Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Justice et dignité pour tous, il serait temps!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

La marche pour la justice et la dignité a rassemblé plusieurs milliers de personnes entre Nation et République, sur motif de dénonciation des violences policières et du racisme institutionnel en France, à l'aube d'une élection présidentielle bien différente des précédentes.

"Pas de justice, pas de paix", "on n'oublie pas, on ne pardonne pas", "police partout, justice nulle part". Voici quelques slogans scandés parmi d'autres par plus de 10.000 manifestants, dimanche 19 mars, à Paris, lors de la marche pour la justice et la dignité entre la place de la Nation et la place de la République. Certains, comme l'économiste Frédéric Lordon, présent dans cette marche par l'intérêt qu'il porte sur la question du racisme institutionnel, estime que l'événement organisé principalement par des familles de victimes de violences policières a rassemblé entre 15.000 et 20.000 citoyens.

"Une démonstration de force"

Cette manifestation est surtout vue par des militants comme une "démonstration de force" de la part des habitants des banlieues, des Français non-blancs ayant davantage à subir les forces de l'ordre (social), ainsi que l'impunité qui entoure généralement ces dernières. Mais à force, ça pousse des personnes à remettre en cause l'État et la justice, à l'instar d'Amal Bentounsi, fondatrice du collectif Urgence notre police assassine, qui a réussi à obtenir une condamnation "symbolique" - 5 ans avec sursis, 5 ans d'interdiction de port d'arme - du policier Damien Saboundjian qui a tué Amine Bentounsi, le frère d'Amal, en 2012. Cette manifestation est un rappel au sujet des violences policières qui sont loin d'être anciennes, telles la mort d'Adama Traoré en juillet 2016 ou le viol de Théodore Luhaka en février dernier, qui a été requalifié en violence, en dépit de l'envoi de la matraque dans les parties génitales. Sans oublier combien les familles, déjà endeuillées ou affectées, peuvent être vites persécutées par le combo policier, judiciaire et médiatique. L'acharnement que subit la famille Traoré depuis juillet 2016, avec l'arrestation de Bagui Traoré, frère du défunt, par exemple; ou les soupçons de malversation au sein de la famille Luhaka, sont des occasions pour porter le discrédit.

Crainte de la récupération

Mais certains manifestants, qui ont en mémoire les suites de la marche de la dignité du 31 octobre 2015, craignent que cette manif ne débouche sur pas grand-chose, voire qu'elle se fasse récupérer au niveau politique et médiatique. "Cette manifestation est nombreuse mais je crains que les médias n'insistent que sur les blancs qui sont présents" juge une jeune manifestante non-blanche. Il faut dire que les partis de gauche radicale, tels le Nouveau parti anticapitaliste, Lutte ouvrière, Ensemble! et notamment le Parti de gauche, se sont joints au cortège. Ce dernier parti, fondé par Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle, est soupçonné de défendre l'idée que la police républicaine "doit être nettoyée des éléments qui salissent l'institution", alors que pour la majorité des manifestants, il s'agit de dénoncer, de combattre le racisme institutionnel dans la police (cf lien n°1).

De même que l'autre crainte des manifestants est que les milieux autonomes ou les Black blocs en profitent pour vouloir en découdre avec les forces de l'ordre (social), comme au temps des manifestations contre la loi travail au printemps 2016. De ce côté-là, ils ont su montrer une certaine discipline car aucun incident notable n'a été répertorié par les mass media. Signe que les appels à la non-violence ont été entendus quelque part (cf lien n°2).

En tout cas, l'idée d'une convergence des luttes s'est plus matérialisée et il ne manquerait plus que mobiliser des références communes (C.L.R James, Aimé Césaire, Frantz Fanon, etc.) pour que la dynamique soit des plus intéressantes.

Commenter cet article