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Trump envoie balader l'accord de Paris sur le climat

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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Par son annonce de retrait des États-Unis de l'accord de Paris, le président Donald Trump envoie un signal fort qu'est d'en avoir rien à battre des considérations écologiques et du long terme car seuls la rentabilité et le court-termisme comptent pour lui et les capitalistes. Preuve aussi d'un échec prévisible sur la capacité du capitalisme à se verdir.

Pour les dupes, les éditocrates bien-pensants, la poignée de main entre Donald Trump et Emmanuel Macron, vainqueur étriqué de la présidentielle, allait changer le rapport de force. Que nenni! Trump, n'est pas impressionné et l'a fait savoir, jeudi 1er juin, en faisant retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, obtenu lors de la COP21 qui s'était tenue en France fin novembre-début décembre 2015, où de nombreux écologistes furent assignés à résidence avec les débuts d'un État d'urgence qui perdure encore. L'une des raisons invoquées par le magnat de l'immobilier devenu président grâce aux Grands électeurs, comme George W. Bush en 2000, est que l'industrie du charbon, très polluante, doit être relancée pour réduire le chômage états-unien, et que l'accord de Paris serait trop contraignant. Et si Macron veut se la jouer troll en prenant comme slogan en anglais "make our planet great again", c'est signe de la faiblesse de la France avec ce président-là.

Une logique court-termiste

Le moins que l'on puisse dire, malgré tout, c'est que Trump tient certains de ses engagements. Surtout si ce sont des engagements de merde, tels ce retrait, le décret anti-immigration visant les personnes de confession musulmane ou un bombardement en Syrie suite à des attaques chimiques qu'aurait lancé le régime de Bachar el-Assad. Avec Trump, c'est une logique court-termiste qui est au pouvoir, à Washington. Seul principe: "Tout, tout de suite". La réflexion, c'est pour les esprits qui paraissent subversifs aux yeux de la classe dominante.

Dans le cas de l'accord de Paris refusé par l'actuel locataire de la Maison-Blanche, c'est la volonté de faire du profit le plus rapidement possible, en dépit des possibilités offertes par la nature. Or, épuiser les ressources naturelles à vitesse grand V, c'est exposer les générations futures à un dérèglement climatique, tendance réchauffement, encore plus manifeste qu'il ne l'est déjà, au nom de la rentabilité, de la financiarisation de l'économie, liée à des analyses microéconomiques complètement statiques. Enfin, parmi ceux qui doivent être déçus de l'attitude de Trump, il doit y avoir le pape François. Son encyclique Laudato si', ce Rerum novarum du XXIe siècle, prenait les capitalistes par les bons sentiments car les premières victimes du changement climatique sont dans les pays les plus pauvres, donc ceux où la population est la plus croyante en un "opium du peuple" qui sert le Capital. Puis surtout, à vouloir suivre une logique court-termiste, la crainte du pape François et de l'Église de voir la montée en puissance d'un discours écologiste, écosocialiste, très critique envers la religion, comme du temps du pape Léon XIII face à l'émergence du socialisme, de l'anarchisme.

Écosocialisme et décroissance

Ce refus de l'accord de Paris signe également un aveu d'échec quant à l'idée qu'il pourrait y avoir un "capitalisme vert", où les énergies renouvelables maintiendraient la croissance, qui obsède tant les esprits des capitalistes et de plusieurs de leurs sbires (politiciens, éditorialistes, faiseurs d'opinion). Du coup, il reste à penser des alternatives. En voici deux qui peuvent être complémentaires: l'écosocialisme et la décroissance.

L'écosocialisme se veut être le mariage philosophique entre l'écologie politique et le socialisme. Cette approche pouvait déjà se retrouver dans la pensée de Karl Marx, au XIXe siècle, avant que les dictatures soi-disant socialistes du XXe siècle, notamment l'URSS, détournent, voire censurent, la radicalité écologique de Marx, qui défendait le principe de trouver un équilibre entre l'être humain et la nature de manière à ne pas se mettre en danger mutuellement. Mais c'est surtout André Gorz qui a ressorti cet aspect du travail de Marx, démontrant que le capitalisme est, par essence, un mode de production énergivore, et qu'il faut s'en débarrasser pour l'avenir de la planète Terre. Du coup, la décroissance peut y trouver son compte car elle remet en cause la nature énergivore du capitalisme, avec une critique fondamentale du productivisme défendue par les tenants de cette école de pensée, estimant que l'ère de la production et de la consommation de masse doivent stopper, quitte à vouloir de l'austérité. Mais pour les décroissants, cette dite austérité serait "choisie" par les citoyens, et non pas "imposée" par les défenseurs de l'ordre social, comme c'est le cas dans plusieurs pays de l'Union européenne.

Si ce refus états-unien peut éveiller certaines consciences, les tournant vers des alternatives, alors tout n'est pas perdu.

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