Aux supporters de l'OM de contrôler leur club et non les affairistes!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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Un nouveau communiqué de la direction du club phocéen annonçant un cycle de rencontre avec des supporters individuels, histoire d'aliéner les esprits pour détruire les groupes de supporters. Une déclaration de guerre qui devra obliger les supporters à choisir entre l'aliénation et la socialisation.

Le torpillage des supporters continue du côté de la direction de l'Olympique de Marseille (OM). Deux semaines après la manifestation violente devant la Commanderie, où quelques dégâts matériels furent recensés, la direction du club tend la carotte et le bâton envers les supporters phocéens. En premier lieu le bâton puisque près de 25 supporters olympiens ont été interpellés depuis les incidents du 30 janvier, notamment des meneurs du Commando Ultra 84 et des South Winners, deux groupes de supporters de l'OM durant la semaine écoulée (cf lien n°1). Ensuite, la carotte avec le communiqué du club, paru ce lundi 15 février, annonçant la tenue d'un agoraOM à partir de début mars, où l'initiative de la direction du club, en l'occurrence le président Jacques-Henri Eyraud et le directeur général Hugues Ouvrard, "prendra la forme de groupes de travail, de plateformes d’échange d’idées et d’appels à projets pour que direction et supporters s’unissent dans la définition du supportérisme, et pour que vive et demeure l’Institution OM, populaire et diverse" (cf lien n°2).

Plan Leproux version Marseille

Les réactions sur les réseaux sociaux n'ont pas manqué d'hostilité à l'égard de cette initiative. Et même des supporters parisiens, à titre individuel, soutiennent l'opposition des supporters marseillais à cette annonce de la part de la direction du club, dont les deux têtes - Eyraud et Ouvrard - sont susceptes, à raison, d'être des pro-PSG et les propos anti-marseillais d'Eyraud enragent encore plus les supporters marseillais ces derniers mois.

Et l'allusion au Paris Saint-Germain n'est pas le fruit du hasard. En 2010, le PSG, sous la présidence de Robin Leproux, a décidé de dissoudre les groupes de supporters ultras, avec le soutien du ministère de l'Intérieur à l'époque, histoire d'anesthésier l'ambiance au Parc des princes et facilitant indirectement la vente du club auprès du Qatar, un an plus tard. Et malgré l'étoffement du palmarès, le PSG manque d'identité et l'existence du Collectif ultras Paris sert de voile envers une politique anti-supporterisme prolétaire tous azimuts, notamment sous l'angle des tarifs de billetterie.

Affairistes ou socios

Devant cette atmosphère tendue à Marseille et avec cette histoire du PSG pré-Qatar dans les esprits, cela doit servir de leçon auprès des supporters qui fantasment sur un rachat du club par un affairiste ou un fonds souverain (Arabie Saoudite) soucieux des valeurs du club et des supporters, contrairement à l'affairiste Frank McCourt, dont le communiqué comparant les incidents de la Commanderie à l'intrusion des suprémacistes blancs pro-Trump au Capitole le 6 janvier dernier est un bras d'honneur lancé aux supporters de l'OM à travers le monde.

Désormais, une dialectique claire est posée pour les supporters: soit suivre les affairistes et leur AgoraOM aliénant les esprits et réduisant à néant le pouvoir des supporters, vus comme des consommateurs atomisés et sans pouvoir; soit porter une alternative qu'est le système des socios pour contrôler le club et se responsabiliser collectivement. Car si les supporters olympiens ont un peu de mémoire, ils devraient se souvenir qu'ils ont perdu du pouvoir au moment de la vente du club par Margarita Louis-Dreyfus à McCourt puisque durant la saison 2015-2016, le président de l'OM de l'époque, Vincent Labrune, reprit la gestion des abonnements et les recettes de la billetterie des virages pour le club alors qu'ils étaient gérés par les groupes de supporters eux-mêmes depuis la présidence de Bernard Tapie (1986). Or, un contrôle démocratique du club, comme le propose le Massilia Socios Club depuis 2016, n'est pas une idée farfelue puisqu'elle se fait dans plusieurs clubs espagnols, notamment au FC Barcelone, où malgré les difficultés actuelles, les supporters s'impliquent dans la gestion du club et en font une institution respectée dans le monde entier.

Voilà ce à quoi les supporters de l'OM devront appuyer, s'ils veulent profondément restaurer leur club de cœur et être logique jusqu'au bout avec leur slogan "l'OM, c'est nous!"

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