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Le fossoyeur Valls ou le boulet En Marche

Publié le par JoSeseSeko

Photo: EREZ LICHTFELD/SIPA

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L'appel du pied lancé par Manuel Valls, ce matin, auprès d'Emmanuel Macron et de son mouvement En Marche, suscite les railleries sur les réseaux sociaux et le refus du côté des proches du futur président de la République. Et à vouloir s'entêter, il va se prendre une gifle 1000 fois méritée!

"Je serai candidat de la majorité présidentielle". Voilà la déclaration du jour signée Manuel Valls, au micro de la radio RTL, mardi 9 mai. Candidat aux élections législatives dans la première circonscription de l'Essonne, dont il est le député sortant, l'ancien Premier ministre (2014-2016) précise sa pensée en voulant "s'inscrire" au mouvement En Marche, fondé par Emmanuel Macron, afin de permettre au nouveau mac de la politique française bouffant à tous les râteliers, de bénéficier d'une large majorité à l'Assemblée nationale afin d'appliquer à sa guise son programme auquel lui et ses soutiens croient que les électeurs auraient approuvé lors du second tour de l'élection présidentielle, dimanche 7 mai.

Le fossoyeur du PS

Durant ce passage chez RTL, il en a profité pour indiquer que le Parti socialiste (PS) "est mort, derrière nous" tout en affirmant un attachement "à son histoire, à ses valeurs". Il y a de quoi rire quand on y songe sérieusement. En effet, Valls reste pour beaucoup le fossoyeur du PS, emportant le reste de la gauche dans la tombe socialiste. Du moins, c'est ce qu'il pouvait espérer mais en faisant cela, il a réveillé une radicalité qui s'est retrouvée en la personne de Jean-Luc Mélenchon avec le mouvement la France insoumise. Il faut tout de même reconnaitre le talent qu'a Valls de détruire un parti hégémonique à gauche, son histoire et ses valeurs auxquelles il clame s'y référer chez RTL.

Mais aussi, en étant le fossoyeur du PS, l'ancien Premier ministre a révélé bien des choses. D'abord, la droitisation de ce parti, qui fait que durant les manifestations contre la Loi travail et les utilisations de l'article 49.3 de la Constitution, des membres de Nuit Debout ont fait comme serment: "Nous ne voterons plus PS". Message reçu 5/5 avec 6,36% des voix pour Benoît Hamon au premier tour, le 23 avril dernier. Ensuite, le fraternalisme de ses membres, comme une large majorité de la gauche française par ailleurs, avec le défoulement rageur lors des polémiques sur le burkini ou le camp d'été décolonial à l'été 2016, les propos négrophobes de Laurence Rossignol en mars 2016, ou encore le soutien à l'exposition Exhibit B en novembre-décembre 2014. Bref, Aimé Césaire reviens, ils sont cons!

Raillerie massive

L'annonce de Valls a vite suscité des réactions sur les réseaux sociaux. Et le moins que l'on puisse, c'est que l'ancien ministre de l'Intérieur est largement moqué, à juste titre, sur son insistance à vouloir être dans le camp du vainqueur, pour bien se faire voir. Un petit florilège s'impose donc!

En marche embourbé

Cet appel du pied volontaire de la part de Valls ne fait pas sourire En Marche. L'un des porte-paroles du mouvement, Jean-Paul Delevoye, estime qu'il faudra analyser le cas de la circonscription de Valls d'ici jeudi 11 mai car En Marche avait déjà prévu une candidate (cf lien n°1). Un autre membre du mouvement, Christophe Castaner, ancien membre du PS d'ailleurs, veut que Valls fasse acte de candidature.

En tout cas, tout le monde politique se presse à être dans le camp du vainqueur car avant Valls, Bruno Le Maire, membre du parti les Républicains, laissait entendre une possibilité d'entrer au gouvernement, d'offrir ses services. Ce à quoi François Baroin, principal meneur de la campagne du parti de droite aux législatives menace de l'expulser du parti si Le Maire comptait agir de la sorte. Et paradoxalement, En Marche semble embourbé par ces soutiens encombrants. À tel point de Delevoye tente de clarifier en déclarant que les candidats du mouvement pour les législatives - y en aura-t-il dans les 577 circonscriptions françaises? - seront issus de la société civile, afin de prouver la volonté de changement, de renouvellement de la classe politique, mais que ces candidats pourraient être des "maires et des conseillers régionaux" (cf lien n°2). Donc dans la pure tradition cumularde de cette Ve République qui donne la gerbe à des millions de français! Or, il faut rappeler, à des fins utiles et véridiques, que l'élection de Macron dimanche est un immense trompe-l'œil car l'ancien ministre de l'Économie n'a en réalité élu que par 43,6% des électeurs inscrits, étant donné que la part consacrée à l'abstention, aux votes blancs/nuls correspond à près de 34% des électeurs, sans compter le FN de Marine Le Pen (environ 22,3%). Signe d'une défiance énorme de la population envers le futur locataire de l'Élysée, sachant que parmi ceux qui ont voté pour lui, il faut déduire ceux qui ont voté "pour faire barrage au FN". Du coup, on peut comprendre combien l'état-major d'En Marche n'est pas chaud à l'idée de voir des anciennes têtes d'affiche dans ses rangs, qui sont des repoussoirs pour les électeurs, renforçant ainsi les autres mouvements ou partis politiques, tels le FN ou la FI par exemple.

Pression européenne

Enfin, et non des moindres, les partenaires européens ne vont pas rester spectateurs durant ces premiers jours de l'élection de Macron, qu'ils souhaitaient de tout cœur. D'ailleurs, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu à faire passer le message auprès de Macron: "Les français dépensent trop" (cf lien n°3). Traduction: "Faites de l'austérité à tous crins! On sera derrière vous". Le futur président devra jouer l'équilibriste, même si sa pente (sociale-)libérale naturelle lui fera accorder plus d'attention auprès de ses homologues européens et de la classe dominante française. Mais attention à ne pas y aller trop brutalement contre le prolétariat français, qui est de plus en plus écœuré par une Union européenne qu'il aimerait, comme d'autres dans l'espace communautaire, envoyer à la retraite. Or, Macron, le pro-européen tel qu'est l'UE actuellement risque de se retrouver menacé électoralement vu combien le vote prolétaire est allé soit chez Le Pen, soit chez Mélenchon. Ce qui ne veut en aucun cas dire que l'extrême-droite et la gauche radicale se ressemblent, contrairement à ce que disent les éditorialistes qui ont déroulé le tapis rouge pour Macron et qui, tels des chiens de garde, ont systématiquement dénigré la gauche radicale en voulant l'assimiler à l'extrême-droite.

Voilà qui promet une nouvelle poussée de fièvre électorale en France!

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