Mélenchon prend du recul pour mieux s'élancer

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Reuters

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Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat du Front de gauche (FG, gauche) à la présidentielle de 2012, a annoncé, vendredi 22 août, son départ à la coprésidence du Parti de gauche (PG), dont il est l'un des fondateurs, en 2009.

Cette annonce, faite durant l'université d'été, rebaptisée le "remue-méninges", du PG, une des composantes du FG, sonne comme une confirmation d'une lassitude de l'ancien socialiste, mais aussi d'un besoin de prendre un second souffle et de laisser place à la jeune génération de militants, sachant que la coprésidente du parti, Martine Billard, a également quitté ce poste.

Prendre du recul...

Cela ne signifie pas un retrait de la vie politique, mais seulement un plus grand recul pour l'eurodéputé. Il faut dire que depuis la présidentielle, il ne s'est pas ménagé, montant sur le devant de la scène pour représenter la coalition de gauche radicale, avec la légitimité de sa campagne présidentielle où il a su fédérer en son nom 11,1% des voix. Mais, comme je l'ai déjà écrit, et c'est le grand reproche qui peut lui être fait, c'est qu'il intervenait davantage dans une posture critique que dans une posture pédagogique. Il a trop joué le cynique antique (à la Diogène), mordant sur le Parti socialiste (PS) -dont il était membre durant 30 ans avant d'en partir, dégoûté de l'orientation social-libérale que ce parti a pris-, le Front national (FN), le grand patronat, alors qu'il défendait par ailleurs de nouvelles idées qui se veulent en phase avec le concept d'écosocialisme qu'il défend désormais (économie de la mer, planification écologique, etc.). À sa décharge, nombre de confrères journalistes se sont concentrés sur la moindre petite phrase qu'il pouvait lancer sur le PS, sur Nicolas Sarkozy, sur le FN, ou sur le Parti communiste (PC), principale composante du FG. Puis les résultats des élections municipales et européennes marquent un coup d'arrêt, suite à l'élan de 2012. Néanmoins, beaucoup ont écrit que le recul électoral du FG en 2014 est celui de Mélenchon. C'est d'une bêtise sans nom! La preuve, parmi les têtes de liste FG pour les européennes, c'est Jean-Luc Mélenchon qui obtient le meilleur résultat pour une liste FG, dans la circonscription du Sud-Ouest, avec 8,6% des voix, contre 6,5% sur la moyenne nationale.

...pour faire un plus grand saut

Ce recul, où M. Mélenchon souhaite fédérer un mouvement "pour une VIe République", c'est semblable à un sauteur en athlétisme (saut en longueur, saut à la perche, triple saut, etc.) qui fait reculer ses marques afin d'avoir plus de vitesse, plus d'impulsion au moment du saut. Mais maintenant, pour Jean-Luc Mélenchon mais surtout pour le Front de gauche, c'est une guerre des tranchées en son sein qui doit stopper. Ne serait-ce que pour les militants des différentes composantes, afin qu'ils ne s'étripent pas et représentent une alternative crédible, sinon d'autres, tels le FN capitaliseront les déçus du président François Hollande, sans pour autant affirmer qu'ils se positionnent en alternative. Puis, il y a eu l'élan de la présidentielle, qui a montré une certaine efficacité sur le terrain, avec l'explication du programme du FG, des idées, de la stratégie de la coalition de gauche radicale pour la France et le reste du monde. C'est à retrouver. Enfin, il faut quand même que le FG en général, le PC en particulier, pense à revoir son analyse européenne pour mériter une plus large attention, quitte à sacrifier des idées du passé. Dans le cas contraire, le FG ne pourra pas être en mesure de propulser.

Publié dans Politique, France, PG, Mélenchon, FDG

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