Le spectre du confinement et la difficulté de la vaccination

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Elias Rovielo

Photo: Flickr/Elias Rovielo

La suspension de la mise en circulation du vaccin produit par AstraZeneca dans plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France, interroge sur l'efficacité du vaccin en question ainsi que sur la stratégie de vaccination, alors qu'il y a un an, le confinement était généralisé dans le monde, pour réduire l'influence du Coronavirus.

Il y a un an, le président Emmanuel Macron annonçait le premier confinement dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus, déclarant d'ailleurs que "beaucoup de certitudes, de convictions, seront remises en cause". Un an plus tard, la perspective d'un troisième confinement n'est pas totalement écartée. Du moins au niveau de certaines régions, puisqu'une partie des Hauts-de-France et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est confinée le weekend depuis fin février, et que vu l'évolution de la pandémie en Île-de-France, il serait surprenant qu'il n'y ait pas de confinement. Mais comme il s'agit de la région la plus riche et la plus peuplée de France, l'impact économique incite les autorités locales et nationales à n'envisager cette mesure qu'en toute dernière nécessité (cf lien n°1).

Stratégie de vaccination illisible

Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, Macron dût annoncer la suspension provisoire de la mise à disposition du vaccin AstraZeneca, lundi 15 mars, pour une durée de 24 heures, le temps de vérifier l'efficacité du vaccin et les risques d'effets secondaires, vu que plusieurs autres pays européens ont agi de la même manière ces derniers jours en raison de recensements de cas de thrombose chez des personnes ayant reçu une dose du vaccin AstraZeneca contre le Coronavirus. Ce qui n'est pas un cadeau au sujet de ce vaccin puisqu'en février dernier, les autorités sanitaires sud-africaines ont stoppé son utilisation car il ne montrait pas une efficacité probante face au variant sud-africain du Coronavirus, qui est devenu une des plus grandes craintes de l'Organisation mondiale de la santé.

Autre effet pervers, c'est que plusieurs médecins et pharmaciens, ces derniers ayant autorisation de vacciner depuis le... 15 mars, estiment que cette suspension renforcerait les antivax à travers cette décision "politique" et non "scientifique", à leurs yeux (cf lien n°2). Et ce, alors que la vaccination en France reste relativement faible par rapport à d'autres pays de l'Union européenne (UE) tels l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la Grèce, le Danemark, la Hongrie, la Suède, etc. et que cette suspension du vaccin AstraZeneca aggrave une pénurie déjà existante dans l'Hexagone, liée à la stratégie de commandes vaccinales de l'UE au rabais (payer le moins cher possible), limitant ainsi la livraison des doses (cf lien n°3). Et dire que Macron clamait, il y a un an, que "nous sommes en guerre" contre le Coronavirus, mais ça ne s'en donne pas les moyens d'une économie de guerre - réquisition, levée des brevets pour une libre fabrication au nom du bien commun -. De quoi rendre illisible une stratégie vaccinale, dont l'objectif fixé par le Premier ministre Jean Castex est 10 millions de Français(es) vacciné(e)s courant avril.

Mutation problématique du virus

Néanmoins, à la décharge du pouvoir et des autorités sanitaires, il faut avouer que le Coronavirus affiche de multiples mutations ou variants, qui rendent l'efficacité des vaccins actuellement en circulation de plus en plus aléatoire. Trois d'entre eux ont été pour l'instant répertoriés comme tels par l'OMS: le variant anglais, le variant sud-africain, le variant brésilien. Peut-être qu'un quatrième se rajouterait à la liste, en provenance de France, et plus précisément de la région Bretagne, car quelques cas de Coronavirus ont été recensés du côté de Lannion (Côtes-d'Armor), alors que les tests PCR se sont révélés négatifs. Comme il s'agit des premières recherches, rien n'est certain sur le potentiel de contamination et le degré de létalité de ce variant breton par rapport au virus "historique" et aux variants évoqués plus haut (cf lien n°4).

De quoi complexifier la tâche des chercheurs dans les laboratoires et les décideurs politiques sur la question d'un troisième confinement national, tant de potentielles incertitudes peuvent émerger, avec le risque de prolonger ce régime de semi-hibernation qu'est le couvre-feu, mettant les nerfs à vif.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article