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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Marine Le Pen condamnée. Et alors?

Publié par JoSeseSeko sur 31 Mars 2025, 21:37pm

Catégories : #Politique, #Justice, #Le Pen, #RN, #Europe, #France, #Ve République

Photo: AFP

Photo: AFP

La condamnation pour détournement de fonds publics de la cheffe du Rassemblement national, plus huit autres coaccusés, suscite des remous dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, signe de l'importance donnée à l'extrême-droite ces dernières décennies en France, comme ailleurs, et du présidentialisme qui anesthésie la vie politique.

"Elle est des nôtres! Elle est condamnée comme les autres!" Pourraient se dire bien des politiciens ayant eu affaire avec la justice, à l'issue du procès de Marine Le Pen et de huit autres membres du Rassemblement national pour détournement de fonds publics européens. Ce qui fait que la cheffe du parti d'extrême-droite ne peut plus jouer la carte du "tous pourris" pour convaincre des électeurs (aliénés) de se tourner vers le parti qu'a fondé son père, feu Jean-Marie Le Pen, mort le 7 janvier dernier. De quoi d'ores et déjà maudire cette année 2025 pour son clan. Et ce, d'autant plus que les peines énoncées lors du verdict marquent les esprits. 4 ans d'emprisonnement, dont 2 fermes aménageables - bracelet à domicile par exemple -, 100.000 euros d'amende et (surtout) 5 ans d'inéligibilité, assortis avec exécution provisoire. Autrement dit, la peine d'inéligibilité n'est pas suspendue en cas de procédure d'appel, comme compte le faire Le Pen. Ce qui rend une candidature pour elle à l'élection présidentielle de 2027 très difficile à réaliser pour elle (cf lien n°1)

Séparation des pouvoirs

Néanmoins, cette condamnation fait sensation au sein de la classe politique française, mais même internationale. En effet, les pouvoirs hongrois et russe vocifèrent contre cette condamnation de la part de la justice, considérant que c'est un coup contre la démocratie - la bonne blague venant de leur part -, sans oublier les États-Unis version Donald Trump qui affichent leur "préoccupation" sur cette histoire. La droite et l'extrême-droite parlent d'une justice qui agirait contre la démocratie. Bref, des larmes pathétiques de nantis serviteurs du capital qui se plaignent, en parallèle, d'un soi-disant laxisme de la justice, dont ils ne cessent de couper ses moyens de fonctionnement - humains, financiers, matériels -, envers les prolétaires, notamment ceux ayant des racines extra-européennes. Puis, la principale condamnée s'est fendue d'une lamentation dans le journal de 20h de TF1, dénonçant un "procès politique", voire même "une violation de l'État de droit" à son encontre (cf lien n°2), vu qu'elle partait pour présenter une quatrième candidature à l'élection présidentielle de 2027. Le terme de procès politique pouvant séduire des esprits confus(ionnistes), tant ils ont de la rancœur - justifiée - envers le pouvoir sous la coupe d'Emmanuel Macron et de ses sbires, mais par opportunisme crétin, seraient prêts à se jeter dans les bras de l'extrême-droite pour mieux se faire poignarder par elle.

