Une république bananière made in USA

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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L'irruption menaçante de militants pro-Trump dans le Capitole, avec une certaine complaisance policière, montre combien le président états-unien battu nie profondément sa défaite et tourne les États-Unis en ridicule.

La décennie 2020 marque un renversement dans la géopolitique mondiale. En premier lieu, le Coronavirus qui frappe l'Occident, montrant son affaiblissement lié à l'adoption du capitalisme néolibéral, mondialisé, et épargnant relativement le continent africain. Et avec les États-Unis de Donald Trump, on peut parler de république bananière, alors que cette expression était souvent utilisée envers des pays africains faisant peu de cas du respect des résultats électoraux. En tout cas, il y a de quoi rire (ou pleurer, c'est selon) devant des images de militants pro-Trump, mercredi 6 janvier, s'infiltrant dans le Capitole et clamant que le président en exercice jusqu'au 20 janvier prochain aurait gagné l'élection présidentielle du 3 novembre dernier (cf liens n°1, n°2).

Chant du cygne

Cette manifestation de rage est un chant du cygne pour un Trump qui prétend mordicus avoir subi une fraude durant cette élection présidentielle, ayant multiplié les recours juridiques en matière de recomptage dans les états du Michigan et de la Géorgie, au point de demander l'intervention de la Cour Suprême. Et celle-ci, que Trump a fait renforcer dans le giron conservateur peu avant l'élection, a pourtant rejeté ses recours. Ce qui relate la fragilité de sa ligne de défense.

Mais cette invasion de militants pro-Trump dans le Capitole n'est pas le fruit du hasard puisque ce 6 janvier 2021 correspond à la réunion du Congrès comptabilisant définitivement la répartition des grands électeurs et la victoire de Joe Biden, dont il ne faut rien espérer soit dit en passant. Et Trump avait rassemblé quelques milliers de partisans à Washington pour son chant du cygne et voyant combien ça a débordé, il dut se contraindre à appeler ses partisans à rentrer chez eux, tant il s'est ridiculisé en mondiovision. Mais le ridicule ne tue pas, paraît-il.

Laissez-faire, laissez passer

En tout cas, pour qui en doutait encore, le racisme institutionnel made in USA y a été encore prouvé, ce 6 janvier. Pourquoi cela? D'un côté, les manifestations consécutives à la mort de George Floyd avait poussé l'administration Trump à mobiliser fortement la police, la garde nationale pour protéger les bâtiments institutionnels et réprimer les manifestants, surtout les afro-descendants, pendant que des manifestants euro-descendants, suprémacistes blancs, pro-Trump et armés, pouvaient (déjà) entrer dans le Capitole de l'État du Michigan sans gros problème; de l'autre, justement des manifestants pro-Trump rentrant dans des institutions comme dans un moulin, et que la police prenne son temps pour réprimer, y compris de manière mortelle (cf lien n°3), apportant des symboles pour le moins sinistres comme le drapeau confédéré au sein du Capitole.

Autant le dire, quand on est noir (ou non-blanc), la police yankee est prête à tirer. Quand on est blanc, la police yankee est en mode "laissez-faire, laissez passer". Ce qui, par ailleurs, illustre combien racisme et capitalisme font la paire vu que le "laissez-faire, laissez passer" est un principe cardinal chez les tenants du capitalisme libéral depuis le 18e siècle, signe d'une pensée qui se croit moderne mais qui est profondément archaïque.

En tout cas, merci pour ce moment, Trump!

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