:

  • "Quand un noir meurt au states tous les noirs du monde sont chaud bouillant...mais quand un noir meurt en Afrique en s'en bats les couille... ‪#‎BlackLiveMatter‬ mais ça dépend du lieu de résidence."

Quel impact sur la présidentielle?

Cette série de violences, où la question du racisme institutionnel reprend une place centrale, tombe en pleine campagne présidentielle, sachant que les deux grands partis traditionnels (Parti démocrate, Parti républicain) ont leur champion respectif, à savoir Hillary Clinton et Donald Trump. D'ailleurs, mardi 12 juillet, Bernie Sanders, rival de Mme Clinton à la primaire démocrate a bel et bien renoncé, appelant ses soutiens à défendre l'ancienne Secrétaire d'État, face au magnat de l'immobilier. Cela dit, certains supporters du sénateur du Vermont ne sont guère convaincus à l'idée de se ranger derrière Mme Clinton. Du côté des électeurs afro-descendants, la plupart avait voté pour Obama, mais devant la faiblesse politique du président, ils seraient bien tentés de bouder les urnes, comme le font plus de 40% des électeurs sur les 60 dernières années.

Mais il peut y avoir une récupération politique, à travers les "partis tiers". Le Parti libertarien veut surfer sur l'impopularité de M. Trump au sein de plusieurs donateurs du parti pour rallier des soutiens. De même que le Parti vert pourrait convaincre des électeurs noirs déçus du Parti démocrate, ainsi que les soutiens de M. Sanders qui rechignent à l'idée de voter Clinton.

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