Affaire Benalla: police-milice organisée

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran Youtube/Taranis news

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Depuis les révélations sur la participation d'Alexandre Benalla, chef adjoint de cabinet du président Emmanuel Macron dans un tabassage de manifestants le 1er mai, aux côtés des forces de police, des questions se posent sur le rôle du pouvoir exécutif dans la protection du suspect, ainsi que sur le fonctionnement de la police, qui semble laisser faire des personnes qui seraient liées au pouvoir.

Décidément, Emmanuel Macron n'a pas le nez creux! Non seulement, la victoire de l'équipe de France en Coupe du monde ne lui profite pas, mais en plus, une affaire judiciaire concerne un de ses collaborateurs. En l'occurrence, Alexandre Benalla. Depuis le 18 juillet, ce membre du cabinet présidentiel est au cœur d'une affaire judiciaire, suite à une révélation du journal Le Monde où il est démontré que Benalla, portant un casque de policier, frappe un manifestant sur la place de la Contrescarpe, à Paris (Ve arrondissement), lors de la manifestation du 1er mai. Ce collaborateur de Macron est actuellement placé en garde à vue, avec le parquet de Paris qui a ouvert une enquête préliminaire pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique", puisqu'il portait un casque et un brassard de policier alors qu'il ne fait pas partie de la police (cf lien n°1).

Multirécidiviste

À l'instar de Macron, multipliant les provocations orales avant de passer à une phase écrite en matière de politique économique et sociale, avec pour dernier exemple le "pognon de dingue" des aides sociales, Benalla est un multirécidiviste en matière d'infractions, de coups donnés envers autrui. En 2012, il était le chauffeur d'Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif - en gros, ministre de l'Industrie -. Une semaine plus tard, il se fit virer par le ministre en raison d'un accident de voiture que le chauffeur a provoqué et dont il voulait prendre la fuite (cf lien n°2). Décrit comme impulsif, celui qui a été parmi les premiers à croire en Macron en avait mis une couche durant la campagne présidentielle. En effet, en mars 2017, un journaliste de la chaîne Public Sénat vit son accréditation presse arrachée par Benalla, durant un meeting de Macron à Caen (Calvados). En dépit de ce que ce média considère comme une atteinte à la liberté de la presse, l'équipe du candidat n'a pas donné de suite (cf lien n°3).

Une chose est sûre, il bénéficie de passe-droits pour aller dans des manifs auprès des forces de l'ordre (social) ou dans d'autres événements où la question de la sécurité serait importante. Le tweet du syndicat des commissaires de la police nationale avoue qu'il est habitué à faire partie des services d'ordre et que de par son statut à l'Élysée, très peu de personnes s'opposent à sa volonté (cf lien n°4).

Sans compter le fait qu'il faisait partie de ceux qui se chargeaient de la sécurité des Bleus au moment de leur retour triomphal à Paris, lundi 16 juillet, avec ce défilé express sur les Champs-Élysées qui en a frustré plus d'un.

Couvrir ses arrières

Maintenant, Benalla est en garde à vue, avec un autre collaborateur de Macron, Vincent Crase, également présent lors des violences du 1er Mai. Mais quand même, ces faits datent de plus de deux mois. À l'heure des réseaux sociaux, c'est le genre de truc qui peut difficilement être caché très longtemps a priori. Ce qui suppose que Benalla a été protégé au haut niveau. Du côté de la police, il se pourrait bien que trois flics, dont deux commissaires, aient copié les images de vidéosurveillance de la ville de Paris montrant la scène de violence du 1er Mai pour les envoyer à Benalla, histoire de le prévenir de cette existence (cf lien n°5). Du côté de l'Élysée, les choses étaient sues très rapidement puisque peu après, Benalla fut mis à pied avec retenue de salaire pour 15 jours. Et depuis, il réintégra, oklm, son poste au sein du cabinet présidentiel.

Désormais, vu l'ampleur nationale que prend cette affaire, le prévenu va être licencié par l'Élysée (cf lien n°6). À croire que ce gars adepte du muscle était devenu trop gênant pour le pouvoir, qui cherche à couvrir ses arrières. Et pour cause! Après la manif du 1er Mai, Macron, alors en voyage en Australie, s'était fendu d'un tweet où il accusait les violences commises de la part des manifestants, appelant à une identification et un jugement rapides. Un tweet qui va lui revenir comme un boomerang vu la situation de son collaborateur, aujourd'hui. Voyez plutôt.

Puis, pour terminer en musique, autant mettre le groupe Trust et sa chanson Police-milice, qui est bien d'actu, alors qu'elle a près de 40 ans d'existence.

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