Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Photo: AFP

Photo: AFP

Officiellement candidat à l'élection présidentielle étasunienne de 2024, l'ancien président tient à retourner à la Maison-Blanche, même s'il a une opposition interne qui se fait jour dans le parti républicain.

"Je suis un militant quotidien de l'inhumanité/ Des profits immédiats et puis des faveurs des médias/ Moi je suis riche, très riche, j' fais dans l'immobilier/ Je sais faire des affaires, y en a qui peuvent payer". Ces paroles de la chanson l'Homme pressé de Noir Désir collent parfaitement à la peau de Donald Trump. L'ancien président étasunien (2016-2020), battu par l'actuel locataire de la Maison-Blanche, Joe Biden, entend bien s'asseoir de nouveau dans le bureau ovale, ayant annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2024 dans la nuit du 15 au 16 novembre - heure française -. Histoire de prendre de court ses rivaux au sein du Parti républicain, même si c'était un secret de polichinelle (cf lien n°1).

Semi-échec

Cette annonce tombe une semaine après les élections de mi-mandat, qui sont habituellement très défavorables pour le parti politique au pouvoir. Normalement, le Parti démocrate de Biden devait subir une déroute, compliquant la fin de mandat de ce dernier. Or, ces résultats, encore incomplets, montrent que Trump n'a pas suscité une "vague rouge", permettant au Parti républicain de prendre la Chambre des représentants et le Sénat, avec une confortable majorité. Pis, les Républicains auraient une faible majorité - 5 sièges de plus, voire moins - à la Chambre des représentants et les Démocrates garderaient la majorité au Sénat (cf lien n°2). De quoi penser que Trump, et les mass media, se sont lourdement trompés sur les intentions de vote des électeurs. Voire même que Trump, à force de s'agiter dans tous les sens et d'avoir fait des élections de mi-mandat un marche-pied pour la présidentielle, a davantage mobilisé l'électorat démocrate que son propre électorat.

Et j'écris bien Trump car Biden n'a pas tellement eu à se forcer pour inciter les électeurs à voter démocrate, tant l'actuel président étasunien affiche une santé déclinante - sénile? - et qu'il n'est pas plus populaire outre-Atlantique, vu combien sa politique anti-inflation, menée de concert avec la Réserve fédérale, commence juste à faire ralentir cette dernière, quitte à faire réduire l'activité économique. C'est-à-dire, être source de chômage (cf lien n°3).

Fronde anti-Trump?

Le semi-échec des élections de mi-mandat se double de problèmes internes au Parti républicain entre les trumpistes et leurs adversaires internes. D'un côté, plusieurs soutiens de Trump n'ont pas réussi à se faire élire député, sénateur ou gouverneur. De l'autre, les rivaux internes sortent renforcés par leur réélection, ou celle de leurs partisans, en tant que députés, sénateurs ou gouverneurs. Ce qui est le cas de Ron DeSantis par exemple. Gouverneur de l'État de Floride, ce dernier a été réélu avec une plus grande majorité des suffrages et est de plus en plus présenté comme une alternative à Trump dans la primaire républicaine pour l'élection présidentielle de 2024 (cf lien n°4). Et vu son âge - 44 ans contre 76 ans pour Trump -, certains républicains aimeraient construire l'avenir du Parti à ses côtés, sachant qu'il serait "un Donald Trump avec un cerveau mais sans le cirque". Les tenants du racisme institutionnel US y trouveront leur compte, s'ils y réfléchissent.

Et ce, d'autant plus que Trump a des histoires judiciaires, illustrées par la perquisition de son domicile de Mar-a-Lago en... Floride, mi-août, ainsi que son rôle dans l'incursion de plusieurs de ses partisans au Capitole - lieu de rassemblement du Congrès (Sénat+Chambre des représentants) -, le 6 janvier 2021. À force de sentir le souffre, Trump peut tendre à dégoûter une partie de sa base militante, électorale, qui reste attachée au processus "démocratique" édifié chez l'oncle Sam pour mieux diffuser sa rhétorique conservatrice.

In fine, cette candidature tend à être vue comme le chant du cygne d'un homme accroché au pouvoir tel un skieur à son tire-fesses.

Tag(s) : #Politique, #Amériques, #États-Unis, #Trump, #Élections
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :