Un pas en avant à concrétiser

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Greenpeace USA

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Le verdict du jury considère Derek Chauvin comme coupable pour l'ensemble des chefs d'accusation contre lui dans la mort de George Floyd, le 25 mai 2020 à Minneapolis. L'ancien policier peut encourir désormais 75 ans de prison, avec le cumul des charges retenues contre lui. Une décision historique qui ne doit pas servir de cache-misère du racisme institutionnel.

"Une décision historique"! C'est ce qui ressort en premier lieu à l'annonce du verdict du jury dans le procès de Derek Chauvin, reconnu coupable de meurtre au deuxième et au troisième degré, ainsi que d'homicide involontaire envers George Floyd, le 25 mai 2020 (cf lien n°1). Ce crime de la part de ce policier blanc a été estimé ainsi parce que son intervention mortelle envers l'afro-descendant Floyd a été filmée par plusieurs témoins et que la vidéo d'environ neuf minutes de l'agonie de Floyd, indiquant qu'il ne pouvait plus respirer, a fait le tour du monde, provoquant une onde de choc internationale. Reste à savoir si le juge compte condamner Chauvin à 75 ans de prison, ce qui est la peine maximale qu'il risque avec le cumul des chefs d'accusation retenus contre lui et dont il est considéré comme coupable. Réponse dans huit semaines (cf lien n°2).

Achat de la paix sociale?

Si cette décision du jury résonne comme une victoire claire et nette face à un crime négrophobe institutionnel, une question demeure malgré tout dans mon esprit. Est-ce que les jurés ont pleinement jugé Chauvin en leur âme et conscience ou n'ont-ils pas agi de la sorte pour mieux acheter la paix sociale? C'est bien terrible d'écrire pareille chose mais le fait est que ce genre de condamnation pour des violences policières à caractère raciste est rarissime, aux États-Unis comme ailleurs. Puis, si le jury n'avait pas reconnu la culpabilité de Chauvin sur les trois chefs d'accusation retenus contre lui, il y aurait forcément eu des révoltes (ou des émeutes, c'est selon) qui auraient embrasé le pays, bien plus que celles de Los Angeles fin avril-début mai 1992, au moment de l'acquittement des policiers ayant tabassé Rodney King.

Enfin, cela montre combien la mobilisation sur la question du racisme peut être porteuse, vu que le mouvement Black Lives Matter a poussé la remise en question du racisme institutionnel outre-Atlantique et que plusieurs états-uniens blancs se sont mobilisés aux côtés des afro-descendants en juin 2020 pour faire pression car c'est éminemment politique, dans le sens étymologique du terme, à savoir "la vie de la cité". Vu la décision du jury, est-ce que la mobilisation va s'estomper, estimant que "justice a été rendue"? Ce serait un aveu d'impuissance et mise sur un piédestal de la mort de Floyd, alors qu'une Breonna Taylor, tuée à son domicile en mars 2020 par des policiers qui ont été - pour deux d'entre eux - seulement renvoyés de l'institution à Louisville, ou qu'un Daunte Wright a été tué par une policière à Minneapolis le 11 avril dernier, en plein procès de Derek Chauvin, et que cette dernière a juste démissionné de la police (cf lien n°3); et que ces deux victimes afro-descendantes et leurs familles respectives attendent aussi la justice.

Bref, il ne faut pas s'en contenter. Maintenons la pression!

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