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Les insultes adressées par Cyril Hanouna au député Louis Boyard quand ce dernier se mit à critiquer Vincent Bolloré et rappeler les soucis judiciaires de ce dernier en Afrique francophone montrent combien l'animateur sur C8 est un serviteur zélé du capital, apte pour aliéner les esprits.

"Ferme ta gueule". Cette insulte de la part de Cyril Hanouna à destination du député Louis Boyard (France insoumise), dans l'émission Touche pas à mon poste, jeudi 10 novembre, résume la tonalité de l'échange entre l'animateur de C8 et le député, où le premier n'a eu de cesse de vouloir rabaisser le second en se croyant au-dessus de tout car il s'agit de son émission (cf vidéo).

Chien de garde

Mais qu'est-ce qui a causé cet échange? C'est le fait que le député Boyard mentionne Vincent Bolloré parmi les affairistes qui "appauvrissent la France et appauvrissent l'Afrique", appelant au préalable à ne pas opposer les pauvres, les exploités, "entre eux", en fonction de leurs racines, françaises ou non. Et à partir de là, Hanouna et ses chroniqueurs répondent par l'injure ("t'es une merde!"), par l'accusation d'hypocrisie dans la mesure où Boyard était chroniqueur de l'émission avant d'être élu député en juin dernier pour le compte de la coalition Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), et appellent en fait à la censure car le député serait hors sujet, vu qu'il est question d'immigration, avec le vaisseau Ocean Viking qui allait accoster les côtes françaises, avec 230 exilés à bord. Au passage, Hanouna fait un magnifique lapsus révélateur de sa ligne éditoriale - capitalisme et racisme vont de pair -, en l'occurrence: "Je suis le premier à défendre le racisme".

Néanmoins, si chez Bolloréland, l'expression raciste a pignon sur rue, l'affairiste n'est pas le seul à laisser faire et d'autres milliardaires, possédant des mass media dans le but d'être influents auprès des gouvernants et de bâillonner toute presse alternative, sont à surveiller au même titre que Bolloré. Ce qui me permet de rappeler l'alerte de l'économiste Francis Delaisi lancée dès 1911 dans un paragraphe de son livre La Guerre qui vient:

  • "En dépit des apparences démocratiques [en France], le peuple, on le sait, ne gouverne plus et ne contrôle plus ses gouvernants. Une petite bande de capitalistes se sont emparés des Conseils d'administration des grandes Sociétés financières; ils tiennent en leurs mains les banques, mines, chemins de fer, compagnies de navigation, d'eau, de gaz, d'électricité, bref tout l'outillage économique de la France [...] ils dominent le Parlement, disposent des ministres et prennent à leur solde la grande presse qui fait l'opinion publique. Habilement cachés derrière le paravent démocratique, ils sont en réalité les maîtres des destinées du pays."
Bolloré, le françafricain

Mais en vérité, Hanouna et ses chroniqueurs prouvent leur aliénation car l'immigration est liée au capitalisme. Des exilés afro-descendants tentant de passer en Europe subissent le cadre général du néocolonialisme, appelé Françafrique dans sa particularité francophone. Et Bolloré est un des visages contemporains de la Françafrique, étant donné que c'est le secteur privé qui s'est substitué à l'État pour maintenir l'influence française en Afrique francophone en tenant une bonne partie des structures économiques et sociales et en soutenant des potentats locaux. Ce que rappelle volontiers l'humoriste Edgar-Yves au sujet de l'amitié entre Bolloré et Alpha Condé, ancien président de la Guinée, censuré à plusieurs reprises sur le groupe Canal+, détenu par... Bolloré (cf lien). Puis, les affaires de Bolloré en Afrique francophone ont pris un mauvais tournant ces dernières années car des mises en examen et des procès ont été lancés à son encontre pour corruption, comme en 2018 par rapport à la concession des ports en Guinée et au Togo.

En vérité, si les gens tiennent à empêcher l'immigration, qu'ils stoppent le néocolonialisme et préparent la sortie du capitalisme. Sinon, c'est le serpent qui se mord la queue!

Tag(s) : #Presse, #Médias, #Hanouna, #Bolloré, #Économie, #France, #Afrique, #Françafrique, #Capitalisme
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