Une (petite) répétition générale

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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La journée de mobilisation du 9 mars marque une stagnation du mouvement des gilets jaunes, mais tout va se jouer le 16 mars prochain, marquant soit un renouvellement de la lutte, soit la fin du mouvement.

Qui des gilets jaunes ou du gouvernement mettra KO l'autre? La question pourrait bien connaître son dénouement, samedi 16 mars, lors de l'acte 18, marquant le 4e mois d'existence de la mobilisation des gilets jaunes dans la rue, dans les rond-points. En attendant, l'acte 17 n'a pas mobilisé grand monde. Selon ce que soulignent les gilets jaunes, 90.469 personnes auraient été comptabilisées sur l'ensemble de la France, samedi 9 mars, dont 18.000 sur Paris, disséminés en plusieurs endroits, ce qui ne facilite pas la vérification du nombre. Toujours est-il que c'est sensiblement inférieur à celui du 2 mars précédent (96.427).

Prise d'initiative

Dans cette lutte d'usure entre le pouvoir exécutif et ce mouvement social hétéroclite, on assiste quelque part à une partie de poker menteur, où chaque camp tente de bluffer son adversaire et avoir l'initiative. Jusqu'en janvier, c'étaient les gilets jaunes qui donnaient le la, jouant sur leur capacité à se mobiliser, via les réseaux sociaux, mettant le pouvoir dans les cordes qui, en retour, abusait des violences policières tant il se sentait menacé. D'ailleurs, les mesures sur la politique fiscale envers les carburants, qui avaient été l'étincelle mettant le feu aux poudres, durent être abandonnées - provisoirement - et des mesures faussement favorables sur le salaire, le pouvoir d'achat, furent lancées par le pouvoir en réaction aux manifestations.

Depuis mi-janvier, avec le lancement du grand débat national par le président Emmanuel Macron, le pouvoir a repris la main, obligeant les gilets jaunes à être dans la réaction, et non plus dans la prise d'initiative. D'ailleurs, peu à peu, les journées de mobilisation des gilets jaunes étaient généralement moins puissantes qu'auparavant et le dénigrement médiatique, couplé d'une forte exposition de séquences du grand débat où Macron était présent, n'y sont pas étrangers.

Croisée des chemins

Comme ce grand débat va toucher à sa fin, vendredi 15 mars, la question sera de savoir ce qu'en fera le gouvernement. Soit, il conclut en prenant en compte les aspirations économiques, sociales, démocratiques, etc. développées durant cette période pour formuler une offre politique convaincante. Soit, il n'en a cure et entend maintenir son cap qu'il croit légitime au nom de la victoire à la Pyrrhus de Macron en 2017. Ce qui conduit à deux réactions opposées. Dans le premier cas, le 16 mars correspondrait à un baroud d'honneur des gilets jaunes, vaincus à terme par le pouvoir et sa capacité à absorber ce que le mouvement a porté ces derniers mois. Dans le second cas, ce serait un nouveau souffle pour les gilets jaunes pour menacer le pouvoir exécutif, pouvant aussi s'appuyer sur des réserves émises à l'égard de la France au niveau de l'Organisation des nations unies. Ce qui, tant du côté du pouvoir que du côté des chiens de garde (intellectuels, journalistes, etc.), n'a guère été apprécié et c'est un euphémisme de le dire (cf liens n°1, n°2, n°3, n°4).

Bref, il est évident que le 16 mars marquera une croisée des chemins. Et quoiqu'il en soit, les jours qui vont précéder verront une tension dans les esprits analogue à celle qui prévalait avant le 17 novembre 2018, date de la première journée de mobilisation des gilets jaunes. Avec une différence, toutefois. C'est que l'expectative était de rigueur tant le mouvement était fixé sur la question de la fiscalité sur les carburants. Près de quatre mois plus tard, d'autres sujets ont été développés, appelant à une remise en question élargie de la société française.

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