Le fossoyeur de la gauche sort son rouleau compresseur

Publié le par JoSeseSeko

Photo: REUTERS/Philippe Wojazer

Photo: REUTERS/Philippe Wojazer

Le synonyme de français est "la langue de Molière", le grand auteur de pièces de théâtre. À coup sûr, il aurait adoré écrire cette farce. Lundi 25 août, Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Économie qui se veut la caution de gauche du gouvernement de Manuel Valls, se fait virer par le Premier ministre, pour avoir lancé des critiques sur la politique économique gouvernementale, suivant l'austérité imposée par le reste de l'Union européenne, notamment l'Allemagne. Ses collègues ministres Benoît Hamon (Éducation nationale) et Aurélie Filippetti (Culture) l'ont suivi, en ayant démissionné.

Du coup, remaniement et composition d'un nouveau gouvernement. Au moins, le visage est clair: à droite toute! Avec un docile à Bercy, Emmanuel Macron. L'anti-Montebourg par excellence, si on se réfère à un article d'un collègue du journal La Tribune. Élevé chez les jésuites, énarque, il a été directeur de la banque d'affaires Rothschild avant de devenir conseiller de François Hollande, à partir de son élection en 2012, grâce à l'économiste Jacques Attali. Ce dernier, dans le quotidien espagnol El País, dit le plus grand bien de ce nouveau ministre de l'Économie et le considère déjà, alors que le ministre a 36 ans, comme "un présidentiable". En tout cas, on lui doit le Pacte de responsabilité, cette usine à gaz social-libérale, digne d'un suicide économique.

Ce n'est pas tout! Mercredi 27 août, le Premier ministre, invité de longue date à l'université d'été du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), a profité pour rassurer les patrons, renforcés par la présence d'un Macron à l'Économie, d'autant plus que le tandem qu'il formera avec Michel Sapin est 100% orthodoxie budgétaire. Mais c'est surtout une déclaration d'amour pour l'entreprise, quand même le MEDEF ne représente qu'une (faible) partie des dirigeants de firmes. En tout cas, avoir le patronat dans sa poche, quand on se dit membre du Parti socialiste et Premier ministre, c'est faire finalement un bras d'honneur aux ouvriers, aux employés qui ont voté Hollande en 2012, et se positionner en fossoyeur de la gauche, avec l'aide d'un subalterne à Bercy.

C'est le troisième assassinat de Jean Jaurès qui se déroule sous nos yeux. Et pas dit que le socialisme s'en relèvera. En tout cas, le PS peut se saborder à l'avenir, d'autant plus qu'Arnaud Montebourg pourrait se lancer dans une candidature pour l'élection présidentielle de 2017 sans se poser de question.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article