Un nouveau blocus continental, bien dangereux pour l'UE

Publié le par JoSeseSeko

Un nouveau blocus continental, bien dangereux pour l'UE

Les pays occidentaux, et notamment les pays membres de l'Union européenne (UE) pourraient bien renforcer les sanctions économiques déjà appliquées envers la Russie, considérant que Moscou a envoyé des forces militaires en Ukraine, pour soutenir les séparatistes pro-russes. Les sanctions actuelles se portent sur les armes, le pétrole, les avoirs financiers d'oligarques russes, le secteur alimentaire, et seraient peut-être élargies à d'autres secteurs économiques.

En cela, le dispositif se transformerait en véritable blocus continental envers la 7e puissance mondiale, dont l'UE se priverait. Et ce serait bien dangereux pour les pays membres, qui sont en proie à une spirale déflationniste manifeste, premier signe vers une rechute de l'activité économique.

Puis, cela voudrait dire que Bruxelles n'a pas appris les leçons du passé, même s'il s'agissait d'un autre contexte. En l'occurrence, durant le 1er Empire, la guerre entre la France impériale et la Grande-Bretagne a poussé l'empereur Napoleone Buonaparte (en francisant: Napoléon Bonaparte) à imposer à l'Europe, qui était sous sa botte, le Blocus continental en novembre 1806, avec le décret de Berlin. Et pour "vaincre la mer par la puissance de la terre", il fallait, pour l'Empereur, que tous les États européens, des alliés ou des neutres, participent à cet effort, même si cela devait les ruiner. Dans un premier temps, ça se montrait assez efficace, avec la Russie devenue alliée avec le traité de Tilsit en juin 1807, rendant Londres incapable d'exporter ses biens en Europe, provoquant du chômage et de l'inflation. Mais le Blocus s'est retourné contre la France car la Grande-Bretagne a soumis un embargo envers les produits français, puis les pays européens supportaient de moins en moins l'absence des marchandises coloniales britanniques, notamment en Espagne et en Russie. Par conséquent, Napoléon Ier, le caïd, dut intervenir dans ces pays, qui étaient ses alliés (drôle de manière de faire la guerre, soit dit en passant), et aussi faire une boulimie de conquêtes (au-delà des "frontières naturelles" voulues par la Révolution française: Rhin, Alpes, Pyrénées, Océan) qui lui causeront du tort. Une crise économique éclata en 1811, à travers l'Europe, et la France fut sévèrement touchée, avec une montée du chômage, la ruine des ports atlantiques (Nantes, Bordeaux). Preuve que le Blocus continental, à terme, était une catastrophe économique. Mais elle allait vite se transformer en catastrophe politique car Napoléon Ier, obsédé par ce Blocus, s'enferma dans la logique de guerre qui conduisit la France à sa perte en 1814 et en 1815, perdant les gains de la Révolution française et abandonnant à jamais et à cause de Napoléon Bonaparte, l'application des "frontières naturelles". Et pendant ce temps, la Grande-Bretagne, avec la Royal Navy, a su résister aux difficultés économiques et se tourna sur les Indes et les Amériques, confortant sa domination qui durera sur l'ensemble du XIXe siècle.

Tout ça pour dire qu'à terme, le retour de bâton sera cruel pour l'Union européenne, que la Russie a plus d'un tour dans son sac et qu'elle pourrait se montrer davantage capable de s'en sortir. Et comme le disait en son temps, l'économiste, philosophe, sociologue et homme politique Karl Marx: "celui qui ne connait pas l'Histoire est condamné à la revivre!"

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