Un Tour destiné aux rouleurs sachant bien grimper

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Thomas Schirmann

Photo: Flickr/Thomas Schirmann

Le profil du Tour de France 2021 semble ne pas tellement favoriser les purs grimpeurs, même si certains, comme Tadej Pogacar, vainqueur l'an dernier, voudront tirer leur épingle du jeu.

Après une édition 2020 décalée en raison du Coronavirus, le Tour de France retrouve un cadre temporel plus habituel, en partant le 26 juin de Brest pour une arrivée sur les Champs-Élysées le 18 juillet. Enfin, c'est tout de même un peu plus tôt que d'habitude en raison des Jeux olympiques de Tokyo, commençant fin juillet et cela aurait dû être ainsi l'an dernier si le Coronavirus n'avait pas émergé et mis en panique bien des organisateurs d'événements en tous genres.

Pogacar, Roglic et les autres

Avec deux étapes contre-la-montre individuel, le parcours semble moins propice à de purs grimpeurs que sur les deux dernières éditions, où les étapes de montagne ont eu encore plus la part belle. Néanmoins, certains grimpeurs tenteront de limiter les dégâts pour pouvoir surcompenser en montagne. Notamment Tadej Pogacar. Le grimpeur slovène, vainqueur du Tour l'an dernier à 22 ans, pour sa première participation, sera attendu au tournant tant il a renversé la tendance au dernier moment, au détriment de son dauphin et compatriote Primoz Roglic. Ce dernier sera forcément revanchard tant son équipe Jumbo-Visma était dominatrice sur la Grande boucle en 2020 et qu'il a encore à prouver auprès de nombreux observateurs du cyclisme, en dépit de ses deux victoires d'affilée au Tour d'Espagne (2019, 2020). Enfin, à 31 ans, Roglic est dans ses meilleures années et ne doit pas laisser passer une nouvelle occasion d'inscrire son nom au palmarès des vainqueurs du Tour.

Ce que d'autres ont déjà fait, tels Christopher Froome (2013, 2015, 2016, 2017), Vincenzo Nibali (2014) ou Geraint Thomas (2018). Si ces trois-là sont au départ de ce Tour 2021, il reste à savoir s'ils ont les jambes pour tenir la distance car chacun des trois a dépassé l'âge de 35 ans. Ce ne devrait pas être rédhibitoire, mais vu le vent de la jeunesse porté par Egal Bernal en 2019 - absent cette année pour cause de participation (victorieuse) au Tour d'Italie - et Pogacar l'an dernier, ils auront bien de la peine à pouvoir glaner un nouveau succès. Et dans le cas de Thomas, il doit partager le leadership dans l'équipe Ineos-Grenadiers avec l'équatorien Richard Caparaz, vainqueur du Giro en 2019 et deuxième de la Vuelta en 2020. Hormis ces noms-là, ceux de Rigoberto Uran, d'Alejandro Valverde, Nairo Quintana ou Emanuel Buchmann font partie des coureurs luttant clairement pour le classement général, même si ça sent la pente déclinante. Surtout pour Quintana, qui n'a cessé de décevoir depuis 2015, année où il termina pour la deuxième fois dauphin de Froome, en s'en étant tout de même rapproché sur la dernière semaine.

Recherche d'étapes côté français

Et côté français? Ce sera plus pour le coup d'éclat, avec l'objectif victoire d'étape, que le classement général. Le parcours, avec les contre-la-montre a de quoi rebuter plusieurs coureurs français. D'ailleurs, ni Romain Bardet, ni Thibaut Pinot ne seront présents au départ. Le premier aurait dû déjà ne pas y être l'an dernier mais le contexte sanitaire a fait changer les choses, mais il a toujours gardé à l'esprit de faire le Giro, ce qui fut le cas en mai dernier. Quant au second, il était question également du Giro, mais une douleur au dos persistante depuis sa chute lors de la... première étape du Tour l'an dernier, à Nice, le gêne dans son rythme de course, laissant poindre une saison blanche pour le grimpeur de la Groupama-FDJ. Celle-ci peut tout de même compter sur David Gaudu, lieutenant de Pinot sur les deux derniers Tours et auteur d'une belle troisième place sur la classique Liège-Bastogne-Liège pour bien figurer au classement général, même s'il doit composer avec le sprinteur Arnaud Démare, qui veut chercher le maillot vert et des étapes au sprint.

Hormis Gaudu, peut-être que Guillaume Martin serait en mesure de se frayer un chemin dans le classement général. Sinon, ce sera la recherche de victoires d'étapes pour Warren Barguil ou pour Julian Alaphilippe. D'autant plus que ce dernier, champion du monde sur route l'an dernier, entend bien faire honneur au maillot arc-en-ciel en allant chercher une étape sur la première semaine de Tour - idéalement, l'étape du 27 juin arrivant à Mûr-de-Bretagne -. Mais il ne faut pas en demander plus, car son Tour 2019, terminé à la cinquième place, était pour le moins exceptionnel et que le puncheur de Deceuninck-Quick Step ne peut pleinement lutter dans la haute montagne.

Sauf miracle, c'est pas demain la veille que Bernard Hinault connaîtra un successeur en tant que vainqueur français du Tour.

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