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Macron, le nouveau mac de la classe politique française

Publié le par JoSeseSeko

Photo: REUTERS/Christian Hartmann

Photo: REUTERS/Christian Hartmann

Au vu de l'enlisement de François Fillon et des ralliements qui viennent, Emmanuel Macron est mis sur un piédestal, affiché comme le nouveau favori de l'élection présidentielle. Et pourtant, le candidat défend une ligne sociale-libérale qui inspire la méfiance.

Dans une interview vidéo du journal Huffington Post, le groupe de rap IAM décrit Emmanuel Macron au travers d'une de ses chansons, Chez le mac, issu de l'album l'École du micro d'Argent sorti en 1997. Un choix perspicace vu comment le candidat du mouvement En Marche bouffe à tous les râteliers de la classe politique française, en espérant être le vainqueur d'une élection présidentielle loin d'être claire et qui a connu de multiples rebondissements ces derniers mois, notamment à droite avec l'affaire Fillon qui empoisonne le candidat, malgré son comportement jusqu'au-boutiste.

Ralliements tous azimuts

Il faut dire que cette affaire Fillon booste la campagne de Macron, de manière à ce qu'il y ait des soutiens qui viennent vers lui, car l'ancien ministre de l'Économie est présenté comme l'ultime recours face au Front national de Marine Le Pen. L'alliance conclue avec François Bayrou est le symbole marquant et largement commenté de ces dernières semaines, sachant combien le centriste ne se montrait guère tendre envers Macron et avait apporté son soutien à Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre. On connaît le résultat! De même que des socialistes ayant soutenu en vain Manuel Valls lors de la primaire de la "belle alliance populaire" gagnée par Benoît Hamon, plus l'écologiste François de Rugy, faire-valoir de cette primaire des thermidoriens du PS, ont affiché leur soutien à Macron. Tout comme l'ancien eurodéputé écolo Daniel Cohn-Bendit, le "libéral-libertaire" par excellence! Sans compter éventuellement sur des membres du gouvernement proches du président François Hollande, ni les centristes de l'UDI qui ont récemment retiré leur soutien à Fillon.

Ces ralliements tous azimuts peuvent être parfois plus surprenants, et donc plus risibles! Par exemple, celui de l'ancien secrétaire général du Parti communiste Robert Hue (candidat en 1995 et 2002), ou depuis ce mardi 7 mars, celui de l'ancien député communiste Patrick Braouezec (cf lien n°1), même s'il parle de vote et non d'un ralliement, afin d'éviter "une politique rétrograde". Mais ça sent également une rancune à l'égard de Jean-Luc Mélenchon, dont on sait combien au Front de gauche, notamment au PC, le soutien est fragile. Mais ce serait une pure spéculation! Sans compter éventuellement sur des membres du gouvernement proches du président François Hollande, ni les centristes de l'UDI qui ont récemment retiré leur soutien à Fillon.

Le chouchou des médias

Une chose est sûre et partagée par tous les adversaires du candidat d'En Marche, c'est qu'il est le chouchou des mass media. Comme en atteste le graphique suivant, issu de données du CSA, Macron est le candidat potentiel ayant eu le plus de temps de parole sur la fin du mois de février 2017.

En tout cas, grâce à son âge (39 ans), il laisse imaginer un vent de fraîcheur dans la classe politique française, bien qu'il ait des idées (sociales-) libérales en réalité datées du 18e siècle, qu'il doit lifter pour donner une apparence de modernité. Au fond, Macron paraît être un Juppé version "jeune", voire un Jean Lecanuet du 21e siècle, pour certains esprits critiques (et lucides). Son positionnement centriste l'oblige à devoir ratisser large, à être partout. Et à vouloir se montrer partout, on finit par être nulle part.

Mais là où ça devient presque anti-démocratique, c'est que Macron est porté aux nues par les mass media, les éditorialistes mainstream, ce n'est pas une bonne nouvelle pour lui car ces observateurs dominants se sont lourdement trompés en 2016 avec le Brexit et l'élection de Trump. Et surtout, ça bloque toute critique envers la personnalité du candidat, un sacrilège pour les éditorialistes mainstream ayant choisi leur champion. Le blogueur Olivier Berruyer a récemment enquêté sur le patrimoine de Macron et les dépenses du candidat ces derniers jours (cf lien n°2), se basant notamment sur des infos du journal Le Canard Enchaîné. Mais Berruyer, comme d'autres blogueurs, sont mis à l'index par le journal Le Monde à travers le Décodex, un outil permettant en principe de vérifier si un site fournit des informations vérifiées, sourcées, mais plutôt un moyen de réduire l'esprit critique des citoyens selon ses détracteurs. Enfin, les journalistes Marion L'hour et Frédéric Says ont sorti un livre - Dans l'enfer de Bercy - sur les dépenses de Macron quand il était au ministère de l'Économie, préparant ainsi sa candidature, dans un mélange des genres pour le moins scandaleux (cf lien n°3).

Un programme bien-pensant

Comment résumer le programme de Macron, notamment au niveau économique? Par le terme bien-pensant. En effet, il veut laisser entendre qu'il y aura de l'investissement public de 50 milliards d'euros sur cinq tout en menant des économies de 60 milliards d'euros dans le même intervalle. Soit une austérité de 10 milliards d'euros, notamment avec 120.000 postes de fonctionnaires supprimés. Et bien entendu, ça servirait à réduire la dette, ce fardeau qui ne doit pas être légué trop lourdement aux futures générations. Une blague quand on sait que la durée moyenne des titres de la dette publique française est de huit ans, comme le rappelle le journaliste Christian Chavagneux dans le numéro de février 2017 d'Alternatives économiques, et que les acquéreurs de la dette publique sont des banques et des ménages riches - majoritairement étrangers d'ailleurs! -, ça veut masquer le fait que la dette publique, c'est de la redistribution à l'envers! Et ce n'est pas un hasard si le groupe les Économistes atterrés sonne la charge contre le programme qu'il juge néo-libéral, axé sur une uberisation de l'économie, où l'auto-entrepreneuriat, le travail non-salarié est mis en avant, même s'il est fortement critiqué (cf lien n°4).

Attention à ne pas avoir la folie des grandeurs!

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