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Irma ou quand la nature ne fait pas de pitié

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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Le passage de l'ouragan Irma a laissé des traces et des victimes dans les petites Antilles, notamment à Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Les craintes d'un ravage sur Haïti en sont renforcées ainsi que de lourds dégâts dans l'état de Floride. Enfin, cet ouragan laisse envisager le pire dans les prochaines années.

Quand la nature reprend ses droits, elle ne fait pas dans la dentelle. C'est ce qu'on peut se dire à l'égard du passage de l'ouragan Irma, mercredi 6 septembre, sur les petites Antilles. Des rafales de plus de 300km/h ont frappé l'État d'Antigua et Barbuda, ainsi que les îles de Saint-Martin (partagée entre la France et les Pays-Bas) et Saint-Barthélémy (exclusivement française). Des images d'un spectacle de désolation, de maisons en ruine par la force du vent et des vagues de plusieurs mètres. Mais le bilan, pour l'instant de deux morts à Saint-Martin, plus des dizaines de blessés, et d'un mort à Barbuda, semble être très optimiste tant ces îles sont coupées du reste du monde - aéroports fermés, ports hors d'état d'accueillir des navires, électricité coupée, routes impraticables - et que par conséquent, les secours (pompiers) ont de grandes difficultés à accéder aux zones sinistrées.

Crainte du pire

Mais les secours risquent d'avoir peu de temps à pouvoir consacrer à remettre en état les routes et retrouver des survivants piégés car un autre ouragan menace, à savoir José. Ce nouvel ouragan, actuellement de catégorie 1, tend à se renforcer dans les eaux chaudes de l'Atlantique et de la mer des Antilles et pourrait suivre une trajectoire similaire à celle d'Irma, risquant de passer à nouveau sur les îles déjà dévastées par le précédent ouragan, durant le weekend (samedi 9 ou dimanche 10 septembre). Ce qui pousse le président du conseil territorial de Saint-Martin, Daniel Gibbs, à déclarer qu'en cas de passage du cyclone José, "ce n'est pas le nombre de morts qu'on va compter, c'est les vivants" (cf lien n°1). Le tout, sur une île qui serait détruite "à 95%" selon lui.

Quant à l'ouragan Irma, l'ouragan le plus puissant repéré par les satellites et les instruments métérologiques, sa trajectoire se poursuit vers la République dominicaine, d'Haïti et de Cuba, avant de remonter vers la Floride et y perdre de sa puissance en atteignant ainsi le Sud des États-Unis. Si du côté de la République dominicaine, de Cuba et de la Floride, des plans d'évacuation sont préparés à l'avance, limitant le risque de pertes parmi les habitants, du côté d'Haïti, l'histoire n'est pas la même. Le plan d'évacuation se ferait à la hâte et surtout, les infrastructures sont faibles, source de dégâts potentiellement plus importants pour ce pays, guère épargné par les événements naturels (séisme en 2010, ouragan Matthew en 2016).

Rôle du dérèglement climatique?

Face à la multiplication de cyclones ou ouragans violents ces dernières années, comme l'ouragan Matthew l'an dernier justement, l'ouragan Katrina qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans en 2005, ou plus récemment l'ouragan Harvey frappant le Texas, et tout particulièrement la ville de Houston, des citoyens se posent la question du lien entre des ouragans de plus en plus puissants et destructeurs avec le dérèglement climatique. Un sujet toujours en débat auprès de la communauté scientifique et qu'il serait trop réduct, même si certains rapports comme celui du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de 2013 laisse craindre une intensification des ouragans à l'avenir, en raison du réchauffement des eaux du globe (cf liens n°2, n°3, n°4).

Effet boomerang

En tout cas, ça résonne comme un effet boomerang à des décisions politiques telles le refus du président états-unien Donald Trump de signer l'accord de Paris sur le climat, en cohérence avec son discours climato-sceptique prôné durant sa campagne présidentielle en 2016. Ce qui a mené à des vagues d'indignation hypocrites dans le monde, et tout particulièrement de la France et de son président Emmanuel Macron, qui est pourtant un atlantiste notoire, déroulant le tapis rouge à Trump le 14 juillet dernier.

Enfin, comme la plupart des victimes de l'ouragan Irma, ainsi que des prochains ouragans - Katia dans le Golfe du Mexique, José en direction des petites Antilles -, sont issus de la classe sociale la plus pauvre et dans une région très croyante, les autorités religieuses ont de quoi être inquiètes. L'exemple de l'encyclique Laudato Si' du pape François en 2015 illustre cette volonté de l'Église à tirer la sonnette d'alarme auprès des capitalistes en les prenant par les bons sentiments pour éviter de perdre trop de fidèles et que les survivants se détournent de la religion pour se laisser convaincre par une offre politique liée à l'écologie, voire à l'écosocialisme.

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