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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Réduire le secteur public pour le rendre encore plus déficitaire

Publié par JoSeseSeko sur 26 Septembre 2024, 16:57pm

Catégories : #Économie, #Gouvernement, #Dette Publique, #Austérité, #Europe, #France

Photo: Flickr/Harad Felgner

Photo: Flickr/Harad Felgner

À l'annonce d'une aggravation du déficit budgétaire prévu pour 2024, le gouvernement entend vouloir serrer la vis sur les dépenses budgétaires pour le budget 2025, alors qu'il s'agit d'un manque plus criant de recettes publiques qui creuse le déficit en question.

Austérité, quand tu nous tiens! Quand on laisse des serviteurs du capital au pouvoir, il ne faut pas s'attendre à une bonne gestion des finances publiques. Cela se vérifie encore une fois car le nouveau gouvernement, par la voix du ministre du Budget Laurent Saint-Martin, a annoncé, mercredi 25 septembre, une aggravation du déficit public, devant dépasser la barre de 6% du Produit intérieur brut (PIB), alors que le précédent gouvernement, notamment le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire tablait sur un déficit de 5,1% du PIB. Pour y remédier, le ministre entend couper dans les dépenses publiques pour le budget 2025, bien qu'il ait avoué devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale, devant laquelle il devra faire valider le projet de budget de l'an prochain, que les recettes publiques sont "moins importantes que ce qui était attendu" (cf liens n°1, n°2).

Frein à la croissance

Si on se place d'un point de vue digne de la pensée économique orthodoxe (libérale), on dresserait des louanges pour un gouvernement qui taille dans les dépenses publiques, qui représentent 57% du PIB en 2023 selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce qui laisse entendre, selon les économistes orthodoxes que le secteur public pèserait 57% du PIB et le secteur privé seulement 43% du PIB. Ce qui est un mensonge éhonté que dénoncent les tenants de la pensée hétérodoxe (keynésienne, post-keynésienne, marxiste, etc.), soulignant que pour mieux comprendre le poids du secteur public dans l'économie, mieux vaut se baser sur la proportion d'emplois publics par exemple. Et là, c'est une autre musique car l'emploi public représente 21,1% de l'emploi total en France en 2021 selon l'Organisation de coordination et de développement économiques (OCDE), et que cette part tend à baisser ces dernières années, voire depuis le début du siècle selon certains économistes hétérodoxes.

Toujours est-il que le secteur public contribue au développement économique d'un pays et que vouloir faire des coupes budgétaires - réduction personnel, suppression de prestations sociales, etc. -, c'est mettre un frein à la croissance, qui promet d'être en berne vu qu'elle a été de 0,2% au deuxième trimestre 2024 selon l'Insee et que le secteur public y contribue positivement. Et en appliquant ce frein, moins de croissance amène à encore moins de recettes publiques (fiscalité) et par conséquent à un maintien, voire un renforcement du déficit public, à moins de revenir sur la politique fiscale appliquée depuis la première élection d'Emmanuel Macron en 2017. Et les économistes orthodoxes, ainsi que leurs relais médiatico-politiques, feraient bien de connaître la loi de Wagner, du nom de l'économiste allemand Adolph Wagner, qui résumait ainsi sa réflexion: "plus la société se civilise, plus l'État est dispendieux". En clair, le développement économique et le développement du secteur public vont de pair.

Déconnexion secteur public/dette publique

Ces discussions autour du budget, et au-delà, du poids du secteur public dans l'économie, sont une bonne occasion de mettre en perspective l'idée selon laquelle plus le secteur public est important, plus la dette publique l'est tout autant. Comme indiqué ci-haut, la part de l'emploi public en France est de 21% environ. En parallèle, la dette publique française est de 110,6% du PIB en 2023 selon Eurostat. Si on compare avec l'Allemagne, l'emploi public correspond à 11% de l'emploi total en 2021 selon l'OCDE et la dette publique allemande est de 63,6% du PIB en 2023 selon Eurostat. Cela irait dans le sens des économistes orthodoxes. Mais si on compare avec la Suède, la Finlande ou le Danemark, la part d'emploi public est largement supérieure à celle de la France - 29% en Suède; 28% au Danemark; 25% en Finlande - et la dette publique y est moindre - 31,2% du PIB en Suède; 29,3% du PIB au Danemark; 75,8% du PIB en Finlande -.

Et là, ça donne raison aux économistes hétérodoxes qui affirment qu'il y a une déconnexion entre l'emploi public et la dette publique. Et quand on agite la dette publique, en jouant sur un aspect intergénérationnel qui est complètement faux, c'est pour mieux éviter de poser la question: qui détient la dette publique? Et quand on remarque ce que sont des ménages (bourgeois) ou des institutions financières "non-résidents" qui détiennent la majeure partie des titres de dette publique en France - 54% au deuxième trimestre 2024 - (cf lien n°3), cela expose davantage la France à la voracité des marchés financiers, pour qui une augmentation de la dette publique est une opportunité pour se frotter les mains. Par conséquent, une réduction de la dette publique ne sert pas l'intérêt des classes dominantes. D'où le fait que "la dette, c'est de la redistribution à l'envers". Et à vouloir réduire l'inflation, comme c'est le cas en ce moment, c'est renchérir le poids réel de la dette. C'est problématique!

En tout cas, cela promet d'être tendu pour la mise en place du budget 2025 à l'Assemblée nationale.

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