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La poursuite du cauchemar états-unien

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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La mort d'une manifestante antiraciste, suite à une manifestation de l'extrême-droite à Charlottesville, samedi 12 août, plus les déclaration va-t-en guerre de Donald Trump donne une image des États-Unis comme un pays agressif, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ses frontières.

L'extrême-droite états-unienne, autour des néo-nazis, du Ku Klux Klan, a le vent en poupe depuis l'élection de Donald Trump, grâce aux seuls grands électeurs faut-il rappeler. Elle a tenu à faire savoir sa force, samedi 12 août, lors d'une manifestation à Charlottesville, dans l'état de la Virginie, où des contre-manifestants ont tenu à répondre du tac au tac. Ce qui n'a pas plu aux suprémacistes blancs présents et l'un d'eux, James Fields, à bord d'une bagnole, fonça sur la foule des contre-manifestants, fauchant Heather Heyer et blessant plusieurs personnes, avant de prendre la fuite (cf lien n°1). Après ce rassemblement de crevures antisémites, islamophobes, négrophobes, une chasse aux profils des racistes repérés dans les photos prises s'opère sur les réseaux sociaux (cf lien n°2). Et l'un des manifestants, Peter Cvjetanovic, s'est vite fait repérer, comme en atteste le tweet suivant:

Mais comme si ça ne suffisait pas, des vidéos circulent indiquant que des suprémacistes blancs ont passé à tabac plusieurs contre-manifestants noirs dans la nuit du samedi 12 août, montrant ainsi leur envie d'en découdre, au nom d'une pseudo supériorité blanche.

L'ombre de la guerre civile

Mais qu'est-ce qui a poussé ces groupuscules de la pire espèce à sortir de leur caverne? C'est la décision de la commune de Charlottesville de vouloir enlever la statue du général Robert Lee, généralissime de la Confédération lors de la guerre de Sécession (1861-1865). Une guerre ô combien méconnue en France, bien qu'à l'époque, elle se montrait volontiers opportuniste pour intervenir sur le continent américain (expédition au Mexique voisin). Et pourtant, d'une part, plus de 150 ans après la capitulation signée par Lee à Appomattox, toujours en Virginie, le 9 avril 1865, cette guerre civile reste traumatisante pour les États-Unis car elle est, encore à ce jour, la guerre la plus meurtrière de l'histoire de cette république fédérale. Et Dieu sait combien les États-Unis guerroient fréquemment depuis la déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. Et d'autre part, malgré l'abolition de l'esclavage, les afro-descendants ont continuellement subi un racisme institutionnel, où le lynchage envers eux dans les états du Sud vaincus, comme la Virginie, étaient la règle, avec le Ku Klux Klan qui fut fondé quelques mois après la fin de la guerre par le général confédéré Nathan Bedford Forrest et qui perdure, comme rappelé au début de l'article.

Du coup, quelle est la position de Trump? Le président a d'abord mis dos-à-dos manifestants et contre-manifestants, estimant que la violence venait des deux côtés. Mais face à l'indignation collective, il a été forcé de revoir sa copie (cf lien n°3). Néanmoins, Trump peut se sentir mal à l'aise. Durant l'élection présidentielle, il n'a pas cessé d'appeler au sursaut d'orgueil des blancs, surtout à Dixieland (surnom du Sud des États-Unis) et les manifestants d'extrême-droite ont rappelé combien Trump aurait une dette envers eux et qu'il doit tenir compte de leurs revendications d'un autre âge. Et quelque part, avec l'exemple des décrets anti-musulmans, le locataire de la Maison-Blanche avait commencé à offrir des gages à cette frange marginale mais influente de la classe politique outre-Atlantique. Bref, des ingrédients d'une guerre civile semblent réunis. Il ne resterait plus que l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres.

Renouveau de l'impérialisme US?

Vu ces problèmes en matière de politique intérieure, le meilleur moyen pour Trump de remobiliser les esprits est de les tourner vers l'étranger, et de le présenter comme une menace. Premier exemple, la Corée du Nord, où Kim Jung-Un poursuit sa politique de recherche d'accès à la bombe nucléaire, poussant Trump à jouer dans l'escalade diplomatique et à son homologue nord-coréen de lancer des menaces contre l'île de Guam, située en plein océan Pacifique, à plusieurs milliers de kilomètres des côtes nord-coréennes. Parallèlement, Trump menace de lancer une opération militaire au Venezuela, en crise depuis plusieurs mois et où le président Nicolás Maduro n'arrive pas à calmer le jeu, et surtout à sortir son pays de la dépendance au pétrole, que son camarade et prédécesseur, Hugo Chávez, a maintenu malgré les risques en cas de chute du prix du baril.

Dans ces deux affaires de politique extérieure, il est clairement évident que Trump veut affirmer un rôle de "gendarme du monde" de la part de Washington et renouer avec un interventionnisme militaire que son prédécesseur, Barack Obama, voulait freiner en renouant un tant soit peu avec l'isolationnisme états-unien forgé par la doctrine Monroe. Autant, au sujet de la Corée du Nord, la communauté internationale semble saluer la position de la Maison-Blanche, en essayant d'impliquer la Russie et surtout la Chine dans une résolution pacifique de cette tension; autant l'idée d'une intervention au Venezuela est rejetée, notamment en Amérique latine (cf lien n°4). Il faut dire que les pays latino-américains, dans leur ensemble, ne connaissent que trop bien la politique impérialiste des États-Unis, qui ont fourni un coup de main dans le renversement de régimes démocratiques au profit de dictatures pro-Washington dans les années 1970 et 1980 (Chili, Argentine, Nicaragua, etc.). Donc, pas question pour le Brésil, l'Argentine, le Chili, le Mexique, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, l'Équateur, le Nicaragua ou encore le Paraguay de tolérer une ingérence yankee, en dépit de relations refroidies avec le Venezuela.

Cela étant dit, en matière de politique extérieure, si c'était Hillary Clinton au pouvoir, ça aurait donné la même chose tant la candidate battue est connue pour être une interventionniste pure et dure. Bref, carpe diem!

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