Bataille de la Nouvelle-Orléans

Publié le par JoSeseSeko

Bataille de la Nouvelle-Orléans

La dernière bataille où Britanniques et États-uniens s'affrontèrent n'eut pas lieu du côté de Yorktown, en Virginie, mais bien du côté de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Un point final dans une guerre comprise dans le contexte des guerres napoléoniennes.

En cette année 2015, où beaucoup d'anniversaires historiques tombent en même temps en France (batailles d'Azincourt en 1415, de Marignan en 1515, mort de Louis XIV en 1715, bataille de Waterloo en 1815), on en oublie que d'autres événements historiques, ayant eu lieu dans d'autres pays, nous concernent indirectement. Par exemple, la bataille de la Nouvelle-Orléans, qui s'est terminée le 8 janvier 1815, avec la victoire des États-uniens sur les Britanniques. J'aurais du écrire sur ce sujet ce jour-là mais les événements autour de Charlie Hebdo, et les questions qui se posaient, étaient plus urgents.

Une guerre napoléonienne

Cette bataille fut l'épilogue d'une guerre anglo-américaine commencée en 1812, au moment où Napoleone Buonaparte (pardon, Napoléon Bonaparte), partait dans sa folle campagne de Russie. Il faut dire qu'il a indirectement provoqué cette guerre, en raison du blocus continental. Ce blocus interdisait toute nation de commercer avec le Royaume-Uni, et en réaction, la marine british bloquait les ports français. Or, les États-Unis voulaient commercer avec les deux nations en guerre et décidèrent, notamment sous la présidence de James Madison de faire un embargo sur les produits français et anglais, comme le rapporte l'historien britannique Richard Holmes dans son livre Napoléon (en version originale: The Napoleonic Wars Experience, 2006). Selon lui, bien que les deux pays acceptèrent les conditions de Washington, Londres inspectait chaque navire américain pour vérifier si des déserteurs d'Albion ne se seraient pas cachés dedans. Alors, les américains déclarèrent la guerre sur ce prétexte en juin 1812.

Une guerre malvenue pour les Anglais, qui préféraient concentrer leurs efforts sur l'Espagne, où Arthur Wellesley, duc de Wellington, malmenait les troupes françaises prises dans ce bourbier espagnol depuis 1808, et qu'il lui fallait tout de même des renforts, afin de les repousser vers les Pyrénées. Et la guerre tournait jusqu'en août en 1814 plutôt à l'avantage des États-uniens, avec des victoires terrestres dans le Nord du pays et au Canada, la mise à sac de York (actuelle Toronto), plus des succès maritimes. Néanmoins, la Royal navy reprit du poil de la bête, en raison de la paix en Europe avec la 1ère abdication de Napoléon suite à la campagne de France, et permit aux soldats d'Albion d'incendier Washington, le 24 août 1814. D'ailleurs, durant l'été 2014, l'ambassade britannique à Washington a tenu à rappeler, de manière maladroite, l'incendie de la Maison-Blanche, ce qui lui a valu de nombreux commentaires outre-Atlantique.

Le statu quo au bout

Le rééquilibrage opéré dans l'année 1814 poussa les deux pays à entamer des négociations à Gand, dans l'actuelle Belgique, qui tendait vers un statu quo. Mais comme ça prenait du temps, Albion voulait lancer une attaque décisive pour négocier en position favorable. Alors les troupes commandées par Edward Pakenham, Irlandais de naissance, comme Wellington, dont il était le beau-frère et dont il avait servir sous ses ordres en Espagne. Face à lui, des troupes américaines organisées par le général Andrew Jackson, qui furent deux fois moins nombreuses. Deux semaines d'affrontements s'organisèrent autour de la Nouvelle-Orléans, dans les bayous de Louisiane, méconnus des Anglais, qui s'enlisèrent dans ces paysages, ne pouvant utiliser leur supériorité numérique. Par contre, les américains gagnèrent ainsi du temps, afin de consolider les défenses de la ville. Bien leur en prit puisqu'au 8 janvier 1815, Pakenham lança l'assaut contre les fortifications américaines, qui fut un échec retentissant. Les Britanniques avaient sous-estimé la puissance de feu des Américains, puis des pirates venus prêter main-forte et durent battre en retraite. Plus de 2.000 morts (dont Pakenham lui-même) et blessés côté british, contre une centaine de morts et blessés pour les ricains.

Cette bataille eut pu tourner aux US grâce aux pirates installés dans les bayous. Des pirates qui étaient essentiellement francophones. Le plus célèbre d'entre eux, Jean Lafitte, fut un soldat de l'armée française avant de la déserter, à la fin de l'expédition esclavagiste à Saint-Domingue où les indépendantistes haïtiens vainquirent les français à Vertières, le 18 novembre 1803. Ce qui m'autorise à rappeler une chose qu'on ne dit jamais, notamment de la part des historiens bien-pensants. Les premières personnes à avoir vaincu la France de Napoléon Bonaparte furent les ex-esclaves noirs que "l'ogre corse" voulait remettre en esclavage, suite à la loi du 20 mai 1802. Toujours est-il que la bataille de la Nouvelle-Orléans stoppa la guerre puisque durant les combats, diplomates britanniques et états-uniens trouvèrent un accord de paix, ratifié par Londres en janvier et par Washington en février 1815, établissant un statu quo. Un accord opportun pour les Anglais puisque peu de temps après, Napoléon s'évada de l'île d'Elbe et reprit le pouvoir en France, Albion pouvant alors préparer une nouvelle coalition, la 7e et dernière, contre la France.

Côté ricain, cette bataille servit le prestige d'Andrew Jackson, qui grâce à ce fait d'armes, devint président des États-Unis de 1828 à 1836.

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