Manifester pour la Palestine? À interdire (stupidement)

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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La manifestation pour la Palestine à Paris, interdite par la préfecture de police, s'est quand même faite, soulignant combien le pouvoir se discrédite quand ailleurs dans le monde occidental, des manifs ont pu se faire sans interdiction stupide.

"Il est interdit d'interdire". Ce slogan, qui fait miroiter l'esprit de Mai 68, bien qu'il ne date pas véritablement de cette époque, a flotté auprès du drapeau palestinien, dans l'après-midi du 15 mai, à Paris pour la manifestation en soutien à la Palestine, que la préfecture de police a rendu interdite au nom de la défense de la Palestine, dont une partie est dominée par le Hamas, mouvement islamiste classée organisation terroriste dans plusieurs pays, accusant ainsi les manifestants d'être des pro-Hamas, des islamo-gauchistes important le "conflit israélo-palestinien en France". Bref, des anathèmes bien courants dans l'union sacrée des paternalistes (droite) et des fraternalistes (gauche). Et malgré plus de 4.000 policiers et gendarmes déployés dans la capitale, quelques milliers de manifestants - au grand maximum 2.000 -, disséminés un peu partout dans le nord de Paris, ont battu le pavé, tout comme plusieurs milliers d'autres en France, où ça a pu manifester sans interdiction (cf lien n°1). De quoi se dire que du côté de la préfecture de police, il aurait été plus intelligent d'autoriser la manifestation. Mais demander de l'intelligence au préfet de police Didier Lallement, qui déclara par exemple en avril 2020 que les malades du Coronavirus le sont par leur faute parce qu'ils n'auraient pas respectés le confinement, c'est croire au père Noël. Ça n'existe pas!

Expansionnisme israélien

Mais pourquoi une telle situation a pu se produire? Il faut remonter au début du mois de mai, quand la police israélienne fut mobilisée au soutien de colons qui exproprient des familles palestiniennes vivant dans Jérusalem-Est puis en intervenant dans l'esplanade des Mosquées, un des lieux saint de l'islam, en pleine période de ramadan. De quoi pousser le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, à réagir avec des tirs de roquette, mais surtout le pouvoir israélien à encore plus réprimer avec l'envoi de l'armée israélienne dans Gaza. D'ailleurs, jusqu'à présent, il est comptabilisé davantage de victimes côté palestinien que côté israélien.

Et vu le traitement médiatique, ce sera tourné dans le sens de la défense d'Israël, alors que sa politique expansionniste - conséquence pratique du sionisme - a causé cette nouvelle tension en Terre sainte, comme d'habitude depuis la fondation de l'État d'Israël en 1948. Or, cet expansionnisme, voulu par la droite et l'extrême-droite israéliennes, organise de facto une alliance objective avec les islamistes du Hamas et chacune des parties y trouve son compte pour garder le pouvoir, à la place d'une gauche israélienne qui a vu le sionisme lui échapper des mains - la créature échappe à son créateur, bien que l'antisionisme était profondément de gauche - et une gauche palestinienne gangrénée par la corruption et incapable de répondre aux besoins matériels d'existence des Palestiniens, et notamment le droit de ce peuple à disposer de lui-même. Sans oublier le fait que la communauté internationale ne fait pas respecter le droit international, qui avait fixé la frontière à l'issue de la guerre des six jours (1967), car elle est sous la coupole des États-Unis, qui soutiennent à tout prix Israël, leur grand allié dans le Moyen-Orient. Et comme la France suit une politique extérieure atlantiste de manière docile depuis 2007 et l'élection de Nicolas Sarkozy, pas étonnant de voir un parti-pris pro-gouvernement israélien de la part d'Emmanuel Macron.

Par ailleurs, si on ajoute le racisme institutionnel à l'égard des afro-descendants israéliens ou palestiniens, il est notable de penser qu'Israël n'est pas une démocratie (cf lien n°2), mais que le régime politique actuel est similaire à celui du régime d'apartheid en Afrique du Sud. D'ailleurs, l'Afrique du Sud post-apartheid a une diplomatie encore pro-palestinienne, en souvenir du soutien des Palestiniens auprès des noirs Sud-africains pendant qu'Israël a soutenu quasiment jusqu'au bout le régime d'apartheid. De quoi se souvenir d'une phrase de Nelson Mandela: "Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens".

En tout cas, comme le chantait le groupe de rap IAM: "Le David d'antan est devenu Goliath, moi/ J'aurais pu croire Israël mais je ne le crois pas"

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