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l'Euro ou la boîte de Pandore de l'Europe

Publié le par JoSeseSeko

l'Euro ou la boîte de Pandore de l'Europe

L'hebdomadaire Marianne, dans son numéro 876 (31 janvier-6 février), fait sa une sur la monnaie européenne et l'impossibilité de débattre sur le sujet, tout comme Politis, avec un article sur la question dans son numéro 1290, en vente aujourd'hui.

Pourtant, une réflexion est nécessaire car les économies disposant de l'euro comme monnaie souffrent d'un problème de croissance qui enveniment les relations intérieures; avec une exception de plus en plus effarante qu'est l'Allemagne. Puis politiquement parlant en France, la gauche devra répondre à la question de la sortie de l'euro, sous peine de laisser cette question au monopole du Front national, comme c'est le cas en ce moment. De plus en plus d'économistes hétérodoxes, plutôt ancrés à gauche, tels Frédéric Lordon ou Jacques Sapir par exemple, y ont réfléchi depuis longtemps et fournissent à la gauche (radicale), des arguments pour en finir avec l'euro (dans sa forme actuelle).

Mais pourquoi en sortir? De multiples raisons justifient ce positionnement.

- La 1ère, c'est que l'euro est une monnaie trop forte pour que la majorité des pays membres, notamment la France, puissent en tirer des excédents commerciaux. L'exception allemande confirme que la monnaie unique fournit un choc asymétrique positif uniquement pour nos voisins d'outre-Rhin. Mais pourquoi ne pas demander à la Banque centrale européenne de faire dévaluer l'euro, pour donner de l'air aux firmes exportatrices? Impossible car ce serait jouer sur l'activité économique, la croissance. Or, la BCE a pour seul objectif la maîtrise de l'inflation. Mal barrés! Ça sent la japonisation de l'Europe à plein nez!

- La 2ème est que la politique de la BCE est tellement restrictive qu'elle ne va pas chercher à racheter abondamment les titres de dette publique émis sur les marchés financiers. Et ce, en raison de l'influence allemande, qui verrait rouge dans ce cas, car non-constitutionnelle là-bas, comme le rappelle Sapir dans son blog. Donc, une autonomie monétaire redonnerait plus de souplesse budgétaire, mais rien ne dit que les marchés financiers, notamment les détenteurs de bons du Trésor, laisseront faire ceci sans rien dire. La menace est présente.

- La 3ème raison est que l'euro ne sert pas les intérêts du grand nombre, mais ceux du petit nombre, pour paraphraser un peu Voltaire, qui serait ravi de voir ça de ses propres yeux. En Allemagne, Oskar Lafontaine, ancien ministre de l'Économie et des finances sous Schröder, fondateur de la coalition Die Linke (modèle pour Jean-Luc Mélenchon avec le Front de Gauche), a revu sa copie sur l'euro, considérant comme "nécessaire d'abandonner la monnaie unique". En France, Jean-Pierre Chevènement en appelle à une transformation de l'euro en monnaie commune, via un retour "transitoire" au franc, pour gagner de la souplesse économique, sans créer forcément de divergences entre pays membres. En outre, cette recette de la monnaie commune existe déjà dans une autre zone économique qu'est l'Amérique latine. Notamment avec l'ALBA, où les pays membres ont créé une monnaie commune, le Sucre, tout en gardant leur monnaie locale (bolivar au Venezuela, peso cubain à Cuba, etc.). Ce n'est pas une alternative imaginaire! Mais encore faut-il que la gauche radicale marche dans le même sens. Et au sein du Front de Gauche, avec un Parti communiste (Pierre Laurent) qui a lâché prise depuis 1997, et un Parti de gauche (Mélenchon, Martine Billard) qui tient à en faire un enjeu pour convaincre de nouveaux électeurs, ça risque d'être une guerre de tranchées

Bref, c'est un chantier que de préparer l'après-euro!

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