Attaque mortelle chez Charlie Hebdo

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Philippe Dupeyrat/AFP

Photo: Philippe Dupeyrat/AFP

Ce 7 janvier, une attaque au sein de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo a fait au moins 11 morts, dont les dessinateurs Cabu, Charb et l'économiste Bernard Maris, et presque une dizaine de blessés. Un jour terrible pour la presse.

Je n'ai pas pour habitude d'écrire sur les faits divers mais celui-là fait mal, d'autant plus qu'il s'agit de la presse, même si elle est loin d'être parfaite. En fin de matinée du 7 janvier, deux personnes ont attaqué la rédaction de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, faisant 12 morts, dont 2 policiers, d'après plusieurs témoignages, et plusieurs blessés, dont 4 qui pourraient passer l'arme à gauche. À l'heure actuelle, les auteurs sont en cavale.

Une cible croissante

On ne sait pas qui sont les auteurs de cette "boucherie", selon les termes des policiers ayant observé la scène de crime, et si jamais ils sont retrouvés, ça sentira le pugilat envers eux. Et pis, si les origines des auteurs de cet attentat seraient tournées vers le continent africain (Maghreb, Afrique subsaharienne), cela renforcera le racisme, la négrophobie, l'islamophobie, déjà palpables avec les succès médiatiques du polémiste de droite Éric Zemmour, de l'écrivain Michel Houllebecq (dont le roman "Soumission", évoquant un président musulman en France pour 2022 de manière fictive, sort aujourd'hui), et de l'exposition ExhibitB, accueillie avec enthousiasme par les fraternalistes (gauche).

Mais ce n'est pas la première fois que le journal satirique, revendiquant une ligne libertaire par son ancêtre Hara-Kiri, se fait attaquer. En 2006, ou encore en 2011, le journal fut ciblé suite à des caricatures concernant le prophète musulman Mahomet publiées dans ses colonnes. Donc, quelque part, cela pouvait être prévisible. Ce qui n'exclut pas la critique qui serait faite à ce journal à propos de ces caricatures, très mal perçues pour les musulmans de France, et qui peut être compréhensible. Tout comme il y a plus d'un an (si j'ai bonne mémoire), une attaque d'un homme envers la rédaction du journal Libération, et de la chaîne BFMTV.

Personne n'est à l'abri

En tout cas, cette attaque montre que désormais, personne n'est à l'abri, et encore moins la presse. D'ailleurs, la presse française jouit d'une méfiance record de la part du lectorat, notamment sur son indépendance par rapport aux partis politiques, aux grandes industries. Une méfiance qui peut se justifier par les multiples rachats ou possessions de journaux (Le Monde, Libération, L'Obs, Les Échos, Le Figaro, etc.) par des industriels, des financiers, puissants économiquement et politiquement. Mais ce serait oublier que d'autres journaux, peut-être moins connus du lectorat, mais dont le financement et la propriété sont plutôt issus des journalistes eux-mêmes ou des associations de lecteurs (Alternatives Économiques, Politis, etc.), et qui montrent ainsi davantage d'indépendance éditoriale par rapport au pouvoir politique ou économique.

Récupération politique

Le plus à craindre dans cette sinistre histoire, c'est que les leaders politiques en fassent une grande récupération, tels des charognes, des vautours, allant se jeter sur les cadavres. Déjà, le président, François Hollande, s'est rendu sur place. Et ce que je crains le plus, c'est que ça va pousser Valls et son gouvernement à faire de nouvelles lois anti-terroristes qui seraient en fait des lois liberticides, comme l'étaient les lois scélérates, qui faisaient suite à la série d'attentats anarchistes durant la IIIe République.

Mais la grande gagnante serait Marine Le Pen. La leader du Front national, ce parti commun aux autres contrairement à ce qu'il prétend, qui pourra jouer sur les peurs, et encore davantage si les coupables seraient d'origine étrangère, comme je l'ai mentionné plus tôt dans cet article.

Bref, c'est vraiment un sale jour!

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