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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


l'OM peut-il revenir au niveau de son passé?

Publié par JoSeseSeko sur 26 Mai 2023, 12:35pm

Catégories : #Sport, #Football, #OM, #Ligue des Champions, #Ligue 1

l'OM peut-il revenir au niveau de son passé?

Le 30e anniversaire de la victoire en Ligue des champions offre l'expression d'une douce nostalgie sur Marseille, contrastant avec un présent vide de titres et des questionnements sur l'avenir du club.

"À jamais les premiers!" Tel est le deuxième slogan exprimé par les supporters de l'Olympique de Marseille (OM), derrière la devise du club "droit au but". Et ceci depuis 30 ans, car le 26 mai 1993 correspond à la victoire de l'OM en finale de la Ligue des champions face au Milan AC, sous le score de 1-0, grâce au défenseur Basile Boli. Le club, alors présidé par Bernard Tapie, est bien devenu le premier club français à soulever "la coupe aux grandes oreilles". Et jusqu'à aujourd'hui le seul car ni l'AS Monaco (2004), ni le Paris Saint-Germain (2020) n'ont réussi à gagner une finale de Ligue des champions.

Le Poulidor du foot français

Si certain(e)s d'entre vous me lisent depuis plus de 10 ans, ils se rappelleront que j'avais déjà écrit sur le sujet, il y a 10 ans de cela. Mais bien des choses se sont passées ces 10 dernières années et m'obligent à porter un nouveau regard par rapport à cette victoire en Ligue des champions et l'effet qu'elle procure encore à Marseille, qui est vraiment une exception en France sur ce point.

D'abord, les commémorations qui vont se dérouler dans la journée sur la cité phocéenne soulignent une profonde nostalgie d'un temps où l'OM était dominateur en France et était en mesure de craindre "dégun" en Europe. Une période stoppée par l'affaire VA-OM, véritable "roche Tarpéienne au pied du Capitole", qui mena à la condamnation de Tapie pour corruption et au club deux ans de purgatoire en Ligue 2 (Division 2 à l'époque). Et depuis, hormis les années où Didier Deschamps, capitaine en 1993, fut entraîneur (2009-2012), le club ne gagne pas de trophée et se retrouve à plusieurs reprises vice-champion de France (1999, 2007, 2009, 2013, 2020, 2022), finaliste de la Coupe de France (2006, 2007, 2016), finaliste de la Ligue Europa - actuel nom de l'ancienne Coupe de l'UEFA - (1999, 2004, 2018). Ce qui donne l'image de l'OM comme du Poulidor du foot français, à savoir capable de se positionner pour les trophées mais n'arrivant pas au bout des choses, tout en gardant une certaine popularité.

L'avenir, c'est la formation

Ensuite, cela interroge sur la capacité du club à se stabiliser et à compter sur d'anciens joueurs qui ont pourtant contribué aux plus hauts faits de l'OM. Comme rappelé ci-haut, Deschamps permit à l'OM de regagner des titres (1 championnat de France, 3 Coupes de la Ligue, 2 Trophées des champions) pour la première fois depuis 1993. Et depuis quelques années, notamment sous le contrôle de Frank McCourt et la présidence de Pablo Longoria, que des anciens joueurs illustres intègrent peu à peu l'organigramme du club. L'exemple le plus parlant est celui de Jean-Pierre Papin, buteur phare de l'OM des années Tapie, devenu un membre de l'organigramme du club, au poste de conseiller du président Longoria. C'est un bon début.

Maintenant, reste à ce que le club prouve que ses minots du centre de formation ont véritablement une chance de faire partie de l'équipe première à l'avenir. Or, malgré une certaine politique volontariste ces dernières années, il n'en demeure pas moins une certaine négligence institutionnelle inscrite dans le temps et qui est, à mes yeux, une faute organisationnelle car j'estime, depuis plusieurs années, que la condition sine qua non pour que l'OM retrouve les sommets français et européens de manière constante (voire pérenne), c'est de développer et promouvoir le centre de formation.

Concurrence impossible?

Beaucoup de supporters phocéens ont du mal à intégrer cette idée de promotion du centre de formation car cela implique une réflexion sur le long terme. Or, ils préfèrent voir sur le court terme soit par la politique des transferts ou bien fantasmer sur un rachat du club par l'Arabie Saoudite, histoire de véritablement rivaliser, selon eux, avec le PSG depuis son rachat par le Qatar en 2012.

Et c'est compréhensible d'avoir un tel raisonnement, quoique ce soit révélateur d'une profonde aliénation. Parce que la victoire de l'OM en Ligue des champions en 1993 s'est faite à une époque où il n'y avait pas l'arrêt Bosman. On néglige cette jurisprudence de l'Union européenne datant de 1995, au nom de la "concurrence libre et non faussée", mais l'un de ses principaux effets de long terme est d'avoir permis le développement d'une concentration des meilleurs joueurs dans un petit nombre de clubs répartis en fait sur quatre championnats (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie); là où avant l'arrêt Bosman, le protectionnisme appliqué par l'UEFA faisait que les clubs participant à la Ligue des champions avaient un niveau plus ou moins similaire, et par conséquent une concurrence élargie sur plusieurs pays, dont la France. De nos jours, il faudrait un miracle de voir un club qui ne soit pas issu des quatre premiers championnats à l'indice UEFA parvienne au moins à atteindre les demi-finales de la Ligue des champions. Et la réforme de la Ligue des champions, qui s'appliquera à partir de la saison 2024-2025, n'inversera pas la donne.

Après, est-ce impossible? Pas forcément. Mais il est illusoire de penser qu'en cas d'un rachat par l'Arabie Saoudite, l'OM ferait en sorte que de nouveau "l'Europe parlera marseillais", en claquant des centaines de millions d'euros dans le marché des transferts. Les exemples du PSG (Qatar) et de Manchester City (Émirats arabes unis) doivent inciter à la prudence. Voire même à la défiance, car ce genre de politique sportive, même si elle permet une domination dans le championnat national, a son revers. C'est la perte d'identité du club, via l'afflux de supporters-consommateurs (ou footix), véritables touristes du ballon rond; puis via la mise à l'écart progressive, voire répression des supporters ultras. Or, les groupes de supporters ultras marseillais sont soit les groupes les plus anciens (Commando ultra 84) ou soit les groupes les plus massifs (South Winners) de France, formant un contre-pouvoir par rapport à la direction du club. Par conséquent, mieux vaut que les supporters, affiliés à un groupe ultra ou non, s'organisent collectivement pour contrôler le club en mode socios, comme cela se fait dans plusieurs clubs espagnols, y compris le FC Barcelone ou le Real Madrid. Une alternative un peu imparfaite, mais que je défends et que certains supporters olympiens défendent depuis quelques années.

Ce serait une piste pour ne plus être vu comme figé dans le passé mais d'être inscrit dans l'avenir, en faisant respecter la devise "droit au but".

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