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En marche vers l'illusion du triomphe

Publié le par JoSeseSeko

En marche vers l'illusion du triomphe

La victoire de l'alliance République en marche-Modem n'est pas nette en raison de l'abstention record, ainsi que du nombre de sièges inférieur à ce qui était envisagé au premier tour. Du coup, une certaine opposition se mettra en place, avec notamment la France insoumise qui va former un groupe parlementaire, mais le Parti socialiste garde l'illusion d'avoir plus de députés, à cause du mode de scrutin.

Même un David Copperfield n'aurait réussi pareil coup d'illusion. En effet, la République en Marche (REM), le mouvement d'Emmanuel Macron, obtient la majorité absolue en nombre de sièges, à l'issue du second tour des élections législatives, dimanche 18 juin, avec 308 sièges. En comptant son allié centriste qu'est le Modem de François Bayrou, la majorité présidentielle obtient 350 sièges. Une large victoire certes, mais moins importante que prévue car après le premier tour, dimanche 11 juin, il était question de 400 sièges sur 577 pour l'alliance REM-Modem. Une victoire en trompe-l'œil donc. En fait, les adversaires politiques ont mieux résisté, notamment du côté de l'alliance Les Républicains-Union des démocrates et indépendants, comptant plus de 130 sièges, une acquisition de 8 sièges minimum pour le Front national ou encore l'arrivée de nationalistes corses au Palais-Bourbon (cf lien n°1).

 

Un Waterloo à gauche

Ce second tour entérine pour de bon une écrasante défaite pour le Parti socialiste (PS), la France insoumise (FI) et leurs alliés respectifs (Parti radical de gauche pour le PS, Parti communiste pour la FI). Utiliser le terme de Waterloo pour la gauche est somme toute logique, notamment parce que cette défaite française s'est déroulée un... 18 juin (1815). Cela étant, le PS confirme le recul sans cesse observé ces dernières années, avec 29 élus socialistes alors qu'ils représentaient à eux seuls la majorité, avec plus de 290 députés, en 2012. En encore, bon nombre d'élus PS ont été de ceux qui ont soutenu le gouvernement de Manuel Valls et l'orientation sociale-libérale, qui a fait inscrire le parti en porte-à-faux envers les électeurs qui l'avaient porté au pouvoir en 2012. Mais l'aile droite, autour de Manuel Valls, accuse volontiers les "frondeurs", autour de Benoît Hamon, d'avoir manqué de solidarité envers le pouvoir alors que ces derniers se montraient fidèles aux engagements de 2012. En tout cas, Hamon n'est plus député et Valls est contesté sur la 1ère circonscription de l'Essonne.

En tout cas, malgré cette pasokisation du PS, la gauche radicale, et tout particulièrement la France insoumise, autour de Jean-Luc Mélenchon, ne parvient pas à dépasser le PS. Néanmoins, elle a réussi à devenir une force politique importante, disposant d'un groupe parlementaire avec Mélenchon en son sein vu qu'il a été élu à Marseille. Maintenant, il faut qu'insoumis et communistes, alliés en raison de leur proximité idéologique, évitent de s'écharper mutuellement. Et vu Mélenchon, appelant dans son discours à ce que des députés d'autres partis se rallient à la FI, ça peut être vu, une fois encore, comme une tentative des insoumis de vouloir soumettre autrui. Et tout particulièrement le PC. Ce qui a fait coûter des circonscriptions largement gagnables lors de la campagne des législatives (cf lien n°2).

Victoire à la Pyrrhus

Si on ajoute le nombre de parlementaires LR-UDI plus l'aile droite du PS, la composition de l'Assemblée donne l'impression d'une Chambre introuvable du capital car les rapprochements idéologiques entre les deux partis traditionnels et REM font que la classe dominante se sait être prise en compte car les gouvernants et la majorité des parlementaires. D'aucun diront qu'il y a un renouvellement de l'Assemblée nationale car davantage de femmes députées et de personnes issues de la "société civile", mais cette dite société civile est un travestissement pour masquer une uniformité sociologique. Surtout chez En Marche car l'écrasante majorité fait partie des cadres, des chefs d'entreprise, et en aucun cas des employés et des ouvriers.

C'est en cela d'ailleurs qu'il faudrait dire, contrairement aux éditorialistes bien-pensants, que la victoire du camp de Macron est encore une victoire à la Pyrrhus, comme lors de l'élection présidentielle. L'abstention est record pour des élections législatives, dans l'histoire de la Ve République, avec 57,36% des électeurs qui ne sont pas allés voter. Et si on ajoute les votes blancs/nuls, ça fait 61,57% des électeurs qui n'ont pas voulu donner leurs voix à une candidature. Ce qui fait que la prochaine législature, notamment pour la majorité, est la plus mal élue de l'histoire de la Ve République. Ce qui illustre quand même le concept de "cens caché", cher au politologue français Daniel Gaxie, puisque les personnes aisées (bourgeois) se sont davantage motivées pour aller voter que les prolétaires, car consciemment ou non, ils ne voient plus ce qui permet de les défendre, dans une période de dérégulation tous azimuts, appelée communément mondialisation.

Il serait peut-être temps que les futurs députés se positionnent pour faire le même jour la présidentielle et les législatives, que ces dernières se fassent à la proportionnelle - intégrale ou partielle -, ou bien, soyons fous, que l'état de santé de la Ve République soit si critique qu'une VIe République s'imposerait au bout du compte.

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étatdedroit443 19/06/2017 12:42

J'espère qu'un recours est déposé afin que le système valls/dassault soit condamné.Une élection au suffrage universel n'est pas l'utilisation du 49/3 !C'est une honte !