À l'aube de la saison 2025, la dernière avant un changement de réglementation d'ampleur, notamment pour la partie moteur, le resserrement de la hiérarchie observé, avec surprise, en 2024, semble parti pour durer et cette fois-ci, Max Verstappen, quadruple champion du monde en titre, va devoir davantage batailler pour rester au sommet, tant la concurrence est multiple et s'est renforcée. À voir si Lando Norris, dauphin de Verstappen l'an dernier, arrivera à le battre sur l'ensemble de la saison.
Au début de l'année 2024, j'avais écrit qu'il y avait à s'attendre à une longue saison de domination de Verstappen et de Red Bull, à l'instar de ce qui fut le cas en 2023. Les circonstances m'ont donné tort - tant mieux! -, du moins sur les deux derniers tiers de la saison, tant Red Bull était dominée par d'autres écuries, notamment McLaren et Ferrari, et que Verstappen eut son quatrième titre pilotes grâce principalement à l'avance acquise en début de saison, gérant au mieux ensuite, sachant que ses adversaires commettaient des erreurs stratégiques et se prenaient des points. Mais à l'heure de reprendre sur le circuit de Melbourne (Australie) pour cette année 2025, le Néerlandais n'est pas forcément favori pour le titre pilotes, et ainsi égaler l'Argentin Juan Manuel Fangio au palmarès.
Norris, pancarte du favori?
Même s'il faut prendre avec des pincettes les essais hivernaux sur le circuit de Sakhir (Bahreïn), ceux-ci laissent envisager un resserrement de la hiérarchie observée l'an dernier, mais aussi que les écuries McLaren-Mercedes et Ferrari sont légèrement devant, dans la lignée de la fin de saison 2024. Ce qui fait que le Britannique Lando Norris, dauphin de Verstappen l'an dernier, a la pancarte du favori pour le titre pilotes. Parvenu à gagner ses premiers Grand prix l'an dernier, Norris doit désormais montrer aux observateurs qu'il est en mesure de gérer une lutte pour un championnat, signifiant que si la victoire n'est pas possible à tous les coups, il doit assurer "les points intermédiaires", tout en étant opportuniste pour peu que des adversaires s'accrochent sur la piste.
Mais au-delà de se méfier de Verstappen et d'autre pilotes, Norris aura surtout comme premier adversaire son propre coéquipier, à savoir Oscar Piastri. Le pilote australien a également gagné ses premiers Grand prix l'an dernier, preuve que l'écurie McLaren est l'écurie à battre pour le classement des constructeurs d'ailleurs, et affiche une telle rage de vaincre qu'il ne sera pas dit qu'il respecte des consignes d'équipe en cours de saison si Norris serait mieux classé que lui au championnat pilotes.
Ferrari en embuscade
Si d'aventure, des frictions chez McLaren venaient à éclater, l'écurie Ferrari aurait de quoi en profiter. Ce qui ne peut que motiver la nouvelle recrue du cheval cabré, en l'occurrence Lewis Hamilton, qui entend glaner un huitième titre de champion du monde pilotes, et établir un nouveau record, le tout dans l'écurie de Formule 1 la plus prestigieuse. Il y a de quoi saliver pour les tifosi. Néanmoins, comme chez McLaren, le Britannique doit d'abord se montrer supérieur à son coéquipier, en l'occurrence Charles Leclerc. Or, le pilote monégasque, issu de l'académie Ferrari et grandement aimé des tifosi, entend bien montrer qu'il a l'étoffe d'un (futur) champion du monde face au co-recordman des titres pilotes et les progrès affichés l'an dernier en matière de régularité ont de quoi fournir des arguments.
Mais surtout, en cette dernière année de réglementation, le développement de la voiture devra être suffisamment développé sans forcément compromettre ses chances pour 2026. Et les autres écuries de pointe, Red Bull-Honda et Mercedes, le savent également. Red Bull, qui domine depuis le début de la réglementation actuelle (2022), arrive en 2025 moins fringant et Verstappen devra être encore plus opportuniste qu'en 2024 pour conserver son titre. Le tout, en observant comment va se comporter son nouveau coéquipier, le Néo-Zélandais Liam Lawson, dont il y a à se demander s'il peut tenir sur ce poste ingrat de coéquipier de Verstappen, tant des pilotes comme Pierre Gasly, Alex Albon et Sergio Pérez ont souffert de la comparaison et de la préférence affichée par l'écurie auprès du pilote néerlandais. Le tout, sachant que dans l'écurie "sœur", Racing Bulls, le Japonais Yuki Tsunoda et (surtout) le rookie Français Isack Hadjar peuvent lorgner la place de Lawson pour 2026.
Mercedes, qui dominait la F1 de 2014 à 2021, aimerait retrouver les sommets sans Hamilton, avec George Russel épaulé du rookie italien Andrea Antonelli. Ce dernier, âgé de 18 ans, devra faire de cette année 2025 une année d'apprentissage à vitesse grand V pour mieux lutter pour la victoire à partir de 2026. En tout cas, Mercedes cherchera à glaner quelques victoires par ci-par là durant la saison, à défaut de pouvoir lutter pleinement pour les titres pilotes et constructeurs.
Alpine, dernière danse du moteur Renault
Cette saison 2025 marque la dernière année où l'écurie Alpine, représentant le groupe Renault en F1, utilisera le moteur français avant d'adopter le moteur Mercedes à partir de 2026. La décision prise par le patron de Renault, Luca De Meo, reste encore bien amère et symbolise un irrespect du savoir-faire des ingénieurs motoristes de Viry-Châtillon qui avaient l'occasion pour 2026 de concevoir un moteur capable de remettre Renault au sommet, du moins selon les données qu'ils ont indiqué durant l'année dernière. Bref, un travail jeté à la poubelle.
En attendant, Gasly va faire en sorte de souligner que l'Alpine de 2025 s'inscrit dans la lignée de la fin de la saison dernière, où l'écurie française terminait régulièrement dans les points, apparaissant comme la cinquième force du plateau. À ses côtés, le rookie australien Jack Doohan, remplaçant le Français Esteban Ocon parti chez Haas-Ferrari, est sur un siège éjectable tant il peut être renvoyé très rapidement par le conseiller exécutif d'Alpine Flavio Briatore, qui est... son manager (pas bon signe!), pour être remplacé par le pilote argentin Franco Colapinto, qui a marqué les esprits durant les quelques Grand prix faits chez Williams, sur la fin de la saison 2024. Ambiance!
En tout cas, les moteurs sont prêts à rugir!
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