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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Un nouveau Front populaire plus solide que l'ancien?

Publié par JoSeseSeko sur 12 Juin 2024, 16:05pm

Catégories : #Économie, #Politique, #Europe, #France, #Front populaire, #FI, #PS, #EELV, #PC, #Socialisme, #Social-démocratie, #Communisme, #Écosocialisme, #Histoire, #Lutte des classes, #Racisme, #Élections

Un nouveau Front populaire plus solide que l'ancien?

L'accord entre une grande partie des forces politiques de gauche et la répartition des candidatures pour les élections législatives anticipées rassurent, quelque part, un électorat de gauche inquiet. Mais les divergences formellement affichées ces derniers mois laissent planer le doute sur la solidité de cette coalition.

Voici le Front populaire du 21e siècle. À la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron, consécutive à la victoire de l'extrême-droite lors des élections européennes, dimanche 9 juin, les principaux partis de gauche - France insoumise; Parti socialiste, Europe-Écologie les Verts; Parti communiste - plus quelques autres "petits" partis de gauche, se sont mis sur la table pour former une nouvelle coalition intitulée Front populaire, en référence à l'alliance entre la Section française de l'internationale ouvrière (ancêtre du PS), le PC et les radicaux, qui fut victorieuse lors des élections législatives de mai 1936, lundi 10 juin, et de se mettre d'accord, ce 12 juin, sur une répartition des candidatures selon les partis membres de l'alliance (cf lien n°1), comme lors de la précédente coalition, la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes), pour les législatives de 2022. Mais avec une répartition désormais plus avantageuse pour le PS, avec 175 candidatures contre 70 il y a deux ans et une FI comptant 229 candidatures contre 300 en 2022. Un certain rééquilibrage qui a légèrement concerné les écologistes, avec 90 candidatures contre 100 il y a deux ans, et les communistes, gardant le même nombre de candidatures qu'en 2022 (50). Néanmoins, il reste certaines circonscriptions, au niveau de la Corse, des outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion, Mayotte, Kanaky, Polynésie, etc.) qui seraient probablement menées par des candidats régionalistes, voire indépendantistes, soutenus par le Front populaire. Sans oublier des dissidences éventuelles comme à Paris, où la fédération PS et celle du parti Place publique de Raphaël Glucksmann ont écrit un communiqué, mardi 11 juin, sous-entendant de faire bande à part (cf lien n°2).

Pieds d'argile

Tout ceci est bien beau, mais qu'est-ce qui permettrait de voir cette coalition d'être convaincante auprès des électeurs, et tout particulièrement les abstentionnistes - pour beaucoup, des prolétaires, jeunes comme vieux d'ailleurs -, puis de tenir dans la durée et ne pas exploser au premier coup de vent? L'une des clés sera l'axe économique du programme du nouveau front populaire. A priori, ce n'est pas là où se situent les divergences les plus criantes dans la coalition, bien au contraire. Mais s'il se base sur ce qu'était le programme de la Nupes en 2022, il pourrait être considéré comme un programme assez social-démocrate et bien moins radical que pouvait être le programme commun de la gauche des années 1970, comme il était analysé à l'époque. Or, avec la politique de classe menée par le pouvoir ces dernières années, il y a de quoi muscler l'offre alternative en matière de politique économique, sur les conditions de travail, la réappropriation de l'outil de travail par les travailleurs - pensez autogestion -, la redéfinition d'une politique industrielle plus ancrée territorialement, une réponse à la crise du logement s'articulant avec la crise écologique, l'abrogation du dépeçage des retraites passé en force en 2023, etc.

Les partis du Front populaire feront bien d'insister là-dessus car au niveau de la politique internationale, les divergences ressortent. Notamment au niveau de la guerre israélo-palestinienne, où le PS, grandement pro-israélien, s'est opposé à la ligne pro-palestinienne de la FI, faisant de fait éclater la Nupes à l'automne dernier. C'est d'ailleurs la politique internationale qui fit lézarder le Front populaire en 1936 car les radicaux, ayant un rôle pivot comme l'a le PS de nos jours, ont empêché les communistes, les socialistes de la SFIO et le Président du Conseil Léon Blum d'intervenir en Espagne auprès du Frente popular contre les franquistes, soutenus par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste. Ce qui permet de montrer combien le PS est plus à droite que son ancêtre la SFIO. Et Blum a de quoi se retourner dans sa tombe!

Autre point délicat faisant de cette coalition un colosse aux pieds d'argile, c'est sur la question pigmentaire (ou raciale, c'est selon). Peu d'électeurs non-blancs, vivant en banlieue ou dans les outre-mer, ont oublié combien des partis de gauche sont allés soutenir ou du moins faire acte de présence lors d'une manifestation de la police devant l'Assemblée nationale en 2021 et que la police est l'institution exprimant le plus le racisme institutionnel ou ont timidement dénoncé les violences policières comme lors de la mort de Nahel Merzouk le 27 juin 2023 à Nanterre, montrant combien le fraternalisme est encore vivace à gauche, qui voit - à tort - la question pigmentaire comme une question "sociétale", qui divise, alors qu'elle fait partie de la question sociale, imbriquée dans le cadre du capitalisme.

Toujours est-il que l'unité à gauche reste encore à programmer, tant cette partie de l'échiquier politique s'écharpe en son sein avec différentes chapelles, rappelant la fin du 19e siècle, où les groupements socialistes se divisaient avant de fusionner au sein d'un même parti, en l'occurrence la SFIO en 1905, sous l'impulsion, entre autres, d'un Jean Jaurès.

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