À vouloir jouer avec le feu, on se brûle, Mme Merkel!

Publié le par JoSeseSeko

À vouloir jouer avec le feu, on se brûle, Mme Merkel!

Les récentes déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel, à propos des législatives grecques, ravivent les tensions sur les marchés financiers envers Athènes. Sans pour autant discréditer la gauche radicale grecque, en tête.

À moins de 20 jours des élections législatives en Grèce, les autres membres de l'Union européenne (UE), et de la zone euro en particulier, regardent avec inquiétude les mouvements d'Athènes. Angela Merkel n'a pas mâché ses mots, agitant la possibilité de ne rien faire face à un éventuel "Grexit" (une sortie de l'euro), lundi 5 janvier, d'après l'hebdomadaire Der Spiegel. Manière de dire aux électeurs grecs: "ne faites pas les idiots, ne votez surtout pas Syriza!" (inciterait-elle à voter le parti d'extrême-droite, Aube dorée? Ce serait horrible de penser ça mais l'histoire n'est pas à une connerie près.) À croire qu'on veut forcer les gens à être dégoutés de l'envie de voter, si cela a encore du sens.

Syriza toujours en tête

Toujours est-il que pour Merkel, comme pour les autres partenaires européens et la Banque centrale européenne (BCE), ils remarquent que Syriza, parti de gauche radicale mené par Alexis Tspiras, se renforce dans les sondages au fur et à mesure que la date de l'élection s'approche. Mieux, dimanche 4 janvier, un sondage montre que ce parti pourrait avoir la majorité absolue à la Voulí, ce qui est le grand objectif de Tsipras et de ses camarades afin de mener son programme sans avoir nécessité à s'allier avec d'autres partis pour gouverner la Grèce.

 

Ce sondage a du faire sortir de ses gonds la chancelière allemande, pour qu'elle puisse proférer des menaces envers Athènes.

Renégocier la dette ou pas

Ces menaces s'expliquent à travers l'envie pour Syriza de relancer une économie grecque détruite par des années d'austérité, renégocier la dette tout en restant dans la zone euro, ce qui démontre d'ailleurs que Tsipras a mis de l'eau dans son vin, voulant se montrer responsable en adoptant un recentrage de ses idées, quitte à irriter son aile gauche. Syriza affiche de la bonne volonté, qui rend ce parti moins différent des conservateurs de Nouvelle démocratie et des socialistes du Pasok, ce dernier pouvant d'ailleurs ne plus compter d'élus au Parlement, d'après les derniers sondages.

Pas question, cependant, pour Merkel, la BCE et les autres (dont François Hollande), de céder du terrain sur ces sujets, en particulier sur la dette publique. Il faut les comprendre, les épargnants étrangers, notamment allemands, qui avaient acheté des titres de dette publique grecque, n'aimeraient pas que cette dette soit renégociée, voire restructurée, car ils en tirent un revenu car la dette publique, c'est de la redistribution à l'envers. Puis relancer l'économie, dans une optique keynésienne, ce serait avouer que la logique d'austérité ne montre pas des effets positifs.

Chute de la bourse et de l'euro

L'un des premiers effets des propos de Merkel rapportés par Der Spiegel est la chute des indices boursiers. Le CAC 40, comme d'autres, a fini la séance du 5 janvier dans le rouge, avec plus de 3% de baisse. Signe que les marchés financiers jouent également la peur du "péril rouge", comme du temps où il y avait des Partis communistes puissants dans certains pays développés, tels la France ou l'Italie par exemple.

Un autre effet est que l'euro, cette devise unique dans la majeure partie des membres de l'UE, qui a du mal à être débattue sereinement, s'échange désormais en-dessous de la barre de 1,2 dollar. Ce qui est le plus bas niveau de taux de change depuis 2006. Une nouvelle plus qu'étonnante, mais plus que bonne pour les exportateurs, notamment les français, qui en ont bien besoin. En effet, un euro qui s'échange plus faiblement contre un dollar bonifie la compétitvité des entreprises exportatrices à l'international. Mais l'Allemagne, qui est déjà exportatrice nette, est plutôt encline à un euro fort car elle fait son beurre sur le dos de ses partenaires européens, avec qui elle commerce en priorité. Donc, se retrouver avec d'autres exportateurs nets, ce ne serait pas une si bonne nouvelle que cela outre-Rhin.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article