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Macron déroule le tapis rouge pour Trump

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

Photo: AFP

Invité par Emmanuel Macron pour le défilé militaire du 14 juillet, Donald Trump compte marquer sa présence sur le sol français pour cette fête nationale coïncidant avec les célébrations du centenaire de l'intervention états-unienne lors de la Première guerre mondiale. En dépit du symbole historique, c'est un geste de soumission de la part du président français, soulignant un atlantisme assez navrant dans la stratégie diplomatique française.

L'attraction du 14 juillet 2017 ne sera pas Emmanuel Macron mais Donald Trump. En invitant le locataire de la Maison-Blanche, le nouveau locataire de l'Élysée donne une occasion de se faire voler la vedette, alors que c'est le premier défilé militaire du 14 juillet auquel il assiste en tant que président de la République. Et bien entendu, Trump ne compte pas laisser passer une perche tendue par son homologue français pour un geste fort, une formule choc dont il a fait sa marque de fabrique, à moins qu'il ne fasse dans la retenue car certains soldats états-uniens aux côtés de leurs frères d'armes français pour honorer le centenaire de l'intervention de Washington sur le front français lors de la Première guerre mondiale. Une intervention décisive dans le gain de cette guerre pour la France et le Royaume-Uni sur l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie en 1918.

Trump > Macron?

Au-delà du cadre historique de ce défilé, l'invitation faite par Macron à Trump s'inscrit dans un contexte de tension entre Paris et Washington. Tension notamment sur la question climatique car en juin dernier, le président états-unien a refusé de ratifier l'accord de Paris sur le climat, trouvé en décembre 2015, à l'issue de la COP21 qui s'est déroulée en France. Ce qui a fait pousser des cris d'indignation de la part du reste du monde, et tout particulièrement de la France, où Macron s'est gaussé de répliquer, en anglais, au refus de Trump.

Ce qui est, ma foi, une réaction bien-pensante et hypocrite de la part du pouvoir français, car il était prévisible que Trump refuse l'accord de Paris, l'ayant déclaré à plusieurs reprises durant sa campagne présidentielle, en 2016. Mais l'anticipation ne semble pas être le point fort de Macron. Puis Trump a pris l'initiative dans cette histoire, voulant indiquer qu'il faut le prendre au sérieux sur ce sujet, comme dans d'autres, tels la guerre en Syrie ou les tensions avec la Corée du Nord par exemple. D'aucuns diront que Macron vient juste d'être élu président. Mais ces pro-Macron, dignes de groupies de groupes ou d'artistes, oublient combien il était dans les arcanes du pouvoir ces cinq dernières années, en tant que conseiller du président François Hollande à l'Élysée, puis en tant que ministre de l'Économie. De par ces expériences-là, Macron savait à quoi s'en tenir.

Une soumission implicite

S'il était un poil cohérent, Macron n'aurait pas invité Trump pour le 14 juillet mais l'aurait substitué par plusieurs présidents de l'Afrique francophone au nom du centenaire de la Première guerre mondiale car les tirailleurs sénégalais ont été intensivement envoyés sur le front français à partir de 1917, avec le triste exemple de la boucherie du Chemin des Dames. Que nenni! Macron illustre bien le proverbe "fort face aux faibles, faible face aux forts". D'un côté, il illustre son mépris de classe de manière récurrente, en servant docilement le Capital; ou fait dans l'imprécision aux relents racistes au sujet de l'Afrique, blanchissant du reste le rôle de l'Occident dans les difficultés économiques, politiques, sociales, diplomatiques, du continent berceau de l'humanité, de nos jours.

De l'autre, il tend la joue pour se faire malmener par des puissances comme les USA de Trump qui n'en demandent pas tant, vu qu'il est passé, comme d'autres (Hollande, Édouard Philippe, Arnaud Montebourg, Alain Juppé, Alain Minc, etc.) par le programme "Young leaders" de l'organisation French-American Foundation, visant à renforcer les liens entre Paris et Washington. Ce qui implique une logique de soumission auprès du colosse états-unien aux pieds d'argile, à travers une politique extérieure atlantiste qui expose la France à des menaces auxquelles elle aurait pu y échapper si la diplomatie française était bien différente. À croire que Macron, philosophe de formation, aurait oublié la leçon qu'eut donné un philosophe états-unien, Thomas Jefferson, devenu président de son pays, du temps des Lumières:

  • "La paix, le commerce, une honnête amitié avec toutes les nations, des alliances étroites avec aucune."

Mais il faut croire que Jupiter, comme la presse mainstream surnomme le président Macron, a une coquille vide à la place du cerveau.

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