Car en jetant la suspicion sur l'autorité judiciaire, en vérité, c'est Le Pen, ainsi que les responsables politiques qui viennent à son soutien, qui remet en cause et tient à violer l'État de droit qui est basé sur la séparation des pouvoirs, principe issu de la pensée des Lumières et mis en pratique, plus ou moins visible, depuis la Révolution française. Et de la part d'une juriste de formation comme l'est Le Pen, elle sait pertinemment ce qu'elle dit dans cette remise en cause, tant elle voudrait qu'au fond, la justice soit laxiste envers elle et ses partisans, mais impitoyable envers les dominés, surtout s'ils sont non-blancs. Bref, une justice "indulgente aux grands, dure aux petits" (Figaro). Et à gauche, la plupart saluent cette décision de justice. Mais une exception notable donne un gros bémol. En l'occurrence, Jean-Luc Mélenchon, pour qui il vaudrait mieux que "la révocation d'un élu devrait revenir au peuple", selon l'idée du référendum révocatoire, qu'il défend dans sa conception d'une VIème République. Est-ce à dire que la justice n'a plus à enquêter, juger et condamner des politiciens pris dans des affaires de corruption, de détournements de fonds publics, etc? Difficile à dire. Mais comme Mélenchon est dans le collimateur pour des faits d'utilisation de fonds européens pour financer son activité politique française, cela peut donner libre interprétation à chacun, surtout pour les anti-France insoumise (cf lien n°3). Néanmoins, l'ancien ministre des Finances grec Yánis Varoufákis craint que cette décision permette au RN de se victimiser et d'ainsi se renforcer électoralement pour pouvoir accéder au pouvoir à l'avenir. Et vu la méfiance envers la justice ou contre-pouvoir de nos jours, l'avertissement de Varoufákis doit être pris au sérieux (cf lien n°4).

Bardella lancé pour 2027?

À moins d'un renversement de situation spectaculaire, Marine Le Pen ne devrait pas pouvoir être candidate pour l'élection présidentielle de 2027. Par conséquent, qui prendrait le relais? Jordan Bardella semble être le successeur tout trouvé, vu qu'il préside l'ex-Front national depuis quelques années. Et "à chaque chose, malheur est bon", car il a une occasion de mettre de côté Le Pen sans risquer un affrontement interne direct. Mais le semi-échec des élections législatives anticipées de 2024 a de quoi pousser à de la fronde interne. Sans oublier une ligne bien libérale économiquement, épousant bien l'islamophobie - ou changement d'antisémitisme, c'est selon - du RN. Ce qui peut rebuter des souverainistes - s'il en existent encore - dans leur tentation vers le parti d'extrême-droite. Et comme il peut y avoir plusieurs candidatures à droite et à l'extrême-droite (Édouard Philippe, Marion Maréchal-Le Pen ou Éric Zemmour, Gérald Darmanin ou Bruno Retailleau), cela rend possible un émiettement de l'électorat de droite.

De quoi donner du baume au cœur à gauche. Mais la réjouissance de l'instant présent ne doit pas faire oublier combien la gauche est fortement fracturée, brillant grandement ces derniers mois là-dessus et illustrant une lepénisation des esprits en son sein. Dernier exemple en date, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, reprenant sans sourciller l'idée d'un "racisme anti-blancs" en France. Ce que la holding Le Pen hurle, sans apporter de preuves matérielles, institutionnelles, sur ce point. Qu'il ne s'étonne pas ensuite de faire du PC un groupuscule qui continue de fondre en nombre de militants avec une ligne fraternaliste qui le rapproche davantage de l'extrême-droite sans pouvoir en récupérer une partie de cet électorat qu'il faudrait caresser dans le sens (raciste) du poil. Mais tout est bon à prendre, selon Roussel et ses partisans au parti communiste, pour se distinguer de la France insoumise, quitte d'ailleurs à se rapprocher de positionnements pro-Israël alors qu'historiquement, le parti était pro-palestinien par exemple.

Et tout ça pour attirer la couverture médiatique à soi. Signe que le présidentialisme, consubstantiel d'une Vème République à envoyer d'urgence à la retraite, mène à une ruine intellectuelle tant les idées ne comptent plus ou faiblement de nos jours, où il suffit juste d'avoir de la gueule et d'être bien vu par les affairistes détenteurs de mass media - Vincent Bolloré, Xavier Niel, Bernard Arnault, François Pinault, Rodolphe Saadé, etc. -. Sans oublier combien François Mitterrand laisse un héritage bien pourri sur le long terme avec l'abandon du socialisme pour l'Europe du marché à partir de 1983 - "tournant de la rigueur" - et la facilitation de l'exposition médiatique du FN version Le Pen père.

Avec de telles dispositions à gauche, la droite et l'extrême-droite peuvent dominer tout en aiguisant leurs couteaux pour leurs batailles internes.

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